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Que sera sera – Par MLYN

Le 14 février arrive. La Saint-Valentin. Ça, ça veut dire que mon feed Facebook va être rempli de filles qui vont soit écrire de quoi du genre;

  •  « Se réveiller avec un déjeuner au lit, des roses partout dans le condo et ensuite un souper aux chandelles, avec un massage à l’huile chauffante!!!!!!!!! OMG

#mybfisthebest #inlove #joyeusestvalentin (100 émoticônes de roses pis de cœurs) »

 ou

  • « Fuck la St-Valentin moi j’m’en va boire avec les gurlz pis on va se torcher la face pendant que vous autres vous vous faites pogner par cette fête ridicule over commercialisée, ETC. »

 ou

  • « Qui veut être mon valentin ce soir? »

(Qu’elles auront probablement écrit sur Tinder aussi, après avoir désespérément swipé le 3/4 des gars potables de Québec).

Vous voyez le genre?

Mais il y en a peut-être d’autres, qui comme moi, voient cette date approcher et se demandent juste une chose :

Est-ce que le gars que je vois depuis quelques semaines/mois va penser à moi?

Est-ce qu’il va m’inviter à souper, m’offrir une rose et me déclarer son amour? (Dans ma tête je l’imagine toujours le faire dehors, genre en public, avec sa démarche au ralenti pis son beau sourire un peu sur le côté, pis là il me french, passionnément, et ma jambe fait pop!, comme dans les films, avec la toune de Crazy in love de Beyoncé en background). Mais on le sait, ça se passera pas de même, alors STOP. Est-ce que quelques mois de fréquentation c’est assez long pour qu’il puisse penser aller un step plus loin? Je sais qu’il m’aime bien, mais est-ce qu’il m’aime? Bla bla bla.

Et c’est parti, un ouragan de questionnements est déclenché.

Et il l’a senti.

Habituellement, je suis un peu comme une abeille, qui butine le pollen d’une fleur à une autre, et qui prend son envolée lorsqu’elle a assez recueilli de nectar, you know… Et là depuis que je le vois, j’ai soudainement des inquiétudes face à mon look, ou à mon poids, ou à ma manière de rire et de manger… Et puis pendant qu’il me parle, je l’écoute d’une oreille et je pense de l’autre. Je me dis que je dois rester moi-même, mais que je ne dois pas lui montrer mes faiblesses. Pas maintenant. Parce qu’il me plaît, et que j’ai peur du rejet…

Ce qui est difficile par contre, c’est que je ne suis pas capable de cacher mes émotions. Comme si lorsque mon cœur se met à battre, un tantinet plus vite qu’à l’habitude, il y a une connexion directe qui se fait jusqu’aux muscles de mon visage. Et si j’essaie d’empêcher ces muscles de se contracter, j’ai l’air d’une fille qui grimace d’envie de déféquer. Alors pas le choix, je laisse la face faire son travail, et s’en suit la bouche qui s’ouvre automatiquement et qui régurgite des mots qui parlent beaucoup trop de mon cœur. En gros : je suis complètement transparente, mon corps et mon cœur gagnent sur la raison à tout coup, et je lui en dévoile conséquemment un peu plus sur moi, chaque jour, et ça me rend vulnérable. Merde.

Fait qu’on en a parlé.

Et j’ai réalisé à quel point les hommes sont les hommes, et les femmes sont les femmes. Les femmes aiment, les hommes n’aiment pas aimer. Mais ils aiment.

Il a peur de s’engager. Parce que pour un homme, souvent, être en couple signifie « castration, complexité et compromis ».

Tomber en amour, c’est terrifiant, et c’est facile de simplement dire « nope » et de se cacher sous son lit, surtout si vous avez été blessé auparavant. Tomber en amour, c’est de se permettre d’ouvrir notre livre, et de raconter notre passé, nos souffrances, nos aspirations, tout cela en espérant que l’autre personne veule bien continuer à nous tenir par la main. C’est bien d’avoir peur, et c’est aussi bien de prendre son temps. Mais pourquoi les hommes, en général, voient la vie de couple comme une entrave à leur vie privée?

Chaque personne est différente bien sûr, mais je crois que les femmes ont une tendance à être beaucoup plus ouvertes en amour. Elles s’attachent, se font briser le cœur, le réparent, et aiment encore. Elles donnent tout d’elles-mêmes, et elles acceptent de se faire faire de la peine encore et encore, parce qu’elles savent que l’amour, c’est l’apogée du bonheur, et que ça vaut le coup. C’est comme en économie, plus les gains potentiels sont élevés, plus les risques pris le sont également. Parce que plus on a de sentiments pour une personne, plus on risque de souffrir, mais plus il y a de chances aussi que notre vie change d’une manière étonnamment merveilleuse. Est-ce que ça veut dire que les femmes aiment prendre plus de risques? En amour, oui. Je crois que les hommes sont beaucoup plus conservateurs face à leurs émotions.

Mais est-ce que les hommes aiment moins? Et est-ce qu’ils aiment mal?

Je crois que non.

Ils sont simplement plus réalistes, et ils oublient moins facilement. Ils ont besoin de bases plus solides que de simples feelings, car lorsqu’un homme ouvre son cœur et qu’il vous dévoile son amour, c’est parce que c’est du sérieux.

Tout cela vous le saviez déjà right?

Alors, quoi faire pour que l’homme en question ouvre ses yeux et accepte enfin que vous êtes peut-être l’élue de son cœur, et qu’il ne voie pas l’engagement comme un obstacle à son individualisme, mais plutôt un atout à son développement personnel? Pour qu’il voie que vous n’êtes pas une barrière à sa liberté, mais une espèce de prolongation de lui-même, une partie de lui qu’il exploite moins souvent, parce que gérer des sentiments, c’est complexe? Et je ne parle pas ici de convaincre une personne, car il faut se respecter dans tout ça mesdames. Je parle ici d’une situation où la raison de l’homme empiète sur ses sentiments, et qu’il hésite à s’engager. Pas du gars qui vous voit clairement pour autre chose, ou qui n’a jamais eu l’audace de mettre cartes sur table avec vous.

Je n’ai pas de doctorat en études des battements du cœur, mais je crois que, peu importe la situation et le genre de blocage qu’une personne a dans la vie, tel l’engagement, il vaut mieux accepter l’état de l’autre et ne pas essayer de le changer.

Peut-être ont-ils eu des relations malsaines ou qu’ils ont trop donné d’eux-mêmes auparavant. Peut-être qu’ils ne sont pas encore prêts à fermer la porte à d’autres personnes, ou qu’ils ne veulent pas toujours avoir le sentiment de « devoir » être avec sa copine au lieu de rester seul ou de sortir avec ses amis. Peut-être a-t-il encore besoin de temps pour savoir exactement ce qu’il ressent pour vous. Peu importe la raison, je crois que justement, on ne devrait pas over analyser. Oui, être en couple c’est super, mais c’est vrai que c’est pas toujours facile. Peut-être que plus vous passerez de temps avec ladite personne, elle verra que votre compagnie n’est pas contraignante…

S’il n’est pas capable de réaliser à quel point un amour réciproque est quelque chose de merveilleux et qu’il passe à côté de vivre des moments uniques, auprès d’une personne qui lui amènera beaucoup plus de joies que de déceptions, tant pis! Parce que selon moi, la réciprocité est rare. Lorsqu’on a des affinités, une complicité sans équivoque, des intérêts en commun avec quelqu’un et toujours le goût de la voir, les compromis à faire pour être avec elle ne sont rien comparés à ceux pour garder sa « liberté ». L’amour n’est pas logique. Ce qui est logique, c’est ce qui vient après : s’accommoder de cette folie, la vivre au quotidien et la gérer à deux, si la rencontre aboutit au couple.

Et puis à la Saint-Valentin, c’est pas grave s’ils ne nous font pas une déclaration digne des « Pages de notre amour ». Laissons-les vivre l’amour à leur façon et ils nous prouveront qu’ils savent aimer bien mieux qu’on ne l’imagine.

Pis sinon, que sera sera!

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