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Je voulais être ailleurs

Ça a commencé par des petits signes.

J’avais froid, toujours. Je trouvais le soleil distant, le vent exubérant, l’eau glaciale, les nuages constants.

Ça a poursuivi avec des petites frustrations, rien de trop gros, encore bien subtiles.

Les mangues ne sont pas mûres à l’épicerie, les avocats non plus – je vais m’acheter des chips – ah mais non bien sûre y’a pas la sorte que je veux ici. Tant pis, je ne mangerai pas.

Puis est venu le dégoût. C’est plate ici, il fait froid, le français c’est lame, les paysages sont pareilles partout et, de toute manière, il ne fait jamais beau. Les gens sont tellement cons et méchants, surtout méchants. Le stress suinte des murs, personne n’est heureux, tout le monde est égoïste. Les gens conduisent mal, la vie me stresse. Pourquoi les gens se chicanent? Pourquoi ma boss me demande d’aller plus vite, d’être plus performante? Pourquoi elle voudrait que je rentre une journée, puis deux, puis trois de plus? Merde, elle sait que je ne fais rien, je dois dire oui.

Après des jours comme ça, je me suis demandée c’était quoi mon problème. J’étais en train de regarder des photos dans mon téléphone, alors que j’étais sur le siège passager entre La Malbaie et Québec, puis j’ai éclaté en sanglot (intérieurement, mais, vraiment, je venais de m’effondrer).

Je voulais être ailleurs. Les visages inconnus me manquaient, autant que les paysages inconnus et les rues qui me faisaient me perdre à tout moment. On me l’avait demandé : as-tu le mal du retour de voyage? Je disais que non. Je disais que j’étais bien chez moi, que j’aimais le Québec, que j’aimais ma vie ici. C’est bien vrai, j’aime ma vie ici, mais, en revenant de voyage, la vie ici peut paraître tellement vide, tellement normale, tellement aliénante : métro, boulot, dodo.

Les deux premiers mois après mon retour se sont pourtant déroulés à merveille. J’étais bien occupée, je voyais des gens que j’avais envie de voir, j’avais deux nouveaux emplois, un appareil photo bien plein, la créativité avait atteint son maximum (dieu que ça faisait longtemps!), je dormais bien, je mangeais bien, je me morfondais moins.

Voilà septembre. L’école est à nos portes, l’automne, le retour à la routine travail/école/entrainement/dormir/sortir. C’est là que tout commence à ressortir, c’est là que les souvenirs de voyage et l’envie plus que présente d’être ailleurs reprend.

Rester occupée et me garder, au moins une fois par semaine, un moment où je ferai une chose qui me plaît vraiment, qui me fera réellement décrocher, qui me ramènera un peu en voyage, sont les stratégies que j’ai décidé de mettre en place pour garder la belle énergie de mon voyage, plutôt que de me morfondre qu’il soit fini. Puis, en prime, en planifier un prochain.

Aussi, ne sous-estime jamais les bienfaits d’une petite fin de semaine quelque part au Québec. Tellement d’endroits peuvent nous surprendre, surtout si nous sommes en bonne compagnie!

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