Menu

La trentaine : quand faire de l’argent devient important

La fin de semaine dernière, je me suis rendue à Pont-Rouge, pour le shower de mon amie Sophie qui accueillera sous peu son premier petit bébé. Là-bas étaient réunies plusieurs amies de longue date que j’apprécie énormément et qui restent toujours aussi importantes, malgré la distance et les rencontres peu fréquentes.

Scénario assez prévisible : un beau dimanche après-midi, de jolis paquets aux couleurs pastel, une magnifique maison, des couples heureux, des enfants partout. Ça parle de bébés, ça parle de bedaine, de mariage et de rénovation de salle de bain.

Moyenne d’âge approximative : 34 ans (notez que les bébés n’ont pas été inclus dans le calcul)

Je suis donc entourée de jeunes professionnelles privilégiées qui sont TOUTES propriétaires de leur première, voire deuxième, maison. Elles sont carriéristes, elles visitent un nouveau pays une à deux fois par année et elles ont déjà probablement épargné l’équivalent de mon salaire annuel en REER (pures spéculations).

Soyez rassurés, mes amies ne sont pas du tout le genre à montrer à qui veut bien la voir, leur aisance financière pour s’en vanter. N’empêche que sur le chemin du retour, je me sens complexée. Je suis une mère célibataire de 33 ans, endettée, qui vit à Montréal dans un logement en coopérative à 500 $ par mois, et je fais mon épicerie avec une calculatrice. J’ai la brève impression que je suis en train de rater ma vie; je n’ai pas de conjoint, pas de bébé en route ni de mariage en vue (et ce n’est pas près d’arriver) pas de REER et je n’ai pas encore négocié de prêt hypothécaire.

Je ne suis pas de nature envieuse. Je ne rêve pas d’une grande maison en banlieue et j’aime vivre à Montréal. J’apprécie mon mode de vie dans la simplicité, et ma réalité n’est pas aussi pire qu’elle y parait. Mais parfois, la comparaison me fait douter de moi-même. Elle me fait réfléchir.

En quittant la maison des heureux futurs parents, complexée, je me suis remémoré la jeune Émilie insouciante que j’étais. À l’époque où j’ai eu à faire mon choix de carrière, j’étais bien trop tête en l’air pour réfléchir vraiment à ce qui serait un bon choix. J’ai choisi un métier où je pourrais aider les plus démunis. Et on va se le dire, bien que ce soit extrêmement gratifiant, ce n’est pas vraiment payant. Mais pour moi, à une certaine époque, cela n’avait pas tellement d’importance. Je me disais que j’arriverais quand même à payer les factures et qu’au moins, je ferais ce que j’aime.

Le fait est qu’il y a une tonne de choses que j’aurais aimé faire. J’aurais pu être médecin, pharmacienne, psychologue, ou même avocate. Mais je n’avais pas la persévérance qu’il fallait pour ça, j’étais bien trop nonchalante. J’ai abandonné pas mal tout ce que j’ai commencé, et je me suis endettée sans trop me soucier de la façon dont j’allais rembourser. Ce n’est que dans les dernières années que j’ai réalisé à quel point c’était stupide de penser que le facteur financier n’avait pas d’importance. Moi qui ai toujours voulu faire les choses à ma manière sans me faire dire quoi faire, je n’avais jamais réalisé que l’argent était aussi important dans l’atteinte de mon autonomie.

Je viens d’un milieu peu aisé, d’une région éloignée où faire de l’argent est rare et plutôt mal perçu. Comme si les gens qui faisaient de l’argent étaient de moins bonnes personnes. Comme si le fait d’avoir un gros salaire rendait les gens moins vaillants. Comme si les gens aisés avaient simplement eu la vie trop facile pour mériter ce qu’ils ont. J’ai grandi avec ce très répandu complexe : être né pour un petit pain. J’étais donc destinée à galérer pour le restant de mes jours.

Avec les années, j’ai changé mon état d’esprit et mes perceptions. J’ai rencontré plusieurs personnes inspirantes qui m’ont fait voir les choses autrement, qui m’ont convaincue que c’était possible de se sortir de ce cercle vicieux. J’ai eu la chance d’avoir sur ma route des gens qui m’ont amené à croire en moi et en mes capacités. Et depuis que j’ai passé le cap de la trentaine, j’ai un nouveau projet; je veux devenir prospère.

L’argent ne fait pas le bonheur, je le sais bien. Mais il permet tout de même un certain niveau de liberté. Je veux faire plus que simplement subvenir aux besoins primaires de mon enfant, je veux lui offrir des opportunités. Je veux lui montrer que tout est possible, que tout lui est accessible. Je veux aussi que mon fils soit fier, un jour, de voir sa maman accomplie, menant une carrière à la hauteur de ses ambitions. Je ne veux plus me mettre de barrière à cause de ce foutu sentiment d’imposteur qui m’habite encore trop souvent. Je rêve de devenir entrepreneure, de voyager, d’élargir mes horizons et ceux de mon garçon. Je ne veux dépendre de rien ni de personne.

Alors, mes chères amies pour qui j’ai énormément d’admiration (Sophie, Émilie, Ariane et Katie), je vous dis merci. Merci de m’inspirer. Merci de me rappeler à quel point c’est important de travailler dur et de s’acharner pour réussir dans le monde du travail en tant que femme. Merci de me ramener à ce à quoi j’aspire.

C’est mon nouveau statement et j’ai envie de le crier haut et fort : je suis une femme ambitieuse et je suis maintenant prête à l’assumer et à faire ce qui est nécessaire pour atteindre mes objectifs.

emilieouelletrondcatherine-jodoin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de