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La cruauté derrière la romance et le tourisme – Par Noémie Rousseau

La semaine passée, comme il faisait super beau à Montréal, j’ai décidé de faire ma première randonnée de vélo. Après un bon 15 km, je me suis arrêtée dans le Vieux-Port pour me reposer un peu, et je me suis assise en face des chevaux de calèche, ceux qui sont parfaitement alignés les uns derrière les autres, au soleil, dans le trafic.

Puis, un des chevaux s’est écroulé devant mes yeux terrifiés. Ses deux pattes arrière glissaient sur le sol pour retrouver l’équilibre, alors que ses pattes avant tentaient l’impossible pour le redresser, sous le poids de la calèche et probablement de la fatigue. Mon cœur a arrêté de battre. Je me sentais impuissante face à cette situation qui ne semblait pas plus que ça déranger le cocher, qui a d’ailleurs simplement donné un peu d’eau au cheval par la suite.

Il faisait 20 degrés dehors, et la saison d’esclavage ne fait que commencer pour ses bêtes : sept jours sur sept, neuf heures par jour. Lorsqu’ils ont terminé, ils sont pour la plupart attachés à des stalles, souvent non réglementaires, lesquelles ne leur permettent même pas de circuler et de bouger librement. Lorsqu’ils ne peuvent plus tirer de calèches, certains chevaux sont envoyés à l’encan ou à l’abattoir.

Être un cheval, je voudrais mourir plutôt que d’être traitée de la sorte. Ils vivent dans des conditions extrêmes : la chaleur, l’humidité, le bruit de la circulation, les risques d’entrer en collision avec des voitures, des camions et des bus, les rues inadéquates qui finissent par leur causer des blessures aux pattes et à la boiterie, sans compter les gaz d’échappement qu’ils respirent en permanence. Tout ça, dans le simple but de divertir les touristes. C’est carrément inhumain.

C’est pour toutes ces excellentes raisons, qui me paraissent si évidentes, que plusieurs villes partout dans le monde ont banni cette activité. Parmi ces villes, on compte, entre autres, New York, Paris, Beijing, Toronto, Las Vegas, Londres, Oxford, et j’en passe des dizaines!

Alors, pourquoi est-ce encore légal à Montréal et à Québec?

Ne trouvez-vous donc pas que les chères villes du Québec sont assez riches en culture et en divertissement pour interdire ce genre d’attrait touristique pour le bien-être de nos animaux et ainsi leur permettre de vivre une vie heureuse?

La SPCA a écrit un article en 2012 sur un incident survenu à Montréal. Des personnes ont appelé la police pour rapporter de la cruauté animale commise sur un cheval qui s’était écroulé sur le sol, car le cocher lui donnait des coups de pied. Beaucoup d’incidents de la sorte se produisent, et plusieurs plaintes concernant les conditions des chevaux sont faites.

« La SPCA invite le public, la Ville de Montréal et la province du Québec à regarder de plus près la situation des chevaux dans l’industrie des chevaux de calèche et à s’interroger sur les conditions de travail et d’hébergement des chevaux de calèche à Montréal. »

Chaque année, la SPCA s’oppose vigoureusement contre l’utilisation des chevaux dans les villes et, malheureusement, mis à part le fait que les chevaux ne peuvent plus travailler lorsqu’il fait plus de 30 degrés, rien n’a changé. Certains courent toujours des risques mortels inacceptables.

Je crois qu’ensemble, aussi cliché que cela puisse paraître, nous pouvons parvenir à libérer les chevaux du monde dans lequel ils vivent. C’est à nous, en tant que citoyens, de conscientiser la population au sort de ces animaux pour qu’un jour, bientôt je l’espère, nous puissions nous afficher en tant que ville à la défense des chevaux de calèche.

Voici quelques liens d’articles connexes qui ont servi à ma recherche et qui, je le souhaite, vous serviront à conscientiser les gens de votre entourage.

http://www.spca.com/?p=6406

http://www.spca.com/?p=3048

http://banhdc.org/archives/ch-other-cities.shtml

http://www.horseswithoutcarriages.org/

http://www.peta.org/issues/animals-in-entertainment/horse-drawn-carriages/

http://www.banhdc.org/

Si le cœur vous en dit, partagez cet article ou l’un de ceux en lien. C’est un geste minime qui pourra apporter des changements si chacun de nous se donne la peine!

noemierousseaujoanie

4 thoughts on “La cruauté derrière la romance et le tourisme – Par Noémie Rousseau

  1. Bonsoir, je suis cavalière depuis l’âge de 5 ans et j’en ai 55. Monitrice aussi depuis l’âge de 30 ans. Je suis indignée par la souffrance des chevaux, tant dans les manèges que pour le tourisme dans les rues et villages. D’une pétition à l’autre, je soutiens les chevaux depuis toujours et souhaiterais continuer le plus longtemps possible. Votre article est à la fois très beau et très triste. Par votre détermination à lutter contre la souffrance des chevaux, je vous souhaite de belles victoires, de plus en plus nombreuses. Sincèrement. Catherine.

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