Menu

J’aurais dû…

Il y a longtemps, on m’a dit qu’« il est mieux d’avoir des remords d’avoir fait des trucs que des regrets de ne pas les avoir fait ».

Encore aujourd’hui, je tente de faire la lumière sur mon passé et j’essaie de faire la paix avec mes remords et mes regrets. Mais ce n’est pas si facile. Parce que c’est parfois difficile de les départager. Qu’est-ce qui appartient à l’une ou l’autre des catégories?

Un remord pour moi, c’est d’avoir choisi d’aller étudier en tourisme après être revenue d’un voyage de deux semaines en Floride à 16 ans. Puis de m’être tournée vers le métier d’éducatrice à la petite enfance par la suite.

Un regret, c’est de ne pas avoir eu le guts de m’exiler à Jonquière pour compléter le programme d’art et technologie des médias. Pas que je n’ai pas aimé étudier les grandes capitales et rêver de faire le tour du monde. Pas que je ne suis pas heureuse de faire une différence dans la vie des enfants dont je m’occupe. Mais aujourd’hui, et particulièrement depuis que j’ai la chance d’écrire pour La Fabrique Crépue, je regrette de ne pas avoir écouté mon cœur et fais taire la petite voix qui me disait de ne pas quitter le petit nid douillet que je m’étais façonné pendant 17 ans pour déployer mes ailes vers le Saguenay en quête d’autonomie et de compétences artistiques.

no regret

Un autre de mes remords, c’est ne pas avoir eu le cran de dire aux garçons qui me faisaient des avances que si je répondais à celles-ci, c’est parce que j’avais besoin d’affection. Parce que je n’avais pas confiance en moi et que je croyais naïvement que tout le monde me trouverait hot si je disais oui à tout et à tout le monde qui me trouvait cute.

Un regret : avoir adopté cette attitude qui ne m’a apporté qu’une réputation de fille facile et une confiance en moi facilement ébranlable.

Un remord : avoir parfois eu envie de dire « je suis désolée, tu avais raison » alors que j’avais tort.

Un regret : m’être obstiné même si j’avais tort, juste pour gagner mon point. Et perdre une personne parce que j’aimais mieux avoir raison qu’elle.

Tant qu’à continuer, je pourrais aussi m’exprimer en «  J’aurais dû »…

J’aurais dû écouter ma mère quand elle me disait que le temps arrangerait les choses.

J’aurais dû écouter mon père quand il me disait que le sport me ferait du bien (heureusement, ça, je l’ai compris par la suite).

J’aurais dû écouter mes professeurs qui me faisaient remarquer que j’avais du potentiel si je me donnais la peine de m’intéresser à ce qu’ils me disaient.

J’aurais dû répliquer à celles qui m’intimidaient, à ceux qui me faisaient de la peine.

J’aurais dû vaincre ma gêne pour aller aborder ce garçon plutôt que de demander à mon amie de le faire pour moi.

J’aurais dû partir avec mon sac à dos pour découvrir le monde et apprendre l’anglais, apprenant alors à me connaître en même temps.

J’aurais dû garder pour moi les nombreux secrets qu’on m’a confiés et qui ont blessé les personnes que j’ai trahies.

Je pourrais étendre sur 15 pages mes regrets et mes remords. Mais je pourrais en écrire 15 autres sur ce que j’ai appris de ces essais-erreurs. Parce que c’est ce qu’il y a de beau dans la vie, c’est qu’une expérience négative finit toujours par rapporter son lot de positif, même si c’est 10 ans plus tard. Maintenant, j’essaie de transformer mes remords et mes regrets en apprentissages.

Et toi, cher Crépu, as-tu des regrets?

no regret

jennifermartinrondArianelehouxrond

One thought on “J’aurais dû…

  1. on est a tous, mais en te lisant je m’aperçois que peu importe où on va il y aura toujours un pour et un contre à nous de modifier cet aspect.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de