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Un jour, mon enfant aura des relations sexuelles

Y’a pas de manuel qui vient avec le rôle de parents, et ce, même si on doit tout leur apprendre : à marcher, à parler, à bien manger, à partager, à être autonome et à prendre les meilleures décisions possible…

Parmi ces décisions, il y aura celles qui se rapportent au sexe. Parce qu’on ne peut pas juste parler de « faire l’amour ».

Tout n’est pas si simple. Si blanc ou si noir.

Il y a le sexe, la masturbation, l’orientation sexuelle, faire l’amour, expérimenter le sexe sous toutes ses formes (NONNNN! Mon cœur de mère ne veut même pas imaginer ce que ça peut impliquer) et aussi les ITS, la contraception, la grossesse.

Juste à les énumérer, je capote déjà. Je suis terrifiée, et je ne sais pas comment m’y prendre.

Devant l’importance et l’ampleur de ce sujet, j’ai juste envie de faire fast forward et de me rendre direct aux soupers hebdomadaires où je recevrai mon fils, sa conjointe et mes petits-enfants.

J’espère être capable de trouver les bons mots. Les bons mots pour l’éclairer, le guider et répondre à toutes ses questions de manière franche. Je voudrai sûrement éviter qu’il soit inconfortable ou gêné, même si c’est presque inévitable. Qui pourrait parler de sexe avec ses parents de façon libre et sans malaise? Même adulte, c’est un sujet que j’ai toujours évité avec mes parents. J’ai tu le droit d’espérer qu’un soir où l’on sera tous les deux disposés à avoir LA conversation, ça va se produire et que tout ira bien?

parler de sexe avec son parent

Avant de mettre la sexualité au rang des ennemis, j’aimerais discuter avec lui de ce que c’est de vivre une relation amoureuse saine et sans violence. On entend beaucoup parler des risques de la sexualité, mais très peu du plaisir et de l’amour. Je vais essayer de me rappeler à quel point les amours de jeunesse sont intenses : les étoiles dans les yeux, les mains moites, le cœur qui débat, la tête dans les nuages, la sensation de bien-être avec son kick du moment. Mon enfant a besoin de savoir que c’est beau l’amour et que vivre une sexualité saine est une expérience merveilleuse.

Seulement après ce passage, j’aborderais le sujet délicat de la contraception parce que, malheureusement, trop d’adolescents se croient à l’abri de tous les risques de la sexualité. La prévention des infections transmises sexuellement est essentielle, et si mon ado est actif sexuellement, je vais l’avertir que la monogamie réduit les risques, mais que la monogamie en série (plusieurs relations, mais un partenaire à la fois) ne le met pas à l’abri non plus (Oh boy, ma sexualité débridée me saute en pleine face en écrivant ça). Si j’avais une fille, la sensibilisation à la possibilité d’une grossesse non désirée serait aussi sur ma To-do list. Même si elle risquerait de me jeter son regard « ma-mère-est-tellement-poche » et de me shooter dans son langage d’ado : « Ben là, je le sais! »

condom

Je voudrais aussi lui parler de l’accessibilité à la pornographie qui se fait très facilement de nos jours et qui donne aux ados une vision erronée de la sexualité. Les statistiques montrent que la majorité d’entre eux, dès l’âge de 12 ans, regardent des films ou des images XXX gratuitement sur Internet et sur les téléphones mobiles.

Cela peut influer sur leur sexualité :

– Les garçons peuvent être angoissés à l’idée de devoir reproduire ce qu’ils y voient. Ils peuvent se méprendre sur la réalité et penser que faire l’amour est un rapport de domination.

– Les filles peuvent être amenées à penser que la vraie valeur de la féminité c’est de jouer le rôle de l’actrice porno ou, au contraire, d’être soumise à des pratiques qui sont loin de leurs désirs.

Ça y est, je suis toute à l’envers. Ma tête est pleine d’images que je voudrais rejeter.

Pour ce qui est d’aborder le sujet de l’orientation sexuelle, je pense que même les parents les plus ouverts d’esprit se sentent bouleversés face à l’annonce de l’homosexualité de leur enfant. Je vais essayer de partager avec lui mes sentiments et mes inquiétudes et être ouverte à son discours. J’espère en être capable. Je m’efforcerai de me rappeler que mon ado a présentement besoin de moi plus que jamais et que de se sentir épaulé par sa famille l’aide énormément à s’accepter.

En terminant, je me demande souvent « Est-ce que le fait de parler sexualité avec mon enfant l’influencera à avoir des relations sexuelles plus tôt? ». J’espère que non. Que mon ado fera preuve de jugement, se laissera guider par ses propres envies et saura s’ouvrir à moi ou à son père en cas de besoin. Parce que je sais que les discussions que nous aurons sur le sujet lui donneront les outils supplémentaires afin d’être en mesure de vivre une sexualité saine et responsable.

Mon cœur de mère a déjà fait 12 tours juste à écrire tout ça, pis je lui ai même pas encore parlé.

jennifermartinrondjoanieboutinrond

One thought on “Un jour, mon enfant aura des relations sexuelles

  1. mon expérience, j’ai 66 ans, je fais parti de la génération ou tout était permis, certes les parents ne nous on rien dit sur le sexe, il y avait pas de porno, juste des revues ou tout étaient flouée
    on à tout découvert tout seul, je vous assure ma première expérience ce n’est pas moi qui ai fait le premier pas, même si mon désir était très visible , je n’en menait pas large et comme tout c’est bien passé et que j’ai assuré, la on pense que l’on sait tout, mais la route est longue, et c’est la même chose pour les générations passées et à venir , un éternel recommencement, que de bons souvenirs, a 66 ans ce n’est plus la première chose à laquelle on pense, je préféré un bon restaurant, comme quoi les désirs évoluent.

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