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Regardez-moi, je possède

riche

Être et avoir sont sans doute les deux verbes les plus fréquemment utilisés dans le vocabulaire quotidien de Monsieur et Madame Tout-le-monde. « Je suis comme ça », « j’ai ça ». Plus le temps passe et plus je remarque qu’aux yeux des gens, ces termes semblent bien souvent avoir un lien direct l’un avec l’autre.

Étant moi-même une fidèle utilisatrice d’Instragam, il m’arriver de stalker certains comptes une ou plusieurs fois par mois (j’ai aussi une vie, je sors dehors et je travaille). Au fil du temps, je me suis rendu compte que les utilisateurs d’Instagram ayant un nombre élevé d’abonnés sont souvent ceux qui affichent leurs nombreuses et coûteuses possessions. Au fond, je ne pense pas que ce soit particulièrement mal d’avoir les moyens d’ajouter tous les nouveaux accessoires mode à sa collection, au contraire, sauf que la question qu’il faudrait pouvoir se poser est : « Ouin, pis? Ça change quoi? » Est-ce que le fait de posséder des choses devrait me caractériser en tant que personne? Pas tant, finalement.

J’ai grandi dans une famille où l’on m’a appris que l’important n’est pas d’avoir, mais d’être, et que les deux ne viennent pas ensemble. Tu pourrais posséder toutes les plus belles choses de la terre, mais si tu n’as personne avec qui les partager, ça ne vaut rien. Pourquoi, alors, certaines personnes accordent-elles tant d’importance à ce qu’elles ont plutôt qu’à ce qu’elles sont? Pourquoi, en tant qu’êtres humains, on ressent encore le besoin de se montrer pour sentir qu’on compte pour vrai, qu’on est quelqu’un? Bien souvent, les médias sociaux me déçoivent. Bien qu’ils soient un excellent moyen de communication, on s’en sert pour projeter une image de nous qui nous plaît et qui saura plaire aux autres, une image parfois tout à fait différente de la personne que nous sommes, mais pas nécessairement mieux. Ce qu’il nous restera, dans 40 ans, ce n’est pas le matériel, mais ce que l’on voit avec autre chose que nos yeux. Je rêve d’un monde où on prendra le temps de manger au resto en jasant au lieu de prendre des photos de notre repas (c’est aussi un défi pour moi). Je souhaite une vie où on ne ressentira pas le besoin de publier chaque nouvel achat, chaque sortie et chaque nouvelle coupe de cheveux. Je rêve qu’un jour on vive une vie réelle, au-delà des frontières du virtuel, une vie qui nous plaira pour vrai.

Laurieannetremblayrondmarieandreecaron

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