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Aimer sa silhouette plutôt que l’accepter

J’avais 9 ans quand j’ai commencé à être complexée. Je me souviens de ce jour-là. Je portais mon short-cuissard avec mon t-shirt Humeur Design. Je me suis regardée dans le miroir, pis j’ai remarqué que mes cuisses étaient rondes et se touchaient. Les filles cools n’étaient pas comme ça.

Cette idée de cuisses trop rondes a pris de plus en plus de place pis est restée dans le fin fond de ma tête tout au long de mon adolescence, de mon Cégep et des années qui ont suivi… Ça me hantait. Tellement, que j’ai tout essayé pour changer ça. Sauf qu’un beau jour, mon corps m’a sauvée! C’était un été. Je pesais 95 livres parce que mon régime était restreint à des dîners de raisins pis de fromage, pis à des soupers de salades. J’avais faim, tout le temps. Un matin, je me suis levée, pis j’ai vu une galette d’avoine du marché. Une pulsion incontrôlable s’est emparée de moi. Je devais manger la galette. Pis je l’ai fait. J’ai pas pu faire autrement. J’en ai même mangé une deuxième. Mon corps avait décidé que la famine imposée était terminée. En une semaine, j’ai repris tout le poids que j’avais perdu cet été-là.

Ironiquement, j’ai arrêté de vouloir changer ma silhouette le jour où j’ai compris que la quête du standard provoquait l’éternelle insatisfaction. Mieux : ce jour-là, j’ai commencé à m’aimer. Réaliser qu’on n’est pas faites comme les standards qui nous sont imposés, ça enlève beaucoup de poids sur les épaules et ça fait sortir de l’attitude destructrice de la comparaison. Ce qu’on nous présente, c’est une infime partie des silhouettes existantes sur la planète. Personnellement, j’aurais beau vouloir avoir le fameux thigh gap, faudrait que je me fasse scier les os pis que je sois abonnée à la liposuccion.

T’auras peut-être remarqué que j’ai utilisé le mot « aimer » un peu plus haut. On entend et on lit souvent « s’accepter ». Ça me fait toujours dresser le poil sur les bras parce que quand on parle de silhouette, j’ai l’impression que s’accepter revient à dire « je me résigne à ne jamais être comme le modèle suprême et je vais accepter mon infériorité corporelle ». OK… j’ai mis un peu d’exagération dans cette métaphore, mais t’en comprends le sens?

On peut pas changer un X pour un H. Un I pour un O. Ça en changerait le fondement même. Le prix à payer pour vouloir une autre silhouette est trop cher. Surtout mentalement. Ça revient à vouloir être quelqu’un qu’on est pas. C’est tellement plus gratifiant de s’aimer. Et tellement plus honnête.

Célèbre ta silhouette, Crep! En plus, on te propose plein de trucs pour la mettre en valeur.

Je te souhaite une bonne semaine!

EmiliehamonrondAliceArsenaultrond

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Crédit photo de couverture

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