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En bus, comporte-toé!

Quand j’étais jeune et qu’on avait une sortie scolaire, sœur Micheline (je viens d’un village où les religieuses étaient en bonne santé) nous répétait que si on ne faisait pas preuve de civisme, on allait rester tout l’après-midi dans l’autobus avec Jean-Guy, notre gros chauffeur. Et laisse-moi te dire, cher Crépu, qu’on avait intérêt à écouter, parce que sœur Micheline ne niaisait pas avec ça, elle, le respect.

Aujourd’hui, à 31 ans, même si j’ai une voiture, je prends le bus depuis cinq ans pour me rendre au travail. C’est économique, écologique et ça me laisse du temps pour relaxer. Je suis devenue une anthropologue du bus, une pro du RTC, et j’ai remarqué que certaines personnes auraient eu intérêt à croiser la route de sœur Micheline parce qu’il y a un certain laxisme côté civisme.

Je suis d’accord pour dire que lorsqu’on prend le transport en commun, on doit être capable de vivre avec les autres. Mais vivre avec les autres, ça veut aussi dire savoir vivre avec les autres. Et clairement, ce n’est pas un acquis pour tous. Je ne suis pas la reine de la bienséance, mais j’ai quand même réussi à identifier 10 comportements à mettre de côté quand tu prends le bus.

1. Tes orifices = ton intimité

Je veux bien croire que ton corps, c’est ton corps et que tu en disposes comme tu veux, mais si tu fouilles dans ton nez, tu utilises un mouchoir. Les rognures d’ongles sur le rebord de la fenêtre, c’est juste non, et vas-y mollo sur le parfum, parce 35 minutes à humer ton eau de rut, c’est long. Les règles d’hygiène personnelle, ça s’applique aussi dans les abribus… Ton crachat gelé sur le banc, c’est inacceptable, sauf si tu as une condition médicale particulière, OK

2. Mes couilles, my life

Messieurs, elles sont la prunelle de vos yeux et votre fierté, j’ai saisi. Mais quand même, je ne vois pas pourquoi je devrais me contenter d’un demi-siège ou d’une place debout pour que vos burnes ventilent. Un petit effort. On rapproche la famille.

3. Ton sac n’est pas une vraie personne

Je vais faire semblant que les pictogrammes qui tapissent les bus ne sont pas clairs et te l’expliquer en mots. Ton sac à dos, ce n’est pas une personne, même si tu l’aimes. Tu le mets sur toi ou à terre, parce qu’il prend l’espace d’un humain, d’un vrai.

4. Écouter de la porno

Vraiment, ça urgeait tant que ça?

5. La technophile

La technophile ne laisse jamais sa place : ni aux femmes enceintes, ni aux personnes âgées, ni aux personnes à mobilité réduite. Elle regarde son téléphone et ne lève jamais les yeux de peur de se transformer en digne représentant du savoir-vivre. La technophile utilise son téléphone comme un bouclier antisocial qui lui donne l’immunité de la courtoise. D’ailleurs, les mauvaises langues racontent que, si elle avait un tamagotchi, elle trouverait le moyen de nourrir ses 12 pixels pendant tout son trajet. Au fond, on le sait tous : la technophile, ce n’est pas un téléphone qu’elle devrait avoir, c’est un miroir pour se regarder.

6. La thermo-individualiste

La thermo-individualiste a chaud ou froid et utilise sa fenêtre pour ajuster sa température corporelle. Jusque-là, rien de dramatique. Toutefois, ça le devient lorsque ‒ pour ne pas déplacer ses cheveux ‒ elle conserve sa fenêtre fermée en pleine canicule alors qu’il y a 35 personnes debout qui suent du pinch.

7. La furtive

Au Québec, on entre dans le bus avec la technique entonnoir. Pas besoin d’une file bien ordonnée, on pousse et on finit tous par rentrer. Mais, dans le tas, il y a toujours un « dépasseur », et d’habitude, c’est un ou une quinquagénaire qui s’en fout pas mal que toi aussi tu aies ta journée dans le corps et que tu aies laissé passer trois personnes par courtoisie. Elle fonce comme un missile, elle veut une place, assise, évidemment.

8. La « sadomasocheveux »

Tes cheveux sont magnifiques, longs à en faire rêver les fabricants de rallonges, mais sais-tu qu’ils se transforment en fouet satanique lorsque l’on roule sur l’autoroute les fenêtres ouvertes? Les cheveux dans le vent, c’est beau dans les films. Dans la vraie vie, c’est une arme redoutable. Sois vigilant.

9. Les pieds précieux

Fais-moi confiance là-dessus, personne n’aime se mettre le cul dans la gadoue. Tes pieds, même s’ils sont royaux, c’est à terre.

10. En manque d’attention

La personne en manque d’attention, c’est l’inverse de la technophile, elle veut des amis et s’organise pour en trouver. Habituellement, elle jette son dévolu sur le chauffeur, qui, tel un barman, est forcé d’être agréable. Être sociable, c’est bien, mais il faut être capable de déceler une ouverture chez les autres.

Et toi, cher Crépu, tu as des ajouts à cette liste?

Par Josiane Vignola

Photo de couverture : source

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