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Être anglophone au Québec

J’ai grandi en anglais au Québec, province où la langue française est énormément valorisée. C’est ma première langue, celle parlée chez moi et celle que je comprend le plus. Ma mère, immigrante de la Taïwan, ne parlait que très peu le français lorsqu’elle est arrivée ici. Elle a commencé à communiquer avec moi en mandarin, sa langue première, et en anglais. Mon père me parlait en anglais seulement. Lorsque j’ai débuté la maternelle, je communiquais encore avec des phrases hybrides : un gros mélange d’anglais et de mandarin, et juste un peu de français. Ma mère s’inquiétait énormément; elle avait peur que je ne développe jamais mon français, donc elle m’a envoyée à l’école française à la place de l’école anglaise.

La télé a toujours joué en anglais chez moi. Une grenade avec ça?, Ramdam, Dans une galaxie près de chez vous, c’est quoi tout ça?

« Hey as-tu écouté Tout le monde en parle hier? » Heum, non…
« L’émission d’Occupation Double hier était juste trop dramatique! » Ah, ouain…

J’ai toujours eu de la misère avec le français. Même maintenant, à 19 ans, étudiante universitaire, une des phrases que je dis le plus souvent est : « Je sais pas ce que ce mot veut dire. » Genre que dans mon cell, j’ai une liste de mots que je ne connaissais pas et dont quelqu’un a dû me donner la définition. Google Translate est mon meilleur ami, l’application fidèle à son poste dans mon cellulaire.

Je trouve que j’ai un avantage à être bilingue. Ouais, il arrive que je me fais critiquer quand je parle en anglais. Inquiétez-vous pas, je sais qu’on habite dans une province dont la langue officielle est le français. Mais, je sais pas, il me semble que j’en demande pas gros; je veux juste qu’on arrête de nous dévisager, ma mère et moi, quand on parle en anglais à l’épicerie. Les premiers à nous critiquer sont habituellement ceux qui sont incapables de maintenir une conversation en anglais.

Lorsque je parle en français et qu’on découvre que ce n’est pas ma langue première, on s’exclame : « Ben voyons! T’as même pas d’accent! » Quand je parle en anglais et qu’on découvre que je suis Québécoise, on s’exclame : « But you don’t even have an accent! » Eh oui, aucun accent, peu importe la langue.

J’ai eu the best of both worlds.

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