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Le sexe : une nouvelle thérapie?

Alors, bonsoir! Asseyez-vous confortablement et parlons d’un phénomène. En fait, quand je mentionne ce « parlons », j’insinue plutôt : ouvrez vos yeux, démarrez votre intellect et engagez-vous dans cette activité cognitive. Bref, laissez-moi vous faire part de mes appréhensions à propos d’une situation que j’observe depuis quelque temps et qui cause en moi un réel bouleversement, un malaise profond.

Je ne vais pas vous mentir. Je ne suis pas la personne la plus raisonnable, la plus parfaite, la plus sensée, la plus mature, la plus réfléchie. Donc, ce n’est pas le discours d’une « Miss parfaite » qui tente de faire de l’ombre à Mère Teresa. C’est tout simplement le mien. J’agis délibérément avec impulsivité. Mes proches trouvent que c’est ce qui fait mon charme. C’est ma couleur, je suis directe. Je suis fidèle à moi-même lorsque j’agis de la sorte, lorsque je ne passe pas par quatre chemins pour exprimer ce que je ressens. C’est ce qui fait de moi une personne unique avec ses bons côtés et ses moins bons. J’apprends à être en harmonie avec cette facette de ma personnalité, c’est-à-dire que je m’assume et j’accepte les conséquences de mes actes. Éventuellement, je ne serai même plus surprise lorsque les gens insinueront à la blague que j’ai un fucking caractère. Mon signe astrologique, le bélier, illustre bien cette tendance que j’ai à foncer dans l’tas, si je peux me permettre l’expression. Il est vrai que je veux tout, et ce, avant hier. Par contre, ce qui fait en sorte que je vis bien avec mes caprices réside dans le fait que je sais que rien ne m’est dû. Je travaille tous les jours pour les obtenir, ces choses que je désire. Je tombe, je me fais mal, j’essaie, j’expérimente. Je suis prête à recevoir des coups sous la ceinture pour être dans le jeu, être de la partie. Bref, ma gomme à effacer n’est jamais loin, car je fais un nombre incalculable d’erreurs.

Parfois, j’accepte du beau n’importe quoi. Comme plusieurs d’entre vous, je banalise le fait de partager des moments intimes avec quelqu’un. Je troque ça contre un dodo collé en sécurité juste pour être bien une nuit où je me sens plus seule. La vérité toute crue, c’est de vous dire que je nous vois trop souvent accepter peu d’un garçon parce qu’on sait qu’il ne veut pas d’une copine en ce moment. On se contente d’un rien. Je sais que l’amour, ça ne cherche pas, mais je dois arrêter d’accepter d’être un plan cul juste parce qu’il n’y a rien de plus qui pourrait se passer entre nous deux. Arrêtons de nous bourrer le crâne de ce junk food relationnel. Tu n’as pas envie de me dater parce que tu sors d’une longue relation amoureuse qui t’a épuisé? Eh bien, reste chez toi. Ne me vends pas ta banquette arrière comme du rêve. Et de mon côté, est-ce que je peux avoir un peu d’amour propre? Je veux dire, me tenir à l’écart de ce genre de tombeurs vides qui classifient les femmes selon deux catégories : celles qu’ils baisent ou celles qu’ils courtisent et à qui ils offriraient la terre si elles le leur demandaient. Arrêtons ça, ça nous éloigne de l’objectif, celui de nous aimer suffisamment pour éventuellement aimer l’autre. Tenons-nous debout, relevons nos manches et allons faire un tour au Costco pour y acheter la peluche ridiculement immense sur laquelle on pourra se lover. Bref, refusez ces avances et apprenez à vous dire non. Non, à ce discours interne qu’on entretient : « C’est la dernière fois », « Juste ce soir pour me changer les idées et mettre du piquant dans ma vie », « De toute façon il ne m’intéresse pas, alors il n’y a aucun danger que je puisse m’attacher ». Ce petit pep talk qu’on a avant d’ouvrir la porte et de partir partager cette nuit de « rêve » que ce bel étranger nous a proposée, comme le ferait le beau boucher avec sa bavette de bœuf en réduction cette semaine.

Le problème est tellement profond que certaines ont maintenant l’impression de faire du bénévolat. Elles laissent leur porte ouverte pour panser les blessures de guerre de ses chevaliers qui se sont perdus, qui ne savent plus qui ils sont véritablement, qui ne veulent plus être en couple parce qu’ils ont tant soufferts… Ils se sont faits briser le cœur, ils se sont faits castrer par une ex contrôlante, ils n’ont pas assez gouté au désir passionnel, ils n’ont pas suffisamment fait de folies, etc. Et elles, elles le font pourquoi? Elles les écoutent leur tenir un discours de merde sur le comment et le pourquoi leur vie est si difficile et elles les laissent entrer dans leur chambre pour quelles raisons? À mon avis, certaines se cachent derrière ces relations vides. D’autres pensent qu’elles ne valent que ça : elles sont blasées. D’autres peut-être sont aussi des victimes de guerres et ne désirent qu’un moment de répit en partageant ces instants charnels. Le sexe serait-il devenu une thérapie, un moyen de s’évader? Dans mon cas, j’ai recours à cette façon d’agir, car le temps d’un instant je me noie là-dedans. Et je me sens mal, après chaque écart de conduite, parce que je déçois des amis, j’exaspère d’anciennes fréquentations, mais surtout parce que je me déçois de ne pas avoir eu la force de rentrer seule.

carolannbedardrondGabrielle-Bernier

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