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THE question

I'm fine

On va se le dire, j’suis pas dans la meilleure phase de ma vie, juste comme ça, pas trop de raisons, pas de décès, pas de séparation, une bonne job…  Mais j’sais pas, j’suis pas dans mon assiette. J’ai été un peu malade, mais rien de grave, des histoires de virus de garderie qu’on ramène à la maison et c’est tout. Peut-être un manque de sommeil aussi. Jeunes enfants obligent.

Mais je me suis faite poser THE question :

-Ça va?

-Ben oui toi!?

Et finalement, avec la face que j’avais, c’est-à-dire congestionnée extrême, la conversation a dévié et j’ai finalement avoué que ça faisait un mois que j’étais sur le cul. Mais c’est drôle, c’est juste à ce moment précis que mon interlocuteur a coupé court notre conversation. Peur d’attraper mon virus? Possible, mais ça semblait être beaucoup plus parce que je ne lui partageais pas juste du beau.

Ça m’a fait réfléchir. Quand on demande si ça va à quelqu’un, on s’attend à quoi? On veut quoi? Qu’est-ce qui se cache derrière cette question banale?

C’est devenu rien de plus qu’une formule de politesse? S’il-vous-plaît, merci, excusez-moi, après vous, ça va? Oui toi?

Ça m’emmène sur un autre chemin de pensée. Dans le fond, est-ce qu’on veut juste connaître le beau des autres? Pourquoi on s’attend à ce que l’autre nous parle juste de ce qui va bien? Parce que ce qui nous importe c’est sa façade? Si on ne le connaît pas trop, peut-être. C’est pas anormal. Mais en même temps, si on se sauve quand l’autre nous dit que ça va moins bien, c’parce qu’on s’en soucie pas trop. Alors quand on lui demande « ça va? », on le fait pourquoi? Pour être poli?

J’suis peut-être idéaliste,  j’me fais penser un peu à Miss Univers qui rêve de la paix dans le monde… Mais sérieusement, la fille passionnée de relation humaine en moi rêve d’un univers où l’on dirait « ça va? » et qu’on se soucierait de la réponse. Positive ou pas. Et je ne le dis pas parce que j’ai le goût de crier sur les toits que ça va so-so. Pantoute. Justement, j’ai pas trop trop le goût d’en parler. Mais j’me rends compte que quand je pose la question à quelqu’un, c’est que je veux vraiment une réponse et non pas une réplique de politesse. C’est peut-être pour ça qu’à la seconde où j’ai un « oui » qui ne me satisfait pas, j’essaie de creuser plus loin. « T’es sûre? Tu ne m’as pas convaincue! » Et si l’autre nous fait part du moins beau, c’est probablement qu’il se confie ou juste qu’il nous fait assez confiance pour croire en un peu de sympathie de notre part. Alors pourrait-on au moins lui en donner un minimum, sans tomber dans la lamentation ou le « plaignage » éternels. De toute façon, vous les connaissez vos interlocuteurs plaignards, « siphonneurs » d’énergie extrêmes et vous le savez comme moi, qu’à quelqu’un de même, on ne le demande pas si ça va!? Parce qu’ils ne vont jamais bien et que de toute manière, on va le savoir assez vite!

Mais une connaissance, un ancien ami, un collègue qui nous partage quelque chose de moins beau, un décès, une séparation, une maladie, me semble qu’il a le droit de s’attendre à un peu de compassion de notre part. Il en a peut-être besoin. On a beau vouloir se protéger, mais il faut aussi laisser une certaine ouverture pour connecter avec les autres. Mais il faut doser, comme dans tout. Et c’est ce que je dois apprendre à faire, car personnellement, je me bloque trop souvent pour rien. Alors au moins, cette conversation écourtée aura servi à quelque chose. Je sais maintenant qu’écouter avec empathie, c’est mettre un petit baume sur le bobo de l’autre. Ça coûte rien, mais ça fait du bien. Comme un chocolat chaud après une marche à -20.

Par Cyntia Roberge

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