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Fear of the dark- Par Alexa

Le jour que j’appréhendais avec angoisse est arrivé. Ce jour qui, depuis que les feuilles se sont mises à embellir les arbres, m’a donné une ou deux bonnes gifles au visage. D’aussi longtemps que je me souvienne, depuis que je pratique le yoga, rares sont les jours dans une semaine où j’ai été privée de pratique. À tous les jours, sauf dans des cas de rares exceptions, j’étais fidèle au poste pour mon meeting one-on-one avec moi-même dans la salle chaude, sur mon tapis de yoga, pour dealer avec toutes ces merdes, ces petits démons qui refont surface once in a while.

Une personne que j’ai admirée alors que j’étais à Los Angeles pour le teacher training m’a dit un jour que nos problèmes étaient comme un joker dans une petite boîte. Certaines de nos petites bêtes vivront toujours cachées quelque part au fond de nous. Le vrai deal c’est de trouver la manière de, chaque jour, être bien assise sur cette petite boîte. Ma manière d’étouffer mon joker est devenu le yoga et, tous les jours, je me suis fait le devoir- et le plaisir- d’aller régler mes comptes avec moi-même.

Je me regarde dans le miroir et je deal avec tout ce que je suis. Parce que la beauté d’être un yogi, c’est d’être real et de s’affronter sans jugement, même face à certaines émotions qui refont surface et à tout ce qui nous passe par la tête dans ces moments de guerre devant la glace.

«Aussi bien affronter maintenant, que d’attendre que cela ne revienne encore plus fort.» Je me le répète souvent.

Pourtant, depuis que le printemps s’est installé, moi je sens que le petit joker pousse le couvercle de la boîte de plus en plus fort contre mes fesses. C’est plus dur qu’à l’habitude de rester assise.

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Parce que j’enseigne maintenant la plupart des classes à l’horaire et que parfois je suis la seule prof pendant un laps de 4 jours, je ne peux plus prendre de classe à condition de m’en donner une en solo.

Me against me in front of the mirror. 

Pas facile d’être le motivateur qui pousse, qui gueule et en même temps être l’étudiante qui sue, qui s’affronte. L’équation devient donc me against me against me?

Je reste toujours positive et je vois cela comme un challenge. Je me dis: «Alex, non seulement tu pratiques, mais tu le fais seule. C’est pas Disney Land, je te l’accorde, mais tu deviendras plus forte.»

(Cela ne devient jamais plus facile, c’est nous qui devenons plus forts.)

Le visage ruisselant de sueur…et de larmes parfois.

Voilà comment je passe mes classes de yoga dernièrement.

Toujours au même moment, lorsque vient le moment du Savasana, j’éclate en sanglots sur mon tapis.

Je n’en reviens comme pas que, pour la première fois de ma vie, je n’ai plus ce privilège quotidien de pratiquer mon yoga avec un prof qui me guide, pour ainsi vraiment juste tout laisser aller. Zéro pensée.

« LET IT GO. »

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Je me répète cette phrase mille fois par jour.

Au delà du workout que cela procure, pratiquer le yoga permet de dealer avec ses shits. Ça permet de se regarder dans le miroir, de mettre de côté son gros égo et de se tenir bien droit face à son plus gros problème: soi-même.

La pratique du yoga évolue sur le même flow que notre évolution personnelle. C’est un processus pour s’ouvrir les yeux sur les choses qu’on ne veut pas voir au lieu de toujours nier, nier, nier.

Le yoga c’est l’étude de soi-même. On découvre notre corps, on apprend comment se sentir confortable dans sa propre peau. On comprend comment notre tête fonctionne.

On voit le fond de nos pensées. On comprend nos émotions.

À la fin de la journée, une fois la classe terminée…

Après avoir vaincu les larmes, la sueur, la colère. Après s’être trouvé laid, gros, pas assez ci, pas assez ça…on s’aime.

C’est l’accomplissement de soi.

Plus rien n’a d’importance.

Ce que les médias, les pubs et la société veulent nous montrer de la beauté. Tous ces standards de vie à atteindre, le cash, le succès, la petite vie parfaite que le monde essaie de prouver en postant toutes sortes de photos sur Facebook…. cela n’a plus d’importance.

Le succès, l’argent et le char de vos rêves viendront.

Aujourd’hui, je réalise tout ça.

Je réalise à quel point c’est un privilège que d’avoir le yoga qui m’est enseigné. Juste se vider le crâne, le coeur, le corps.

Mon objectif cet été, c’est de m’enseigner au minimum 5 classes par semaine et d’être capable de décrocher autant que si un prof me guidait dans ma pratique.

La vie me donne ce défi.

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alexeAlexe Raymond, réviseure, raymond.alexe@gmail.com

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