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Prendre le temps

Le temps, le temps, le temps et rien d’autre, le tien, le mien, celui qu’on veut nôtre – Le temps, Charles Aznavour

Quand je suis arrivée en Gaspésie, j’ai dû m’adapter à plusieurs choses. Je me souviens que je me répétais souvent que le temps était plus lent ici. Certaines personnes diront que c’est vrai, d’autres pourront prouver le contraire, mais là n’est pas la question. Ce qui est certain, c’est que la Gaspésie m’aura amenée à prendre mon temps.

Prendre son temps… C’est pratiquement un acte marginal, quand on pense que tout va tellement vite aujourd’hui : les relations, les communications, les modes, les technologies et pas mal tout le reste… Le temps nous dépasse parfois (« j’ai pas le temps », « je cours après le temps »), mais il est souvent un grand allié (« le temps fait bien les choses »).

Quand on parle de relation ambigüe avec le temps, je ne fais pas exception! Je me laisse souvent emporter par mon propre tourbillon. Mais, de plus en plus, je me donne le droit de prendre mon temps, même d’être lente et d’imposer mes limites en ce sens. Et plus ça va, plus j’ai envie de prendre mon temps, surtout pour certains aspects de ma vie.

Prenons le travail. Oh, de l’ambition, j’en ai! Mais j’oublie souvent que je suis au début de ma carrière, que c’est le temps de prendre du temps pour maîtriser mon art, certaines techniques, pour expérimenter… Pas que ce ne le sera pas plus tard, mais (et je sais que certains se retrouveront là-dedans) on voudrait tellement que les choses aillent plus vite des fois! Sauf que, justement, des fois, c’est peut-être pas encore le temps…

Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui – Paul Morand

Cette phrase-là, je l’ai vue à la brasserie Cantillon en Belgique y a quelques années, pis c’est aujourd’hui que ça trouve écho en moi. La brasserie n’a pas changé depuis sa fondation en 1900. Y a des tonneaux plus que centenaires, personne n’a touché aux toiles d’araignées ni à la poussière… La réputation de l’endroit s’est bâtie petit à petit et, encore aujourd’hui, une foule de visiteurs s’y rendent chaque année.

J’y repense et je trouve ça symbolique : y a des vins, des bières, des produits alcoolisés qui sont à leur meilleur après des années. Parce qu’on a permis au temps de faire son œuvre.

J’imagine que ça s’applique aussi à la vie : prendre le temps, suivre son rythme (qui va sûrement changer de temps en temps), ne pas sauter d’étapes, être patient, mûrir…

Emilie T. HamonAlice Arsenault

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