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T’es plus que ton diagnostic (un presque conte de Noël) – Par Kayvin

Salut!

Aujourd’hui, parce que c’est samedi, j’ai décidé de te parler de santé mentale. Plus précisément, je voulais te parler des diagnostics en santé mentale qui des fois, à la lumière du traitement qu’on en fait dans les médias, peuvent avoir l’air d’être des entités pas mal terribles (comme celles dans Poltergeist, sauf qu’elles apparaissent pas juste au-dessus d’anciens cimetières amérindiens (il y a un remake de Poltergeistqui sort en mai et je suis beaucoup trop excité, désolé)). Comme les diagnostics psychologiques et psychiatriques représentent un vaste sujet, j’ai cru bon de te mentionner, d’entrée de jeu, ce dont je ne parlerai pas aujourd’hui:

  • Le contenu du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (le grimoire contenant toutes les formules magiques pour fabriquer un diagnostic).
  • Des liens entre le gros Pharma et le manuel en question.
  • De la médication agissant sur le cerveau.
  • Du cerveau.
  • Des papillons.

Je vais plutôt tenter de te démystifier ce qu’est un diagnostic psychologique/psychiatrique sous trois aspects: leur définition, leur évolution et leur impactation (ça faisait plus beau d’avoir des mots finissant tous en –ion et lion: ça avait pas rapport).

Définition

D’abord, globalement, un diagnostic c’est un ensemble de critères précis (souvent des symptômes) qui apparaissent ensemble ou de façon rapprochée dans un laps de temps donné. Pour t’illustrer c’est quoi, je vais utiliser l’image du Père Noël (parce que Noël, c’est dans 8 mois!!!). Un diagnostic de Papa Noël, ça serait en quelque sorte le nombre suffisant d’articles dont tu vas avoir besoin pour être reconnu comme tel. Si tu mets juste une barbe, tu pourrais aussi être le père Fourra, un vieillard ou un plaisantin. Si tu mets juste un suit rouge, t’es peut-être en pyjama ou t’as des goûts vestimentaires discutables. Mais en même temps, t’auras pas nécessairement besoin du kit à 200$ pour qu’on voit que tu es le boss de Rudolph, peut-être que tu pourras te passer de l’oreiller pour la bedaine, des petites lunettes ou des bottes en similicuir. Mais avec la quantité et la qualité suffisantes d’items, tu pourras entrer dans la catégorie diagnostique de Père Noël. La temporalité, le fait qu’on se rapproche du 25 décembre par exemple, peut également intervenir dans le portrait diagnostic. À partir du moment où on a les critères minimaux remplis, par contre, alors là il y a place à la variété: des gros Pères Noël, des Petits pères Noël, des Pères Noël québécois, d’autres asiatiques, des Pères Noël avec une petite ou une énorme barbe, des Pères Noël féminins ou masculins, etc. Tant que les critères prédéterminés sont là, on est en présence de Saint-Nicolas. On peut trouver cela arbitraire de tracer une «ligne» à partir de laquelle on considère qu’une personne est un Père Noël. C’est aussi sûr qu’il y aura probablement beaucoup moins de différences entre deux individus tout juste séparés par la «ligne» qu’entre les deux extrêmes du continuum, mais c’est souvent le même fonctionnement en matière de santé physique, même si ça semble plus concret.

Voici un exemple de ce à quoi pourrait ressembler un diagnostic de Père Noël:

Critère A

Être vêtu de chacun des éléments suivants:

– Un habit rouge

– Une longue barbe blanche

Critère B

Être vêtu d’au moins deux des éléments suivants:

– Un chapeau rouge

– Un sac de cadeaux

– Une perruque blanche

– Une grosse bedaine

Critère C

Une proximité de + ou – 1 mois du 25 décembre (sans quoi se reporter au diagnostic «amour pathologique de Noël»).

Évolution

Un diagnostic, ça évolue dans le temps. C’est un peu comme une photo que prend un médecin, un psychiatre ou un psychologue quand tu vas les rencontrer. C’est un cliché du fonctionnement que tu avais à ce moment précis de ta vie. Comme ta face ou ton style sur une vieille photo, ça veut pas dire que ton fonctionnement et tes symptômes évolueront pas avec le temps. Peut-être que ton suit de Père Noël va perdre des pièces petit peu par petit peu et, qu’éventuellement, tu pourrais pu être considéré comme tel. À l’inverse, peut-être qu’à la première photo tu avais seulement quelques pièces et que, plus tard, tu vas te ramasser avec le kit complet. Une des causes du malaise qu’il y a par rapport à la santé mentale, selon mon humble avis, c’est justement cette croyance qu’une fois qu’on a reçu un diagnostic, on en est marqués au fer rouge à vie.

L’humain est un être dynamique qui s’inscrit dans un environnement qui l’est tout autant. Il y a un dialogue constant entre soi et le monde dans lequel on vit. On a tous des particularités qui nous appartiennent et d’autres qui sont encouragées par notre environnement. Pour reprendre mon analogie, d’un point de vue personnel (la génétique, le tempérament, etc.), peut-être que t’es néa avec une grosse bedaine ou une barbe blanche. Au niveau environnemental, c’est plutôt qu’il y a peut-être certaines circonstances qui font que ton suit de Père Noël peut avoir des bénéfices (te tenir au chaud, te faire aimer des enfants, cacher ta vraie personne, etc.) supérieurs aux inconvénients de pas en avoir ou, encore, que ce déguisement a été fortement encouragé par autrui (des amants pathologiques de Noël, par exemple). Ce qu’il y a de beau, c’est qu’on peut intervenir aux deux niveaux si tu souffres de ton diagnostic.

Impactation

Le but premier d’un diagnostic, quoiqu’on en dise, c’est de mieux te comprendre et t’offrir des services adéquats. C’est aussi une échelle pour mesurer ton progrès. Quand tu es très près de la ligne entre le Père Noël et le pas Père Noël, les «pour» et les «contre» sont pesés minutieusement. Certains services sont malheureusement fournis uniquement quand tu as un diagnostic ou que tu as ben de l’argent.  Toutefois, c’est certain qu’il est jamais facile de recevoir/donner un diagnostic en santé mentale. On a l’impression que c’est moins réel ou mesurable que pour une maladie physique, donc on peut sentir que c’est moins justifié ou que c’est de notre faute, qu’on est fous. C’est un peu la manne des troubles dont on peut pas voir les manifestations avec nos yeux, directement. Or, une maladie invisible aux yeux peut être tout aussi souffrante, sinon même plus, qu’une qu’on peut voir. Alors, il faut en parler pour pouvoir briser les préjugés.

En terminant, voici quelques dernières idées que je crois bon de mentionner ou de rappeler:

  • Les problèmes de santé mentale sont bien réels et causés par plusieurs facteurs sur lesquels on peut intervenir.
  • La santé mentale est un continuum sur lequel on se retrouve tous (même lorsqu’on est considéré en bonne santé mentale, on a tous un ou deux traits de Père Noël en soi).
  • T’es plus que ton diagnostic (il y a une personne en-dessous du suit).
  • Ton diagnostic, tout comme ta personne, évolue dans le temps.
  • Les papillons, c’est beau.

Alors en ce samedi, je t’invite à parler de Pères Noël sans gêne ni complexe, que tu sois déguisé ou non. Comme on est tous sur le même chemin, aussi bien se parler et s’entraider!

Note: pour joindre avec moi les rangs des APN (amants pathologiques de Noël), tu peux me contacter en privé.

kayvinariane

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