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Les utilisateurs de drogues injectables à Québec

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Cet hiver, j’ai eu la chance d’être en stage quelques semaines dans un organisme de la ville de Québec qui vient en aide aux utilisateurs de drogues injectables. Grâce à ce stage, j’ai réussi à me défaire de beaucoup de préjugés et j’ai pu comprendre davantage ce qu’ils vivent au quotidien.

Pour être honnête avec vous, ça me faisait un peu peur de travailler avec des toxicomanes au début. J’avais peur de me sentir intimidée, je ne savais pas comment j’allais réagir au contact de gens qui s’injectent des drogues (la méthode de consommation la plus dangereuse dans le milieu), mais une chose est certaine, j’étais passionnée par cette problématique.

Dès ma première journée, j’ai compris que derrière chaque personne ayant un problème de dépendance, il y a un humain.

Un humain qui souffre dans plusieurs cas.

Un humain qui a une histoire de vie difficile et qui a pu trouver dans la consommation la force pour rester en vie.

J’y ai rencontré des gens merveilleux, qui sont beaucoup plus que leur consommation. Cette expérience de stage m’a changée. J’ai été profondément touchée par l’histoire de vie de certains et leur résilience face à tous les aléas de la vie. J’ai été confrontée à des gens qui sont complètement désaffiliés socialement, des gens qui passent leur vie entre la rue et la prison. Il est impossible d’en ressortir intact.

Chaque soir, quand je revenais chez moi, je prenais conscience de la chance que j’ai d’avoir un appartement, de la nourriture dans mon frigo, d’avoir des loisirs et d’être en santé. Autant physique que mentale. Parce que ce n’est pas tout le monde qui en bénéficie. Je n’ai pas à combattre pour me savoir en sécurité, certains d’entre eux oui.

Pour certains, chaque jour est un combat. Ils doivent se trouver un endroit où  dormir, un endroit où manger, se trouver suffisamment d’argent pour subvenir à leurs besoins en termes de consommation. Entre vous et moi, je ne survivrais pas longtemps dans la rue. Certains y sont depuis leur adolescence !

Beaucoup d’entre eux sont atteints de l’hépatite-C, d’autres ont le VIH. Beaucoup ont une problématique de santé mentale en même temps que la présence de leur problème de consommation. C’est pourquoi l’existence d’organismes leur venant en aide est primordiale. Cela leur permet d’obtenir du matériel stérile, de ventiler quant à leurs problèmes de vie et d’avoir des renseignements à propos de tout ce qui les touche directement ou indirectement (ITSS, plaies, santé et services sociaux, etc.)

Depuis plusieurs années, le gros enjeu de ce milieu est l’ouverture d’un centre d’injection supervisé dans St-Roch. L’implantation d’un tel centre réduirait les risques d’overdose et permettrait aux utilisateurs de s’injecter de façon sécuritaire, avec du matériel stérile.

À ce sujet, je vous invite à visionner le documentaire intitulé « Pas de piquerie dans mon quartier », qui dresse un portrait très juste de la situation des toxicomanes de la ville de Québec.

Les consommateurs de drogues, il y en a dans toutes les couches sociales. Ils ne sont pas nécessairement dans la rue, mais tous méritent le respect et d’être traités dans la dignité.

J’espère avoir pu vous conscientiser un peu plus!

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Par Noémie Ouellet

Source photo: STOCK/SURDO KSENYA

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