Menu

L’abolition de la «taxe tampon»: une mesure qui a du bon sang! – par Andrée-Anne

Peut-être avez-vous fait le saut dans les dernières semaines, en parcourant les nouvelles, de vous apercevoir que le gouvernement fédéral a décidé d’adopter une motion abolissant la «taxe tampon» au Canada? La curiosité m’a poussée à lire différentes publications à ce sujet et j’ai pris la décision de partager mes impressions avec vous, les crépu-e-s, parce que ça nous concerne plus qu’on oserait le croire!
Tout d’abord, mentionnons que la taxe sur les produits et services (ou la TPS, 5%) par définition, ne doit s’appliquer qu’aux produits considérés comme «luxueux» et donc «non-essentiels». Les aliments non-transformés, les médicaments, les services de garderie, les gâteaux de mariage (!) ne sont pas assujettis à l’application de la TPS. Le projet d’abolir la «taxe tampon», qui est en fait l’application de la dite taxe sur l’achat des produits hygiéniques féminins, traîne sur la table depuis 2004 au Canada et est en discussion dans plusieurs autres endroits dans le monde actuellement. Dans la dernière année, 72 000 signatures ont été récoltées par l’organisation des Canadian Menstruators (dont je vous conseille vivement la visite du site web ICI), afin de cesser de taxer ces produits, et ça nous a mené au débat médiatisé des dernières semaines.  Les tampons, serviettes sanitaires, les Diva cup, name it étaient tous considérés, jusqu’à tout récemment, comme de banals produits de consommation – et donc de luxe.
6juin_AAnne_Photo 1
Si nous faisions le test d’expliquer à une femme qui vit des cycles de menstruations abondantes et souffrantes chaque mois pendant trente-cinq ans, que ses serviettes sanitaires sont en fait un luxe qu’elle se paie et non une nécessité… le tout se terminerait fort probablement en accident de croc-en-jambe ou en argumentation assez virulente!
Le problème, avec la taxe sur cette catégorie de produits, est qu’elle est déterminée en fonction d’un facteur biologique et n’est supportée que par la moitié de la population. Cela rapporte 36 millions de dollars en moyenne par année au budget fédéral global. Est-ce que ce poids dont sont chargées les femmes n’est pas un peu discriminatoire? Décortiquons davantage pour descendre ces chiffres à notre niveau.  En moyenne, dans une année, une femme va utiliser 240 tampons/serviettes, donc environ 10 000 au courant de son existence. On calcule qu’en moyenne, dans une vie, une femme devra débourser 5600$ pour se procurer ces produits essentiels.  À ce stade, on n’a pas poussé l’analyse à savoir s’il y aura de la médication impliquée pour calmer les crampes et peut-être des journées de maladie à envisager…
Bien entendu, il y a des solutions alternatives aux produits d’hygiène féminins classiques. Ma collègue crépue nous en a entre autre présenté une géniale dernièrement ICI et les tampons organiques existent aussi, mais coûtent environ 20% plus cher. Les coupelles menstruelles sont un plus gros investissement de départ (environ 30-40$), mais ont un impact beaucoup moins important sur l’environnement, les finances et la santé en général, sauf qu’elles ne conviennent pas à toutes!
Reste qu’il était grand temps que cette taxe soit abolie. Et même si ça peut faire la différence pour des mères monoparentales ou des familles qui en arrachent pour vrai, la plus grande victoire dans ce dossier, à mon avis, n’est pas la suppression d’une taxe de 5%, mais bien qu’on admette enfin que ces produits sont une nécessité.  Pas un luxe.  Tout comme l’égalité des sexes en tous points!
J’espère qu’on a bien démystifié la chose ensemble les crépu-e-s!
AA ♥
Andrée-Anne ariane(1)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2021. Tous droits réservés
Conception de site web - Effet Monstre