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Il ou elle, comment savoir? – Par Marie-Pier

Justin Hubert, de Trois-Rivières, a vécu un enfer psychologique pendant des années, ne sachant pas trop pourquoi. Né avec les deux sexes, les médecins ont décidé POUR LUI qu’il serait une fille. Il a donc vécu en tant que Maude jusqu’à 16 ans, âge auquel il s’est affirmé en tant que garçon. Aujourd’hui âgé de 18 ans, il procède aux opérations de changement de sexe.

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Enfant, sa mère pouvait le vêtir en « fille » (je déteste dire ça, car les vêtements n’ont pas de genre), mais dès qu’il rentrait à la maison, il se changeait. Plus tard, on le considérait comme un tomboy parce qu’il avait des préférences pour les vêtements et les activités dites masculines. Puis, comme on sait que l’être humain peut être particulièrement méchant, ben il s’est fait bombarder de préjugés. Ce jeune-là a fait une grosse dépression, et a même déjà pensé s’enlever la vie parce qu’il n’était pas la bonne personne. Il s’est longtemps cherché, jusqu’à ce qu’il réalise qu’au fond de lui, il était un homme dans son corps de femme.

Outre les reportages sur Justin Hubert, j’ai parcouru le Web sur le sujet. Les recherches sur l’intersexualité sont très peu nombreuses. On dit qu’entre 1 % et 4 % des naissances sont touchées par ce phénomène. Il y a peu de données, car rares sont les intersexués qui acceptent de s’exprimer. Ces personnes ont certainement peur de vivre de la discrimination. Saviez-vous que l’Australie a été le premier pays à protéger légalement les personnes intersexuées contre la discrimination, au même titre que l’orientation sexuelle? Les rares personnes qui osent parler se battent pour leur droit de décision sur leur genre. J’ai tout de même réussi à trouver un témoignage intéressant de Dany Salomé, qui s’assume aisément en tant qu’hermaphrodite. Son témoignage est vu comme très précieux  à cause de sa rareté. Il/elle (peu importe, malheureusement, il n’y a pas de terme qui assimile les deux genres) a donc écrit un livre sur sa vie d’intersexué.

Bref, on ne décide pas de l’orientation sexuelle d’une personne, ni de sa personnalité, ni de son caractère, ni de ses traits physiques. Pourquoi aurions-nous le droit de décider de son genre? À moins d’une urgence médicale ou de risques importants de complication, il est possible de vivre avec les deux sexes. Par contre, lorsqu’on prend cette décision pour notre bébé naissant, il faut être conscient qu’il ne vivra pas dans la « normalité » de la société. La différence n’est pas toujours bien acceptée socialement, encore aujourd’hui. Puis, la loi exige aussi la déclaration du genre. D’un autre côté, si on décide de son genre, on prend le risque de faire le mauvais choix. D’une manière ou d’une autre, notre enfant peut vivre du rejet et être mal dans sa peau. Selon moi, garder les deux sexes reste le meilleur choix à faire. On devrait laisser ces gens choisir librement leur sexe quand ils s’en sentiront capables, ainsi que les épauler lorsque la pression sociale sera trop lourde et que les gens seront trop barbares. Enfin, on ne doit pas les condamner à vivre avec un sexe qui n’est pas le leur.

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