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Où sont passés les vrais yogis? – Par Alexa

Le mercredi 10 décembre dernier, Noémie Crépeau, prof de yoga au centre Sangha, à Montréal, a publié un billet critiquant le yoga Bikram sur la plate-forme du Huffington Post Québec (lien ici).

Cet article m’a amenée à réfléchir et à me questionner, et j’ai voulu partager le fruit de cette réflexion avec la communauté des yogis, mais aussi avec les médias. Il est trop facile de nos jours, par le biais des médias en ligne, d’apporter son point de vue de manière subjective en faisant croire de fausses informations, surtout dans un domaine comme le yoga, qui commence à s’éveiller au Québec.

J’enseigne le yoga Bikram en plus d’enseigner le Power Vinyasa Flow. Je suis une prof nomade qui enseigne à Québec, Laval, Montréal et même à St-Anne de Beaupré et j’ai la chance de transmettre ma passion du yoga à des aspirants yogis à travers le Québec! Je n’aurais jamais la prétention de dire que je suis plus expérimentée que quiconque, au contraire, le monde du yoga est un milieu sans fin d’apprentissage, car le yoga comme la science est en évolution constante.

Cet article a pour but d’apporter une approche différente de celle de Noémie Crépeau, pour mieux démystifier les différents styles de yoga.

Pour commencer, n’est-il pas exagéré de dire qu’« après 90 minutes de yoga Bikram, huit litres de sueur se répandent sur la moquette »? Ici je tiens à souligner qu’un corps en santé est un corps qui transpire en laissant facilement évacuer ses toxines. Apprendre à respirer pour « survivre » à une classe de Bikram fait partie du processus. L’oxygène est aussi présent dans la chaleur et l’humidité, sinon comment pourrions-nous expliquer la survie de la race humaine dans les pays d’Orient? En Inde, depuis des milliards d’années, les gens survivent même à 42 degrés de chaleur et d’humidité, température répétée dans la salle de yoga Bikram.

Aucun yoga n’a été créé pour satisfaire « une classe sélecte d’individus », car au contraire, le yoga est pour tous. Au cours des dernières années, j’ai vu des étudiants s’épanouir à l’aide du yoga et aucun d’entre eux n’était « un super athlète, un grand connaisseur du corps ou un expert dans l’attitude à adopter ».

You’re never too old, never too bad, never too late and never too sick to start from the scratch once again. -Bikram Choudhury

Chaque école enseigne le yoga de manière différente, comme chaque mère élève son enfant à sa façon. Il n’existe pas de patron pour définir la maman idéale, et il en est de même pour l’enseignement du yoga. Le yoga Bikram a comme mantra de préciser les postures à l’aide d’un dialogue international, répété mot pour mot de la même manière à travers le monde, non pas pour « mener à la sacro-sainte posture idéale », mais pour guider l’étudiant de l’entrée jusqu’à la sortie de la posture en évitant ainsi les risques de blessure. Notez que dans n’importe quel cours de yoga, le prof est là pour vous guider, vous seul êtes maître de votre corps.

L’objet n’est pas la posture, l’objet c’est le corps. N’est-ce pas ce que nous apprend le yoga en général? On ne fait pas du yoga, on pratique le yoga!

Noémie Crépeau apporte également son point de vue par rapport aux miroirs dans la salle en affirmant que « ce ne sont pas nos sensations qui nous guident, mais notre reflet ». Le regard que nous portons sur notre corps, c’est le regard que nous portons sur notre âme. Combien de temps prenons-nous, dans la vie de tous les jours, pour nous regarder véritablement, sans maquillage, sans attributs vestimentaires et sans superficialité ?  Il faut apprendre à aimer l’image que nous renvoie le miroir pour apprendre à s’estimer et ainsi respecter les gens qui nous entourent. L’apprentissage de l’amour de soi et l’art d’être autodidacte apporte aux humains de notre société la patience, la détermination, mais aussi la compassion. Ces qualités sont ainsi transmises dans la vie de tous les jours et nous amènent à œuvrer dans un monde meilleur.

Nous vivons en société, est-ce que cela veut dire que nous vivons dans « une boîte »? En tant que citoyen, il nous faut respecter les règles qu’impose notre système de justice. Est-ce que cela fait de nous des individus moins libres pour autant? Déjà enfant, à l’école, on nous apprend à respecter un certain encadrement scolaire. Toutes les écoles, au public comme au privé, n’ont pas le même degré de discipline à respecter. La diversité existe pour plaire à chaque stéréotype existant dans chacune des organisations divergentes de ce monde. Nous avons la liberté de choisir ce qui nous convient le mieux.

La discipline instaurée dans la pratique du yoga Bikram existe depuis plus de 70 ans et est suivie par des millions d’adeptes partout à travers le monde. Ce yoga n’a pas été simplifié pour le peuple occidental, il a su conserver, au fil du temps, la mentalité du gourou Bishnu Ghosh qui a donné le mandat à Bikram Choudhury, inventeur de la série Bikram yoga, de faire connaître le yoga au monde entier.

Il existe 84 postures classiques d’hatha yoga. La série Bikram pour débutant en comprend 26 et ces postures peuvent être exécutées par tout le monde. Pas d’équilibre sur les mains, sur les bras ou encore sur la tête dès le premier cours pour enlever les risques de blessures aux poignets. Pas de surprise, car c’est toujours la même chose. Pour vulgariser la pratique du yoga Bikram, j’explique souvent à mes étudiants que le Bikram c’est comme aller chez McDonald; partout dans le monde, on y retrouve la même formule!

Un autre point de vue bien subjectif par rapport à l’harmonie entre l’esprit et le corps est avancé dans le billet de Noémie Crépeau et je cite : « le Bikram n’a pas pour but une harmonie entre l’esprit et le corps ou entre l’intériorité et l’extériorité ». Pourquoi vouloir diviser la communauté des yogis en deux clans? Ce n’est pas ceci justement que notre collectivité tente de cultiver : l’union et l’équilibre? Le yin et le yang, la force du soleil et la force de la lune, les opposés absolus qui sont aussi les parfaits compléments! Le yogi ne juge pas, le yogi apprend. Il n’y a pas de bon ou de mauvais yoga : chaque école de yoga nous apprend quelque chose, et pour avoir pratiqué différents styles de yoga dans plusieurs écoles, tous et chacun se complètent à merveille.

À travers différents styles de yoga, que ce soit le yoga Bikram, Sivananda, Ashtanga, Vinyasa, Power yoga, Yin yoga pour ne nommer que ceux-ci, vous apprendrez à trouver votre flow et votre équilibre.

Une mauvaise classe de yoga ça n’existe pas, autant que la perfection n’est pas de ce monde. Chaque jour on pratique avec l’enveloppe corporelle que la nature nous a donnée et le travail que nous effectuons sur notre corps et notre esprit, peu importe le degré de difficulté et le nombre de gouttes de sueur versées sur notre tapis, s’avérera profitable à tous les niveaux de notre vie.

Ici-bas, Guy Brochu, un yogi inspirant qui pratique le yoga Bikram à Québec depuis mars 2014. Cet homme de 58 ans a perdu 65 livres en 9 mois, en plus de retrouver la santé et la confiance. Il n’est pas un athlète et ne fait pas partie d’une classe sélecte d’individus. Ce yogi est un exemple de discipline, de détermination et de patience.

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alexeAlexe Raymond, réviseure, raymond.alexe@gmail.com

3 thoughts on “Où sont passés les vrais yogis? – Par Alexa

  1. « Fixez-vous dans le miroir and like what you see » & « Your mind is your worst enemy » (au sens de le challenger). Deux phrases qui viennent des deux premiers cours que j’ai pris chez Bikram. Enough said!

  2. Bonjour,
    Ou à tu suivi ta formation afin d’enseigner le yoga bikram.
    Cela m’interesse beaucoup mais, malheureusement , je ne trouve pas les infos nécessaire.

    Merci : )

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