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Adieu small talk (ode aux amitiés spontanées)

J’ai l’impression qu’en passant à l’âge adulte (allô j’ai vingt-trois ans mais je pense bien passer par là pour les dix prochaines années encore), on perd notre aisance naturelle face à l’inconnu. Pas juste en ce qui concerne notre zone de confort, mais aussi quand vient le temps de faire de nouvelles connaissances. Enfant, on arrive facilement à attaquer les vrais sujets au moment de rencontrer quelqu’un : « t’as combien de billes bleues? », « as-tu déjà donné un bisou à Roxanne? », « as-tu un petit frère toi aussi? ».  À l’âge adulte, parler de couilles bleues, de qui tu fréquentes ou de ta famille, ça devient invariablement moins naturel, moins facile — en tout cas avec des inconnus.

small talk

Il est clair qu’on ne peut pas étaler toutes nos pensées profondes et notre jardin secret à tous ceux qu’on croise dans une vie. Ça rendrait le processus lourd et interminable pour tous. La plupart du temps, quand on se fait présenter la cousine du chum de l’amie de notre oncle par alliance, on use de small talk. En ce qui me concerne, les discussions de small talk ne me sont pas forcément désagréables. Ce sont des questions générales ne contenant aucun tabou, aucun sujet chaud, des politesses, bref des trucs dont je ne me souviendrai fort probablement pas, et l’interlocuteur en face non plus. Je ne pense pas que le cerveau humain de base vienne avec un tiroir small talk pour les rencontres éphémères et « malaisantes », et je n’en voudrai jamais à la cousine du chum de l’amie de mon oncle par alliance de ne pas avoir retenu où je travaille ou quel est mon domaine d’études, parce qu’il n’y a absolument aucune chance que je mémorise le nom de ses trois enfants ni celui de l’hôtel qu’elle m’a recommandé dans le Maine.

Par contre, ça nous arrive tous, à un moment ou à un autre, d’être intrigué par quelqu’un, que ce soit un collègue de travail, l’amie d’une amie, la mère de ton chum ou un voisin éloigné. C’est possible que, par des regards échangés, dans une discussion en groupe, dans la démarche ou l’attitude, quelque chose vous accroche au sujet d’une personne en particulier.

On fonctionne beaucoup à l’instinct, et en amitié, il est vital de s’y fier. Si vous êtes sous l’impression que ça pourrait cliquer avec quelqu’un, c’est le moment de dire adieu au small talk et d’oser un peu. On peut même être très surpris par les spécimens vers qui notre instinct nous propose d’aller. C’est tellement plus simple d’aller vers des gens qui nous ressemblent ou qui ont des points en commun avec nous, et c’est naturel d’avoir une certaine attirance pour cette catégorie de gens. Mais, les plus belles surprises en amitié viennent du challenge. Des gens qui ne pensent pas comme vous, qui ont lu et vu autre chose, qui ont un vécu à l’opposé de vous, des personnages différents, colorés et aimants ne seront jamais décevants. Pour arriver à se rapprocher d’eux, il s’agit d’oublier nos réflexes de small talk et d’entrer dans le vif du sujet.

Posez des questions sur les gens, leur histoire, leur famille, leurs rêves. Osez aller vers des gens qui vous intéressent, peu importe s’ils ont cinquante ans de plus que vous, une cicatrice en plein visage, peu importe qu’ils soient natifs d’ailleurs, en autant qu’ils vous fascinent vraiment. La discussion prendra soin d’elle-même, et vous vous rendrez compte rapidement que le modèle du cœur humain de base est plein d’amour à donner.

amis pour la vie

À toutes les amitiés spontanées qui changeront nos vies!

AA ♥

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2 thoughts on “Adieu small talk (ode aux amitiés spontanées)

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