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Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie

homosexuels

En ce 17 mai, nous célébrons la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie. Les événements survenus le 30 avril dernier, alors que deux hommes se sont fait tabasser simplement parce qu’ils s’embrassaient, nous rappellent que l’homophobie est encore d’actualité, même ici à Montréal. Et ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Gai Écoute reçoit au moins un appel par jour pour dénoncer un acte à caractère homophobe.

La première journée contre l’homophobie est lancée en 2003 par la Fondation Émergence. La date symbolique du 17 mai est choisie pour rappeler le retrait de l’homosexualité de la Classification internationale des maladies en 1990. Son but? Converger les actions de lutte contre l’homophobie et sensibiliser la population aux préjugés et à la haine qui persistent à l’échelle nationale et mondiale.

Historique des droits LGBT au Québec

En 1977, soit un peu moins de dix ans après la légalisation de l’homosexualité, le Québec devient le deuxième État dans le monde, après le Danemark, à interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.

Cela n’empêchera pas 400 personnes d’être arrêtées et brutalisées lors d’une descente policière au Sex Garage Part à Montréal, le 15 juillet 1990. Linda Dawn Hammond se rappelle le kiss-in pacifique qui a suivi : « 250 d’entre-nous étions cernés en plein jour par des policiers qui, devant les différents médias et des témoins, nous ont encore battus et […] 47 d’entre-nous ont été arrêtés. » Ces événements mèneront à des recommandations de la Commission des droits de la personne et la fondation d’organisations telles que Black & Blue et Divers/Cité.

En 2005, le Canada devient le troisième pays au monde, après les Pays-Bas et la Belgique, à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe. Le mouvement prend de l’ampleur à la suite de la Déclaration de Montréal sur les droits humains des LGBT à l’occasion des premiers Outgames mondiaux, en 2006. Enfin, en 2009, le gouvernement du Québec adopte une politique de lutte contre l’homophobie afin de favoriser la reconnaissance sociale des droits des personnes homosexuelles et transgenres.

Les droits des LGBT dans le monde

Bien que nous assistions à une avancée importante des droits, une soixantaine de pays condamnent toujours l’homosexualité. Encore aujourd’hui, être homosexuel peut vous mener jusqu’à la peine de mort dans 12 pays. On observe également un recul avec l’adoption récente de lois discriminatoires en Afrique et en Russie.

En mai 2015, le Yes Irlandais a su ranimer le débat en Europe, principalement en Allemagne, où seule l’union civile est permise. Or, même dans les pays qui reconnaissent le mariage pour tous, telle que la France, l’homophobie demeure une réalité surtout en ce qui a trait à l’adoption homoparentale et à la transsexualité. Un vote historique a lieu en avril 2015 alors que le Conseil de l’Europe a interpellé les États à agir contre la transphobie. Un an plus tard, la France s’oppose toujours au changement d’identité de genre pour les individus qui ne désirent pas subir un changement de sexe physique.

Bien que les États-Unis autorisent le mariage gai depuis 2015, le Mississippi et la Caroline du Nord ont récemment mis en place des mesures discriminatoires qui ne sont pas sans rappeler l’époque de la ségrégation raciale. Et que dire du discours de Trump qui ne fait qu’alimenter l’intolérance et la haine envers les minorités?

La dépénalisation de l’homosexualité ne met pas fin à l’homophobie

La situation actuelle montre qu’une fois la reconnaissance légale faite, il reste encore beaucoup à faire avant d’atteindre une réelle reconnaissance sociale. Certaines mentalités tardent à changer. Citons entre autres le Vatican, qui a qualifié le Yes irlandais de « défaite pour l’humanité », ainsi que la vidéo Un homme, une femme, publiée par les Témoins de Jéhovah il y a quelques jours.

Certains préjugés persistent, surtout à l’égard des femmes. La lesbiophobie va au-delà de la discrimination sur l’orientation sexuelle, elle s’insère dans une vision sexiste de la femme. Combien de fois avez-vous entendu que les lesbiennes étaient des frustrées, des victimes d’agressions sexuelles ou encore des moches qui se sont tournées vers les femmes car aucun homme ne voulait d’elles?  Encore trop peu de personnalités s’affichent ouvertement en tant que lesbiennes sur la place publique québécoise, ce qui laisse très peu de modèles auxquels s’identifier. Et que dire des bisexuels? Omniprésente au cinéma, la bisexualité est très peu visible en société. C’est à croire qu’elle n’existe pas. Plusieurs pensent encore que la bisexualité n’est qu’une transition entre l’hétérosexualité et l’homosexualité ou une phase d’expérimentation temporaire.

Si l’homosexualité est généralement bien acceptée au Québec, la transsexualité reste un sujet tabou qui suscite malaise, questionnements et parfois même de la haine. Le 2 mai dernier, une clinique spécialisée en réassignation sexuelle d’Ahuntsic a été incendiée par un homme armé d’une hache. Pourtant, le Service de police de la Ville de Montréal hésite à qualifier le crime d’acte transphobe.

Lorsque ma sœur a annoncé qu’elle souhaitait devenir un homme, un million de questions se sont bousculées dans ma tête. C’est tout à fait normal d’en avoir. Mais au fond, qu’est-ce que ça change? L’important c’est qu’il soit heureux et bien dans sa peau ENFIN. N’avons-nous pas tous droit au bonheur et au respect? Comme l’a si bien dit Judith Lussier, en faisant référence au débat sur les toilettes mixtes et les coûts que cela engendrerait, pourquoi « tant de questions qui semblent soudainement si cruciales avant de permettre aux personnes trans de pisser en paix? »

Les droits LGBT sont la nouvelle frontière des droits de l’homme. Ils regroupent notamment le droit à la vie, à la protection contre toute discrimination, à la liberté d’expression et à la vie privée.

Il est grand temps d’apprendre à aimer et à accepter les autres pour ce qu’ils sont : des êtres humains tout comme vous. Parce que le vrai luxe, c’est d’être soi-même, et ce, peu importe votre orientation, votre sexe ou votre identité de genre. Vous êtes tous fabuleux!

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*Photo de couverture prise lors du kiss-in du 9 mai dernier en réponse aux événements du 30 avril survenus à Montréal (Crédit : Josée Desmarais pour le journal Métro)

Sources :
Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie
Global gay : comment la culture gay a changé le monde
The state of gay rights around the world
LGBT Rights Around The World
La lutte contre l’homophobie au Québec
Union civile homosexuelle : l’Italie dit oui
Le droit des transexuels à changer d’identité fait débat
Des ségrégations anti-LGBT légalisées aux États-Unis

MARTEL, Frédéric. Global gay : comment la culture gay a changé le monde. Flammarion, 2013, 347 p.

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