Menu

Ma vie du haut de mon 6 pieds 1

La diversité corporelle

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours su que ma taille allait être l’objet d’une attention non réclamée, d’une curiosité malsaine. Déjà toute jeune, ma grandeur alimentait les commentaires déplacés des gens. J’étais trop grande pour passer Halloween, trop grande pour aller voir le père Noël, trop grande pour profiter des manèges de mon âge ou pour avoir une place à l’avant de la classe.

Aujourd’hui, à 31 ans, mon 1,85 mètre (6 pieds 1 pouce) dérange toujours. Je le sais à la dame qui me conseille de ne pas porter de talons hauts parce que je suis déjà trop grande, à cet homme qui me confie ne pas « aimer les femmes plus grandes que lui » et à celui qui souhaite réaliser son fantasme « de grande femme ». Je le sais aussi aux commentaires méchants de cette fille qui « ne verra rien » pendant le Festival d’été ou au gars qui me précise que je serais plus belle si j’étais moins grande.

Des commentaires, j’en reçois de toutes sortes, chaque semaine. Comprenez-moi bien, je ne cherche pas à m’apitoyer sur mon sort. Mon corps n’est pas parfait, mais c’est le mien. Je dois l’accepter du mieux que je peux, mais je dois avouer que c’est parfois difficile d’aimer ma silhouette lorsqu’on me demande « combien je mesure » dans les lieux et les situations les plus banals de ma vie. Je connais peu de femmes qui se font questionner sur leur poids par leur voisin de file en attendant de payer leurs céréales ou par des personnes nouvellement rencontrées dans un party.

Devant le concept de « diversité corporelle » qui nous est si cher, je me demande la place qu’occupent les grandes? Est-ce que le discours sur cette acceptation de soi devrait davantage prendre en considération la grandeur des femmes? Est-ce que je m’accepterais davantage si je pouvais me comparer plus facilement à d’autres qui présentent le même type de silhouette? Est-ce que l’acceptation, c’est juste entre les deux oreilles?

Depuis quelques années, je vois des entreprises émerger. On y met de l’avant des lignes de vêtements plus inclusives qui se targuent de s’adresser à toutes les femmes, peu importe leur poids. Je ne peux qu’encourager ce genre d’initiatives. Mais, est-ce qu’en tant que femme à la « taille marginale », j’y trouve mon compte? Rarement. Les vêtements sont généralement trop courts et les proportions inadéquates. Oui, certaines chaînes offrent des modèles plus longs, mais ils sont généralement plus coûteux et les commandes se font uniquement en ligne.

Évidemment, les enjeux de la diversité corporelle dépassent largement la mode ou la capacité de se trouver un pantalon assez long. C’est la capacité pour chaque femme (et homme) d’aimer son corps tel qu’il est, avec ses différences, en grandeur ou en grosseur. C’est utiliser son body comme un levier et non un boulet. C’est être considérée à sa juste valeur et non comme un phénomène de foire. Vraiment, j’espère que tous ces discours sur l’importance de la représentativité seront entendus et que les grandes seront incluses dans cette mouvance. Parce qu’aucune femme ne devrait avoir honte de son apparence. Aucune.

popupelisetetreaultrond

Image de couverture : Miss Beretta

4 thoughts on “Ma vie du haut de mon 6 pieds 1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2021. Tous droits réservés
Conception de site web - Effet Monstre