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On le trouve où?

amoureux

Personne ne nous avait dit que ce serait facile. Être tout simplement bien, bien avec lui, bien sans lui, simplement bien. Ces jours-ci, le matin, mon bonheur rime avec une journée de congé, un amoureux qui dort dans la chambre à côté, une tasse de café à la main, une revue à mes côtés et le bonheur d’écrire.

Mais avant, mes pensées les plus profondes, mes peurs les plus difficiles à surmonter résonnaient dans cette unique phrase : Mais où est-ce que je vais le rencontrer? Comment vais-je faire pour savoir que c’est lui?

En théorie, ma scolarité était terminée. Je n’allais donc pas le rencontrer dans l’un de mes cours. Ma meilleure amie m’avait suggéré de m’inscrire dans des équipes sportives, car le sport ça rapproche les gens. Mais comme j’ai l’agilité d’un éléphant dans un jeu de quilles, je crois que j’aurais fait fuir même le plus patient des princes charmants. Je n’allais tout de même pas me farcir une heure de pure torture pour lui. Elle m’a alors conseillé d’essayer de me trouver une activité que j’aimais réellement ainsi qu’un groupe avec qui la pratiquer. Bon, moi j’aime faire du shopping, lire, écrire, rire, et manger. Pas si facile de me partir un groupe de passionnés avec ces passe-temps.

La plupart du temps, lorsqu’on est envahi par un sentiment de peur, c’est qu’en réalité, ce qui se retrouve à nos pieds nous est totalement inconnu. Alors, je m’enlisais dans cette vie d’adulte en n’ayant aucune idée de l’endroit où j’allais le rencontrer SI je le rencontrais. Est-ce que j’en avais un qui m’était destiné? J’avais peur et honnêtement, ça m’angoissait.

J’ai essayé Tinder pendant un temps pour finalement réaliser que ce n’est pas cette application qui me permettrait de le trouver. Je me rappelle très bien que c’est une source de stress de se dire que peut-être on ne va jamais rencontrer quelqu’un de satisfaisant, que peut-être on va passer notre vie seule ou mal-aimée. Je me rappelle aussi que je ne parlais pas vraiment de cette peur, car la crainte de passer pour une personne trop intense, pessimiste et limite désespérée me dictait de me taire. Alors, je gardais ça pour moi en me disant que je devais être la seule à ressentir ça.

Par contre, la fois que c’est arrivé, que la magie a opéré, je n’étais pas tout à fait prête. Après avoir vu ce blogue pour lequel j’écris, il m’avait fait une demande d’amitié sur Facebook. Une demande que je n’ai pas refusée sans toutefois m’y attarder. Il ne m’a pas abordée immédiatement et, par la suite, cette nouvelle amitié s’est logée directement dans les oubliettes. À l’occasion, je constatais dans mon actualité quelques-unes de ses publications, ce qui entretenait le mystère, mais sans plus. Je n’avais aucune idée de qui il s’agissait sans toutefois avoir envie de jouer au détective.

Je me disais qu’il devait s’agir d’un gars de Tinder que je ne reconnaissais tout simplement pas. Au début du mois décembre, lorsque mon article Pour trouver, il ne faut surtout pas chercher a paru, il est venu me saluer et me dire que je rédigeais bien, qu’il aimait ma façon d’écrire. J’ai trouvé ça très gentil, mais je n’ai pas poursuivi la conversation. Je ne l’avais pas placé dans la banque des candidats potentiels. Ça ne faisait pas partie de mes scénarios. Comme quoi on peut être complètement aveugle parfois.

Par la suite, un soir où je m’emmerdais comme jamais, j’étais sur ladite application pour finalement le retrouver dans l’échantillon de population qui défilait sur mon écran. J’ai osé. J’ai osé un « J’aime », juste pour voir. Juste pour voir s’il avait un petit intérêt pour moi. Et oui, presque instantanément nous avons eu un match. Il a attendu et il a courageusement commencé une conversation qui s’est rapidement poursuivie sur Facebook.

Ensuite, les jours ont passé et l’aube d’un flirt s’est pointée le nez, l’horizon d’une date voyait le jour. Il voulait me rencontrer. On avait convenu de se voir un lundi soir. Comme il me lisait, il ne m’a pas proposé le traditionnel verre, mais plutôt une tasse de café, car il croyait que je ne buvais plus et ne voulait pas créer de malaise. De mon côté, je trouvais ça assez particulier comme rencard, mais bon, j’ai accepté. Par la suite, j’ai changé d’avis et je suis revenue sur ma décision. Je lui ai inventé une excuse bidon pour lui demander de remettre la soirée. Je n’en avais plus envie. Je n’étais pas dans le mood pour un autre flop.

Il a fait usage de persévérance et a tout de même continué à me parler sur Facebook. Je regrettais mon mensonge. Je voulais le rencontrer, ce petit bout d’homme. J’ai osé. Je l’ai invité à mon tour. Je me sentais déjà très proche de lui. Le jeudi soir venu, cette rencontre était sur le point de se concrétiser. J’étais déjà complètement attachée. Je l’ai vu. Je l’ai écouté. Je l’ai observé et je l’ai aimé.

Je n’aurais jamais pu imaginer faire la rencontre de l’homme de ma vie de cette façon. L’amour a pris naissance comme ça, à tout hasard. C’est ce qui me fait le plus peur. Je n’ai eu aucun contrôle. C’est juste arrivé. Donc, le contraire est tout à fait probable. Et ça peut ne pas se produire également. Il n’y a pas de façon de se sentir aussi comblée, de le trouver, d’attendre à la Saint-Valentin avec impatience. On ne peut pas le provoquer, ce bonheur. On ne peut pas se dire qu’on va tout tenter pour le trouver, cet humain, même si on est gentille, même si on est méchante, même si on se protège, même si on ose, même si on provoque les rencontres, même si on ne les provoque pas. Il y a certains événements, certains scénarios qui se dessinent drôlement sous nos yeux, comme ça, sans qu’on n’ait une once de pouvoir sur le résultat final. On est un peu comme des pions dans ce jeu de l’amour.

carolannbedardrondGabrielle-Bernier

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