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Décriminaliser la prostitution – Par Marie-Pier Quessy

Le 11 août dernier, Amnesty International (AI) a voté pour la décriminalisation de la prostitution. « Ce vote est soutenu par l’ensemble des milieux protravail du sexe (TDS) : que ce soit le Stella québécois, le Strass français et la grande plateforme internationale, le NSWP (Global Network of Sex Work Protects) qui ont félicité l’AI. » (Article complet ICI)

Quel sujet de controverse! Beaucoup de personnes sont outrées d’apprendre qu’une organisation comme celle-ci voit encore la prostitution comme un travail pas tellement différent des autres. Il y a ceux qui se plaignent parce qu’ils n’ont pas fait de recherche et croient que la prostitution sera légalisée sans être encadrée et protégée par des lois; puis, il y a les personnes complètement contre le travail du sexe qui sont prêtes à crier haut et fort que c’est loin d’être une idée de génie.

Au début, je ne savais pas sur quel pied danser. On sait tous que les conditions des travailleurs du sexe sont exécrables. C’est un cercle vicieux dans lequel il est très facile d’entrer, mais presque impossible d’en ressortir. C’est un monde malsain où l’être humain est vendu pour son corps dans la plus grande des indifférences. Sauf qu’au bout du compte, que ce soit légal ou pas, il y en aura toujours. Qu’on le veuille ou non, on ne peut empêcher la prostitution d’exister. Donc, soyons réalistes, donnons le droit aux travailleurs du sexe d’exécuter leur travail dignement. Bien sûr, on ne pourra jamais enrayer la prostitution illégale (mauvaises conditions, trafic humain, etc.). Par contre, pour les personnes qui le font par choix, ce sera plus sécuritaire.

Pour toutes ces personnes qui ont fait ou feront le choix de faire de la prostitution (parce que, oui, on peut vouloir faire ce genre de travail), une application efficace des lois apporterait certains bienfaits, sachez-le :

  • La marginalisation et la discrimination profondément ancrée devraient diminuer en importance;
  • La prévention et la réparation dans les cas de violence, de trafic ou d’exploitation sexuelle;
  • La protection des droits de la personne;
  • La protection des droits de la femme;
  • L’égalité des sexes;
  • La protection des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées);
  • La protection des droits des enfants;
  • La protection des droits des peuples autochtones;
  • L’accès à la justice, à la santé et à la sécurité;
  • Le droit à un revenu;
  • Et, Dieu merci, la protection contre l’exploitation.

On ne le sait pas, mais peut-être que certaines personnes ont déjà pensé faire ce travail (pour payer leurs études, par exemple), mais ont eu peur de le faire dans les conditions actuelles. Je continue de croire que certaines personnes font ce métier par choix, même si cela est leur dernier recours. Puis, je sais que le travail du sexe existera toujours. Bref, je préfère savoir qu’on peut encadrer le plus possible la problématique et continuer d’aider ceux qui veulent s’en sortir, que de savoir que cela se fait illégalement dans des conditions minables.

Qu’en pensez-vous?

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