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Vivre ses relations amoureuses dans l’excès

gateau au chocolat

Voici l’une des phrases que l’on entend sortir de toutes les bouches de nos amies célibataires et que l’on a peut-être également utilisée plus d’une fois : « Ark, je ne suis plus capable de Tinder! » On en a tellement ras le pompon qu’on personnifie l’application. Elle devient un gros méchant loup qui nous fait ô combien souffrir.

Les personnes extrêmes qui s’écoutent beaucoup, comme moi, me comprendront. Je compare notre comportement à celui d’une personne qui se retrouve devant un beau gros gâteau au chocolat qui lui fait de l’œil depuis un bail. Lorsque vient le temps de nous couper une petite pointe raisonnable, nous préférons troquer notre bon jugement pour assouvir notre envie de dévorer le gâteau au complet. Donc, on s’installe sur le divan, on empoigne notre fourchette et on attaque le gâteau à même l’assiette de service. C’est un carnage. On le mange au complet, d’un trait, avant même de pouvoir ressentir les signaux de satiété qui nous ordonnent d’arrêter. Peut-être qu’à la mi-parcours, on était prise de remords, mais rapidement, on s’est rassurée tout en continuant en se disant que de toute façon, le mal est déjà fait. Aussi bien, donc, aller jusqu’au bout! Après, on a mal au ventre, on se sent mal, on regrette. On aurait aimé mieux faire les choses pour avoir la chance de déguster quelque chose de vraiment bon sans tomber dans l’excès. Mais le mal est fait. On a notre gâteau sur le cœur et on se dit, pour se réconforter, qu’on ne mangera plus jamais de gâteau, que demain, déjà, on reprendra les bonnes habitudes et que tout ça sera derrière nous.

Après chaque tentative d’utilisation adéquate de Tinder, je me sentais comme cette personne boulimique qui s’empiffre de sucreries. Au lieu d’avoir utilisé l’application raisonnablement, je foutais la merde chaque fois jusqu’à ce que ce ne soit plus possible de continuer. J’en venais donc à me dire, encore une fois : « Je supprime ça, Tinder! Ark! Ça ne sert à rien! Ce sont juste des fu*k top qui utilisent ça. Je suis bien seule. Bye là! » Et, plus ou moins un mois après, selon le temps que prenait mon amnésie à me faire oublier, je téléchargeais l’application à nouveau.

Au lieu de jeter la première pierre à Tinder, je la lance à nos comportements. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester aveugles devant les réussites de cette application. Il y a plein de personnes qui ont pu trouver l’âme sœur grâce à elle. Plusieurs belles histoires d’amour ont commencé avec une simple arrivée au resto : « Allô [ton nom]! Je suis content de te rencontrer enfin. » Non, les vraies coupables, ce sont nos actions, notre façon abusive d’utiliser la facilité pour nous cacher. Au lieu de nous concentrer sur une discussion à la fois et de voir en chacun des matchs un potentiel début à quelque chose, nous préférons butiner de conversations en conversations, nous perdre, nous cacher devant l’embarras du choix et ne plus nous souvenir à qui nous avons raconté notre aversion pour les chats. Au final, nous ne nous intéressons plus à la raison première pour laquelle nous avons téléchargé l’application. On préfère s’empiffrer de bon chocolat et se dire que cette fois-ci, c’est la dernière fois.

Je nous propose de prendre une pause de tout ça, de nous jeter la première pierre, de ne plus utiliser la facilité, de ne plus essayer où l’on sait pertinemment qu’on va échouer. Je nous propose de changer notre façon de nous alimenter, de faire nos rencontres. Apprenons à être raisonnables pour un jour avoir la chance d’apprécier ce pourquoi nous acceptons de tomber si souvent. Apprenons à prendre une bouchée à la fois, une portion à la fois, et à savourer le tout.

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