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LuchAdore

Génération Speed Stick, la suite…

Au cégep, je suis sortie avec un gars qui aimait beaucoup la culture pop. C’était encore plutôt étranger pour moi, parce que je passais mes soirées à écouter les derniers Kusturica, Jodorowsky ou Kar-Wai… (Avouez qu’ils ont des noms qui forcent le respect). Il, appelons-le, le LuchAdore, m’a introduit dans la caverne d’Ali Baba qu’est YouTube (je sais, j’étais ben en retard, mais tsé, on a eu le câble tard à maison). C’est le premier qui m’a montré des vidéos de bébés chats, des vidéoclips de tounes que je connaissais, mais que j’avais JAMAIS VUS (pour cause de non-câble)! Genre que la première fois que j’ai vu les clips des Backstreets Boys ou ben de Christina Aguilera, j’ai eu une petite émotion. Mais LuchAdore m’a surtout fait écouter des vidéos de lutte. En veux-tu? En v’la! Pis ben, j’ai aimé ça tu suite. Tout cet univers de glitters m’a fait fondre. Je me suis mise à écouter la lutte avec lui pis même à payer trente piasses pour aller voir des pay per view de quatre heures au cinéma. J’ai commencé à avoir des prefs, The Undertaker (mon mentor), Edge (mon âme sœur), CM Punk (mon boy next door), Triple H (mon sugar daddy)… J’étais folle raide.

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J’ai même vécu le retour de The Rock, que je connaissais avant tout comme roi mi-homme mi-scorpion. Bref, j’étais pas mal excitée par la découverte, je me suis mise à en parler autour de moi, les gens étaient surpris. Ma mère aimait pas full ça, a préférait que j’écoute des films dans le sous-sol tu seule. C’était mon premier chum tsé, plus vieux pis qu’y me faisait écouter des vidéos de monde en cuir et spandex. J’ai essayé de la convaincre. Je lui ai sorti des citations de Roland Barthes sur ce qu’il appelle affreusement le catch dans son recueil Mythologies : « Ce que le public réclame, c’est l’image de la passion, non la passion elle-même. Il n’y a pas plus un problème de vérité au catch qu’au théâtre ». Entre autres mots, y fakent, mais y fakent ben. La lutte, c’est de la catharsis, mom. Barthes pis moi on trouve que ce sont les gladiateurs d’aujourd’hui.

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J’ai fait un arrêt après la rupture, je l’avoue, parce que le plus trippant, c’était de l’écouter ensemble, mais je suis restée connectée quand même, de plus près que de loin je dirais. Vendredi soir dernier, je suis allée voir la ICW à Hochelaga dans le sous-sol de l’église Très-Saint-Rédempteur. C’était la première fois que j’en voyais en live pis le sentiment que ça m’a donné, celui qui m’avait manqué toutes ces années, c’est celui de l’appartenance avec le public. On s’entend qu’il était pas mal particulier pis qu’y se composait surtout de gens en bas de l’échelle salariale (je m’inclus hein, c’est cher l’université). Le plus surprenant là-dedans, c’était le nombre de familles : tellement de jeunes avec leurs moms, gars comme filles, qui courraient partout en encourageant leurs pères qui se battaient lourdement sur le ring. J’ai eu un sentiment. Après ça, je me suis rendue compte que ma véritable initiation à la lutte, elle s’est passée en 1994, dans mon salon, su mon divan, AVEC MA MOM.

Fort Boyard, mon ami. Je te jure que je suis encore nostalgique de la lutte dans la bouette le soir à TVA. Encore plus quand Sophie Lorrain se ramassait comme ça au final.

Ça vient donc de la maison mom, de l’enfance. J’ai comme grandi avec ça au fond de moi.

Ah! Mais ma véritable influence en matière de lutte dans la bouette, ça restera toujours la lapine maléfique dans le film Son-In-Law.

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