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L’online paradoxe…

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Je passe la majorité de mon temps online. Vous allez dire, que j’ai pas de vie, que je suis so plate pis full accro. Pis ben oui, un peu. Sauf qu’être online, ça veut aussi dire ne pas être offline, vous comprenez? Dans le sens de, quand je « quitte » Facebook, je le quitte pas tant, je le délaisse. Pour vrai, je connais pas grand monde qui se « déconnecte » des réseaux sociaux POUR DE VRAI. Tu es sur ton fil d’actualité, tu vas sur ta messagerie de téléphone, tu vas sur Google chercher un truc, pis tu fermes ton cell. Tu fermes jamais Facebook, t’es jamais déconnecté.

Je parlais de ça, y’a un an peut-être, dans un séminaire à l’Université. On venait de lire l’article The IRL Fetish de Nathan Jurgenson, qui parle entre autre, de la relation des Millenials avec le offline. Genre, dire : « Je suis hors de ça, moi, les réseaux sociaux, je re-cherche le offline, je préfère les vinyles au son des mp3, les machines à écrire aux ordis, la photo argentique au virage numérique », ça te place autant en relation avec le problème qu’est l’internet ou la technologie. En fait, le problème est là, bien présent, et il faut se positionner dedans, ou pas. Si tu es adepte de vinyles et de polaroids, mais que dix secondes plus tard tu vas poster tes achats, ton art, tes impressions sur Instagram, ben t’es comme un peu dans un paradoxe. Avoue qu’on se sent de même souvent.

Ben en fait non, pas tout le monde, beaucoup de monde trouvent qui en a trop des hippies, oui, du monde qui fuient leurs fils d’actualité.

Je suis une tardive facebook-addicted. Je suis rentrée là-dedans en me disant pourquoi pas, je quittais le secondaire, je voulais pas perdre de vue certaines personnes.

Quand je me suis inscrite, ça a fait rire certains amis qui criaient : ENFIN, ARI ARRIVE EN 2008 (ou une date de même). Pis je riais aussi de ça. Je me disais ben oui toi, je suis sur Facebook, hiiiiiiiiiii. Mais ça allait encore, parce que j’allais seulement y passer quelques heures en revenant du cégep, le soir. Puis de l’Université, parce que non, je n’avais pas encore de cellulaire à 22 ans. J’habitais la banlieue avec des parents aimants pis avec qui j’avais une bonne relation. Mes sous, je les utilisais pour voyager t’sais, la belle vie de jeune vie d’adulte là. Sauf qu’après mon déménagement du nid familial, il a fallu que je m’achète un téléphone. Pis ben oui, ça a été un cellulaire.

J’ai vécu un bon moment sans application, parce que j’avais un petit Samsung cheap. Si je voulais me connecter à Facebook, fallait que j’écrive le nom de la compagnie, que j’entre mon courriel pis mon mot de passe À CHAQUE FOIS. Pour moi c’était normal, c’était comme ça que ça marchait… Pis ben oui, j’ai changé de téléphone parce que l’autre p’tit est mort. J’en ai eu un sur lequel j’ai installé Instagram, Snapchat, Tinder, pis ben oui, (c’tune rengaine incessante je l’sais) Facebook. À partir de ce moment-là, je suis entrée dans une roue que je trouve infernale. Ben infernale parce que « osti » que ma vie a changé depuis, mais pour le mal ET le bien.

Je suis toujours online. Y’a du monde offline pour vrai, chapeau, ou ben vous avez peur de tomber dans l’enfer, ou ben vous avez vraiment des valeurs humaines très très fortes, ou ben vous êtes trop pauvres pour avoir un appareil qui permet l’accès à Internet gratuitement, ou ben je sais pas, vous habitez dans jungle ou de quoi. Je vous respecte c’est nice. Pour de vrai là.

Moi, le faire tout le temps, t’sais mimer le Facebook suicide, ben populaire à la fin de mon cégep, je pense que je suis pas full capable. Parce qu’à quelque part, donner autant d’importance à un refus des réseaux sociaux, c’est un peu vivre dans le « passé ». C’pas une insulte-là, c’t’un fait. Faut au moins avoir eu la curiosité du phénomène. Même ma mère a succombé. Elle y va jamais, mais elle y trouve des avantages. Elle voit les gens qu’elle aime poster des photos. Elle fait des facetimes, elle re-devient amie avec de vieilles connaissances.

Après, si quelqu’un essaye pis qui trippe pas, je lui en veux pas non plus, mais j’ai de la misère avec ceux qui jugent le monde parce qui sont « branchés ». Qui ne l’est pas? Et surtout, plus ça ira, plus les jeunes le seront tôt. Faut pas vivre dans le déni de la technologie non plus. Jurgenson le disait dans son article : « Hanging out with friends and family increasingly means also hanging out with their technology. While eating, defecating, or resting in our beds, we are rubbing on our glowing rectangles, seemingly lost within the infostream. ». T’sais c’est vrai que je fais caca en regardant des vidéos d’enfants qui chantent donc ben bien l’opéra à The X-Factor… Des fois même je pleure, assis s’a bol, de voir comment y’a du monde fins dans le monde. Pis toute ça, j’y penserais pas nécessairement si j’étais pas sur Facebook. Je serais probablement plus du type intellectuelle, accolée aux ouvrages de vieux pets influents et respectables dans mon milieu. Mais non. Je suis un peu ça, mais je suis pas juste ça.

Je veux aussi savoir le live, connaître le now, l’éphémère, le présent, le « allo coucou vite vite ». Parce que oui, les médias, le milieu intellectuel et artistique qui se transforment lentement vers le plus accessible, le plus numérique, ça permet aussi de partager à plus grande échelle, ça permet aussi au message de ne pas croupir dans le fin fond d’une vieille bibliothèque, richissime et inaccessible à la grande majorité de la population…

So, partagez ça.

Ariane LessardAlice Arsenault

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