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Now and Then – Par Ariane Lessard

(Génération speed stick… la suite)

Heille yo bonne fête han sérieux ça fait longtemps qu’on s’est pas vus man, mais t’es fine t’es cool je t’aime de loin pis ben on ira prendre une bière bientôt! Bonne fête encore 🙂

Ça, c’est le genre de message qu’on écrit sur Facebook quand c’est l’anniversaire de quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps. C’est une promesse (qu’on ne tiendra pas), mais qu’on lance de même le jour d’la fête d’une personne avec qui on a déjà eu de la complicité, car disons-le, les moments de bonheur, de partage; intellectuel, charnel ou d’amitié, sont éphémères, on les oublie. On finit pas toutes comme dans Now and Then, amie avec des gens qu’on connaît depuis l’enfance, à se tenir bras dsus bras dsour pour jouer à des jeux dans des champs*. On ne se marie pas non plus avec les roux qui se fouillaient dans le nez, petits pis qu’y deviennent médecins une fois adultes, ni avec Devon Sawa.

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Le temps passe, je le sais, mais les vieux moments passés date ont tendance à rester gravés dans ma mémoire. J’ai des tendances Irénée Funes (vous chercherez c’est qui, ça vous fera pas de mal). Je n’oublie pas. Peut-être que je suis juste plus nostalgique. Peut-être aussi que ma vie, au fond, est plate à mort.

J’ai de la misère à m’empêcher de demander à de vieilles connaissances de prendre une bière ou de prendre des nouvelles d’amis loin loin loin, moitié Argentins moitié Allemands. Même si je le sais qu’on se reverra pas, que le chien est mort. Je le fais pour me sentir moins mal, pour oser, même si je le sais qu’avec chose de Québec, ça sera jamais comme en 2003.

Pis non, je sais que je suis pas mieux qu’eux, que je leur écris juste quand c’est leurs fêtes ou quand je suis saoule pis que c’est les seules personnes connectées dans mon fil de discussion Facebook, mais même si je me sens aussi ingrate, ça me fait un petit quelque chose de me dire que l’oubli est réciproque. Ça me fait me sentir comme quand je croise quelqu’un que je connais dans la rue pis qu’y fait comme si y me voyait pas (je sais que tout le monde le fait, je le fais aussi des fois, surtout avec les gars que j’ai cruisé quand j’étais pompette). Je suis là, Ariane, mais non, un trou au milieu du visage, comme la sculpture de David Altmejd.

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J’avais l’habitude d’envoyer des correspondances quand j’étais plus jeune. Ça me faisait plaisir de parler, même si j’avais rien à dire : que des choses simples. Aujourd’hui, si j’envoyais des lettres, ça mettrait tout le monde à terre de toute façon tellement ça serait long et égocentrique. C’est pour ça que Facebook, c’est plus simple. Je peux parler de moi, mais à tout le monde, c’est moins gênant. Je n’envoie pas quelque chose à une personne en particulier, les gens en prennent et en laissent. Et pis, puisqu’on est en « constante connexion », « amis », c’est comme si on était toujours « proches ». Tsé.

Naaaa. Je me dis que si Postes Canada fait pas faillite d’ici un an, je vais peut-être me remettre à la plume, faire une Merteuil de moi-même.

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Quand on était petites, ma sœur Isa pis moi, on écoutait toujours Now and Then, pis a disait tout le temps que j’étais Chrissy, la p’tite grosse aux lulus. Sauf que je le savais dans le temps pis je le sais encore plus aujourd’hui, je suis Samantha. Je suis celle qui écrit, celle qui se souvient (pis Gaby Hoffmann aussi, est rendue drôle en criss).

*Je le sais, celle-là demande un minimum de culture générale très spécifique.

ArianeLessardrondsarahlucelevesque

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