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Je pense qu’il te trompe

 

chum infidèle

Je venais de terminer mon dernier examen, celui qui annonçait le début des vacances de Noël, celui qui sentait la liberté, la tranquillité d’esprit.

Je suis rentrée chez moi, le sourire aux lèvres et le ventre creux parce que le stress des derniers jours m’avait un peu coupé l’appétit.

En entrant, j’ai trouvé ma coloc sur le sofa, dans un drôle d’état. « Je sais pas comment te dire ça, il n’y a pas de bonne façon de le faire, mais si c’était moi, je voudrais le savoir. Il y a des rumeurs qui disent que ton chum est infidèle ».

De quoi ? Marc-Antoine, infidèle? Haha, impossible. Mais, mon rire a vite fait place à de la terreur quand j’ai vu son regard. Elle ne m’aurait jamais annoncé un truc du genre sans avoir fait son enquête d’abord. Mon sang n’a fait qu’un tour. Lui, si doux et respectueux? Lui, que j’aime tant, avec qui j’ai été tellement patiente? Comment aurait-il pu ? Non, vraiment, c’est impossible.

En même temps, c’est rare qu’on le voie venir. Et puis, des « bons gars » qui ont trompé leur blonde, j’en connais une batch, une méchante batch ! N’importe qui peut faire ça, peu importe ce qu’il te dit, peu importe à quel point il t’aime, peu importe depuis combien de temps vous êtes ensemble.

La source était fiable, je sentais mon cœur se compresser, mes mains tremblaient. Du dégoût, de la colère, beaucoup de colère.

Je l’ai appelé tout de suite :

«  Il faut que je te voie, maintenant »
« Voyons, comment … »
« Maintenant, viens-t’en ! »

Son trajet a duré quinze minutes. Quinze minutes interminables où j’ai préparé mon discours. Je lui cracherai au visage, je lui dirai qu’il est un monstre. Je le renverrai chez lui aussitôt qu’il aura avoué. Je ne pleurerai pas, je serai de glace.

J’ai commencé mon speech et j’ai fait une pause au moment où il devait tout avouer.

Mais ce n’est jamais arrivé, il a tout nié. Il semblait réellement confus. Il m’a serré dans ses bras : « Je devrais surement te sortir un discours super bien rodé pour mettre mon innocence en valeur, mais je ne sais vraiment pas quoi dire, à part que je ne l’ai pas fait. Qu’est-ce que je pourrais bien dire d’autre pour me défendre. Demande aux gars si c’est pas assez, demande à qui tu veux, je sais pas. Je pensais qu’on se faisait confiance … »

En moins de deux minutes, je passais donc de la victime à l’accusatrice, à la paranoïaque-jalouse, à la fille qui manquait de confiance en elle.

Il a fini par partir, me laissant ruminer une foule de sentiments contradictoires, les yeux humides, le cœur en miettes. J’avais si peur, peur de le perdre lui, peur de me faire avoir, peur de ce qui se passerait par la suite.

Ça m’a pris cinq jours. Cinq jours avec mes meilleures amies à imaginer tous les scénarios possibles; pourquoi, comment, qui? Cinq jours de sommeil agité, de palpitations cardiaques irrégulières et d’enquêtes. Cinq jours où l’entièreté de ma relation amoureuse et même de ma vie a été remise en question.

Cinq jours au bout desquels je n’ai pu me résoudre à le quitter à cause de ces rumeurs. Parce que je l’ai choisi, lui. J’ai choisi de lui faire confiance au tout début et je dois maintenant honorer ce choix. C’est avec lui que je veux être et, malgré toute la méfiance que j’éprouve à l’égard de la gent masculine, malgré toutes les histoires d’horreurs que mes amies m’ont racontées et que j’ai moi-même vécues dans le passé, je l’ai choisi, lui. Peut-être que ce choix fait de moi quelqu’un de faible, une femme qui se met la tête dans le sable. Mais, je préfère penser que cette décision fait de moi une personne qui choisit de croire en l’amour et en son partenaire dans le combat quotidien de la vie.

En espérant que ce choix, ce soit le bon.

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Crédit photo 1 et 2

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