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Elle vous dirait

 

06septembre_cristina_photo_1

Aux Édith, aux Julienne, aux Janisse Joupleine, à toi, ma pinotte, et aux femmes de coins de rue.

 

Elle vous dirait prends-moi

et laisses-en pas aux autres,

puis laisse-moi, je te jure

ça ne sera pas de ta faute.

 

Elle veut des perles sur son satin,

que l’aube la chevauche

au moins jusqu’à demain,

elle veut un terme à l’ébauche

qu’elle est entre vos mains.

 

Son cœur est comme une église

que les bandits ne craignent plus,

sa peur elle seule promise

la trouve et lui tombe dessus.

 

Elle vous dirait prends-moi

même si elle n’a rien appris,

même si elle a tout donné, elle

n’offre que ce qu’on n’offre pas.

 

Elle cherchait votre épaule,

vous a livré ses chairs,

pour qu’un peu on la frôle,

elle quête les paumes en l’air.

 

Fort, vous êtes

à sa détresse un baume,

un papillon de lumière,

un chant ou bien un psaume

brillant des éclats d’hier.

 

Lasse que le noir la broie,

qu’on lui crie et qu’on dise

qu’il était une fois

une fleur que personne ne brise.

 

L’horloge la suit comme une enclume

aux anges métallisés,

à l’heure elle se déplume,

folle au ressort tiré.

 

Elle se maquille à votre santé

quand vos cloches la sonnent,

chaque semaine dressée

chatte chienne, elle n’est personne

dans vos poupées échappées,

car bientôt on l’abandonne et

 

on s’en retourne siffler

qu’une femme n’est pas coutume

et on s’en retourne, léger

qu’une femme n’est pas coutume.

 

Elle vous dirait prends-moi

et laisses-en pas aux autres,

de moi

il ne m’en reste plus.

 

cristinamoscinirondAnneMarie

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