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SPOTTED : À toi, qui liras ceci – Par Cristina

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Qui a dit que les réseaux sociaux isolaient les individus? Ce n’est plus vrai maintenant avec la prolifération de pages Spotted sur Facebook. Ce sont des communautés partout sur la planète qui n’en peuvent plus de pouvoir se repérer. Bon, Nicole, Spotted est le nom de ces pages Facebook qui peuvent être créées pour des régions spécifiques, des événements, des campus, bref, toute communauté récurrente ou non et là où les gens affluent par centaines minimum. Donc, tu ne peux pas créer une page « Spotted : mon 2 et demi à St-Pascal », si ça n’aura pour but que de viser ton chat et toi. Tu peux, par contre, voir éclore des pages Spotted pour Osheaga, le Campus Notre-Dame-de-Foy, le Rockfest, Valleyfield, l’Université de Lyon, ou plus récemment Spotted FEQ 2015, pour le Festival d’été de Québec.

Le fonctionnement est simple : tu écris aux administrateurs de la page qui partageront sur le mur de leur page ton message de façon anonyme. Il n’est pas rare de voir des messages du type « Toi, la blondasse avec des shorts trop courts, je t’ai vu danser au show de Scorpions, t’avais l’air cochonne un peu, si tu te reconnais, écris-moi! » ou même des photos de ces inconnus que l’on s’amourache sont publiées avec la caption « Qui es-tu?????? J’te paye une crème molle anytime! » Et, si certains qualifient ces pages de courrier du cœur 2.0, elles ont également plusieurs autres « utilités » du type :

– J’ai perdu mes clés avec une leash Mazda sur les Plaines au show des Foo Fighters, les avez-vous vues?

– Spotted au gars qui avait l’air cave avec du gel dans les cheveux en dansant tu seul sur la rue Saint‑Jean après l’ouverture des terrasses.

– Spotted à la gang qui parlait tout le temps en avant de nous.

– Spotted à la gang en arrière qui nous disait d’arrêter de parler.

– Spotted au gars en chimie qui mange tout le temps une pomme à la pause, wtf???!!!

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En synthèse, on apprend, sous le couvert de l’anonymat, que les gens cherchent l’amour, le respect (de la réclame de civisme post-péripéties à grand coup de clavier) et des clés de char. Comme s’il n’y avait pas déjà assez d’applications permettant le bisounage entre inconnus. On en remet une couche, et les missives postées pour se séduire la douce moitié, franchement, c’est pas du Pablo Neruda. On peut aussi se questionner sur les barèmes de censure des gestionnaires de ces nouvelles communautés, car si elles peuvent être créées par tout le monde et personne à la fois, elles portent le logo et le nom d’un organisme, d’un événement bien établi et réel (une université, un festival, une entreprise, un secteur spécifique), cette absence de modérateur, cet anonymat permet au carnaval des obscénités, des injures sexistes, racistes, âgistes, poilistes de dégouliner sur les murs dans une impunité totale. Là, je vous vois venir, voir que j’aurais de quoi contre l’absence de censure, l’obscénité et l’injure : c’est mon petit lait! Ce que je me réclame, par contre, c’est d’apposer ma signature à chacun de mes « Va chier, mange de la marde grosse torche », « Tassez-vous bande d’estis » pis « On fourre tu? » Donc, Spotted, oui pour le repérage, pour la création de nouvelles communautés. Gros non pour l’anonymat. On est en 2015! Assumez-vous ou retournez écrire des lettres de menaces sur Caramail, bande de pleutres!

– Spotted à la chroniqueuse qui chiale après huit bières.

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