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L’amour qui n’oublie pas – Par Gaëlle

Je connais une très jolie histoire. Elle est peut-être triste, mais je la porte dans mon cœur depuis longtemps. C’est un peu étrange d’étaler tout ça, mais je crois que ça en vaut la peine. Du moins, je le fais pour eux et pour tous ceux qui ont le cœur (et le corps) de leur âme sœur affaiblie entre les mains.

Mes grands-parents sont mes héros. Je me souviens lorsqu’ils ont accueilli ma petite maman déboussolée avec une nouveau-née sur les bras. Mon papi prenait bien soin de filmer lorsque ma mère me donnait le biberon, lorsque je faisais le moindre semblant de sourire, même lorsque j’ai fait mes premiers pas. Jamais bien loin, on apercevait ma mamie, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, lançant des petits cris de joie qui exprimaient son enthousiasme de voir mes progrès de jeune bébé.

Après notre colocation, ma mère et moi continuons tout de même à les visiter souvent pour la piscine rafraîchissante l’été, la crème glacée aux pépites de caramel et, surtout, pour leurs sourires. Le disque D’eux de Céline Dion joue souvent en trame de fond.

Mes grands-parents, ils s’aiment d’un amour inconditionnel. L’amour qu’on ne peut jamais oublier : la sincérité dans le regard, la tendresse dans les gestes, l’épaule toujours disponible pour s’appuyer sur l’autre. L’amour qu’on souhaite tous.

Mon papi est quelqu’un d’inspirant, à la tête haute et aux bras réconfortants.

Une fois, j’ai brisé son ordi en acceptant tout plein de virus sur MSN (oui, jadis). J’avais la trouille de lui dire que son écran noir ne voulait plus rien savoir de la couleur. « Y’a rien là Gaëlle! J’aime mieux ça que tu te casses un orteil. » Moi, j’aurais bien aimé me casser tous les orteils à la place, mais il avait raison.

Il allait toujours dormir au sous-sol lorsque je venais, sachant que j’avais peur du noir en bas et que j’aimais parler sur l’oreiller avec mamie qui me racontait plein d’histoires. J’adorais écouter des films avec elle, des bonbons au beurre plein les poches.

Un jour, ma mamie a mis en purée des pommes vertes pour faire son pâté chinois. Elle se souvenait plus des choses anodines ni importantes. Ma mamie a une maladie qui fait oublier.

Bien droit à ses côtés, il y a l’homme de sa vie. Lui, il n’avouera jamais qu’il trouve ça difficile parfois, qu’il se sent peut-être seul. Il est impensable pour mon papi que quiconque, à part lui, s’occupe d’elle. Il désire continuer tant qu’il aura la force de se battre envers et contre tous.

Nous, on veut pas qu’il s’épuise, mais je le comprends de continuer de mener le combat : l’amener à ses nombreux rendez-vous à l’hôpital, l’attendre, voir plein de spécialistes qui ont tous une opinion sur la situation.

Moi, j’en veux parfois à la vie de leur imposer tout ça. Je trouve ça injuste. Ça me pogne en dedans, et ça me fait mal sauf lorsque je les vois, qu’elle me fait un sourire en coin et que je l’observe poser sa tête fatiguée sur l’épaule toujours présente de papi. Alors, je me dis que l’amour, le vrai, peut tout vaincre.

On le porte constamment en soi. Même si on oublie les années, ce qu’on a mangé pour dîner et, parfois même, le nom des gens qu’on connaît, la reconnaissance et l’amour de ceux qui nous entourent seront toujours ancrés en nous.

Parce que même si ma mamie ne dit plus « merci », je vois dans ses yeux qu’elle a pour lui toute la gratitude qui lui est due.

Je dis « bravo » à tous les aidants naturels, ceux qui soutiennent les personnes qui leur sont chères et les aident sans compter.

Moi je te le dis : « Merci papi! »

gaellejoanie

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