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50 SHADES OF GREY : la fanfiction, chapitre 4

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fifty shades of grey

CHAPITRE 4

Anastasia est devant chez elle et s’apprête à pénétrer dans la limousine de Christian Grey. Elle ne sait pas encore où ils iront ce soir.

Anastasia : « Côliss, c’est-tu du vrai cuir? », demande-t-elle, à peine assise, en rebondissant à répétition sur la banquette.

Christian s’assoit sur la banquette en face de sa cavalière et l’observe des pieds à la croupe. La limousine est grande en criss, même assis face à face, trois bons mètres les séparent. Même à cette distance, Grey respire les arômes de parfum peut-être trop fruité s’échappant du chignon de la belle invitée, qui s’agite comme pour tester les ressorts. Il fixe ses jambes. Ses mollets sont minces. Une ecchymose sur le tibia droit devant dater de quatre ou cinq jours. Il ne la connaît que depuis deux. Son esprit fou s’affole un instant en s’imaginant de quelle façon sa future captive s’est infligé cette blessure. Ce rond bleu teinté de jaune est-il adressé à un autre que lui? Pour qui les vaisseaux sanguins d’Anastasia se sont-ils fendus? Il pâlit – émotion cachée sous son flegme – en imaginant un homme la toucher. Il sent qu’on se moque de lui. Anastasia sera sienne, il la coloriera de ses propres couleurs. Il marquera son territoire sur son corps. La sculptera, l’auscultera, sur son épiderme, sur ses courbes, dans ses moindres creux. Christian poursuit sa montée des jambes avec ses yeux. Les genoux d’Anastasia, presque maigres, ne portent aucune marque. Ses cuisses nues font crier le cuir à chaque va-et-vient de son tic nerveux lorsqu’elle s’agite. Elle est fébrile, excitée. Sa gorge et son décolleté sont rougies des plaques d’un émoi qui ne ment pas. On sent son cœur marteler sa poitrine comme un ogre qui cognerait dans une porte, une porte en chair.

Anastasia : « Fait que… On soupe y’ousse? Je savais pas trop si on allait manger d’ une place chic, des fois le service est long en tabarnak dans les places que tu peux pas commander au comptoir, j’ai pas pris de chance, j’viens d’me clencher le trois quarts d’une boîte d’Oréo marque Sans nom, parce que les vrais sont pas achetables même si y goûtent meilleur. En tous ‘es cas, je sais qu’à la Cage, à soir, les ailes sont à trente-neuf cennes pis les pichets de Laurentide à moitié prix chaque fois que Plekanec score, je connais pas ses stats à lui, mais je sais que ça vaut la peine, surtout quand c’est Josée qui travaille au bar, parce qu’a remplit la draft passé la ligne pis a te full ça au rebord, donc ça donne approximativement deux à trois bonnes glous de plus par pichet, en millilitres je sais pas qu’est-ce ça fait, parce que moi, les maths, tu me perds ben raide. On peut aller au Normandin aussi, pour quarante-cinq piasses à deux en formule table d’hôte a’ec le vin, on sort de d’là assez bourrés, c’est parce qu’ils y vont fort sur le pain. Y t’en servent avec la soupe, pis y t’en donnent quand même si tu commandes un pizzaghetti. Pis c’est le fun là-bas parce que les beurres sont direct s’a table quand t’arrives, tsé dans les p’tits contenants de plastique, moi j’aime mieux ça parce que je peux en ramener chez nous une pognée dans mon sac à dos, y’a des places que le beurre y te l’amènent d’ une p’tite soucoupe en vaisselle fait que tu peux pas partir avec, j’ai un sac à dos, mais pas de sacoche d’habitude parce que un sac Lavoie ça tough longtemps, lui que j’ai, je l’ai trouvé dans un vestiaire en édu quand j’étais en secondaire 4, je l’ai toujours gardé depuis, y’a une des bretelles qui est lousse, mais était comme ça quand je l’ai trouvé. »

Christian : …

Anastasia se tait. Christian continue de ne pas être trop jasant. Il étudie. Qui est cette Anastasia Steele qui tremble de froid dans sa limousine de luxe? Elle a dit étudier la littérature. Elle a dit devoir faire un article sur lui pour le journal de son école. Elle a dit avoir vingt-deux ans. Elle a dit… être vierge. Quand elle ne parle pas, ses yeux se voilent de trouble. Est-elle gênée? La force de son magnétisme sexuel mâle, écrasant, réussit-il à la faire rosir du malaise exquis des jeunes filles à qui on présente des gens importants? Les paupières d’Anastasia battent, comme pour suivre le rythme d’une musique folle et, comme les nerfs du chevreuil entendant la gâchette de la carabine, elle se raidit, haute et digne avant la mort. Elle ne parle plus. Étrange femme qui tangue entre la terreur qu’elle tait et la nonchalance qu’elle crie.

Anastasia a la vulve directe en contact avec le cuir de la banquette, elle vient de s’en rendre compte il y a quelques secondes. La sensation découverte de cette peau tannée sous elle lui a fait perdre le fil de son histoire.

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Maintenant, elle anticipe davantage le trajet : chaque lumière rouge, chaque bosse, chaque nid de poule et les vibrations sourdes du moteur sous elle. Malheureusement pour Anastasia, la suspension de la limo est flambant neuve. La route se poursuit et les deux ont les yeux plongés dans le fond de l’autre. Une supplication muette, l’espoir qu’il se passe quelque chose, meuble l’espace qui les sépare. Bondir, figer. Attaquer, céder. Une chasse immobile se déroule dans la limousine, sur le boulevard Charest. Une guerre d’éros, de thanatos et de thermos les garde au chaud dans leurs pensées profondes, perdues dans l’abyssal infini de cet érotisme nouveau.

La voiture s’arrête. Le chauffeur débarque. Les quelques pas qu’il fait avant d’ouvrir la portière de la limousine (grise – elle est d’une nuance de gris) donnent à Anastasia le temps de se ressaisir. Grey sort en premier et prend le léger paquet enveloppé de soie argentée que son chauffeur lui tend. Anastasia sort sans aide de la limousine en se demandant si elle avait bien guessé entre la Cage aux Sports ou le Normandin. Avant d’apercevoir quoi que ce soit, Grey lui tend un loup de satin et de dentelle anthracite qu’il bande ensuite sur ses yeux. Le froid de la nuit jeune la glace et lui mord le corps entier, mais ses tempes, son front et son cou fondent au contact des mains de Christian. Elle ne tient plus, sa bouche s’ouvre. Elle la referme, se mord la lèvre inférieure. Grey la prend par le bras et ensemble ils se dirigent vers une bâtisse plus que centenaire aux volutes et boiseries travaillées d’où un orchestre lent et funeste semble provenir.

FIN DU CHAPITRE QUATRE.

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