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Les OGM : faut-il s’en inquiéter?

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) trouvent souvent le moyen de nous intimider de par la tournure complexe que prennent les divers niveaux du débat que nous présente l’actualité. De ce fait, l’importance d’éduquer et de sensibiliser les masses, de sorte à créer un public averti et qui pense par lui-même, est palpable. Le gouvernement n’aimera pas ça, mais c’pas grave! Ainsi, cet article tentera en vain de vulgariser et d’illustrer les principaux aspects à prendre en considération lorsqu’on souhaite comprendre l’univers des OGM et ce qui se passe depuis leur tendre naissance.

OGM
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Le commencement…

À l’aube des années 1990, les recherches en laboratoire en matière d’organismes génétiquement modifiés étaient très effervescentes. En 1994, on voit apparaitre, pour la première fois, dans les supermarchés américains, la tomate Flavr Savr, plus résistante au pourrissement, soit le premier aliment transgénique à être commercialisé. Ce produit de la société Calgène a rapidement été retiré du marché, en 1996, en raison de grands échecs de vente provoqués par un prix trop élevé ainsi que par ses qualités organoleptiques insuffisantes (elle n’était pas plaisante en bouche). Peu après, c’est le bien connu géant alimentaire Monsanto qui s’est chargé de reprendre Calgène et de continuer le travail avec, constatons-le aujourd’hui, beaucoup plus de succès économiques.

 

Monsanto
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Un OGM, mais encore?

Vite de même, ingérer un OGM n’est rien d’autre qu’un microscopique morceau d’ADN déjà existant dans la nature. À la base, les modifications génétiques ont toujours existé sous la forme de phénomènes naturels. Les plantes, par exemple, n’ont pas besoin de recourir à l’homme pour échanger des gènes. On estime même qu’un tiers des espèces vivantes sont le fruit d’hybridations naturelles.

Si l’on retrace l’histoire du règne vivant, depuis les derniers quatre milliards d’années, un brassage naturel de gènes a engendré exactement ce que Darwin a su observer au cours de son périple aux îles Galápagos sur le Beagle, soit une sélection naturelle de gènes qui apportent des avantages sélectifs chez une espèce, la rendant plus apte à survivre. Or, si l’on suit cette logique, nous sommes tous des organismes vivants génétiquement modifiés, conçus pour s’adapter au changement au risque de s’éteindre. En ce sens, la recette magique élaborée par Monsanto dans la mise en œuvre de ses semences OGM devrait plutôt être définie comme l’usage d’organismes artificiellement modifiés puisque le fruit des hybridations créées en laboratoire est loin d’être sans conséquences, les résultats contre nature ne pouvant être niés.

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Matière à inquiétude…

Sur le plan économique, Monsanto détient, pour chaque gène injecté dans ses semences, un brevet. Ben oui! Quand tu possèdes un montant d’argent ahurissant comme Monsanto, tu peux t’approprier légalement des gènes déjà existants en nature, tout cela en prétextant détenir la solution pour résoudre le problème de faim dans le monde… Je call bullshit! Ainsi, si tu es un agriculteur bio, et qu’une semence issue des laboratoires de Monsanto a le malheur de se poser sur tes terres, et rapidement les envahir parce qu’elle est tellement boostée aux stéroïdes, tu es à risques de belles et longues procédures judiciaires si tu ne te plies pas aux moindres désir du détenteur du gène. Si ce type d’injustices flagrantes vous anime, je vous invite à vous renseigner sur l’affaire Percy Schmeiser (ICI).

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Si l’on regarde du côté sanitaire, peu d’études disponibles au public démontrent les risques accrus pour la santé que représentent les OGM, mais je vous encourage à préserver le bénéfice du doute. D’abord, la majorité des transgènes utilisés dans les produits génétiquement modifiés de multinationales ne sont pas issus de nos produits alimentaires de base. Cet aspect a conduit à des évaluations éthiques et sanitaires rigoureuses, faites à l’abri des consommateurs trop souvent laissés dans l’ignorance. Si je vulgarise au maximum, un gène issu de l’anus d’un castor pourrait très bien avoir été utilisé pour donner du oumpf aux plants de tomates que tu as tout naïvement planté dans ton jardin.

En ce qui concerne les enjeux environnementaux liés aux OGM, les ravages ne sont plus à prouver. Si plusieurs pays en voie de développement font objet de terrain de jeu idéal pour les expérimentations complètement anti-éthiques de Monsanto, cette réalité amène plusieurs États, tels que l’Égypte, berceau humanitaire du blé, à craindre pour la survie de leurs espèces agricoles originelles. Ce que plusieurs chercheurs qualifient de pollution génétique, pour parler du flux de gènes qui se propagent dans nos écosystèmes, est en train d’appauvrir de manière dramatique la biodiversité mondiale.

Dans le même ordre d’idées, je dois inévitablement vous parler du Roundup Ready, le pesticide d’excellence créé et utilisé par Monsanto, un pesticide (abominable) qui tue tout, sauf les semences OGM également créées par ce géant alimentaire.

Si l’on revient à la théorie de sélection naturelle de Darwin, il faut se rappeler que ce ne sont ni les plus forts ni les plus intelligents qui prospèrent, mais bien ceux qui exercent un potentiel d’adaptabilité aux changements environnementaux en évoluant phénotypiquement en conséquence, et en se reproduisant de façon massive pour favoriser les probabilités de survie de leur espèce. Ceci étant dit, il me semble naïf que Monsanto n’ait pas envisagé cet effet assez prévisible à long terme sur les plantes parasitaires qui se définissent par leurs capacités de résilience extrêmes; elles trouveront bien une manière de défier ce pesticide toxique, résultant en une catastrophe écologique massive. Le Roundup est également le principal responsable de la décroissance drastique des populations d’abeilles et autres insectes polinisateurs, essentiels à l’équilibre des écosystèmes et à la prospérité agricole.

Ainsi, entamer un sujet aussi costaud en si peu de mots a été un défi de taille. J’espère toutefois avoir mis sur table suffisamment d’informations pour vous permettre de suivre plus activement les débats gravitant autour des OGM, et d’avoir un regard plus critique à l’égard des aliments consommés au supermarché.

Je vous laisse ICI le lien vers un documentaire que je recommande de tout cœur et qui s’intitule La guerre des graines (pour les esprits tordus, le documentaire ne traite en rien d’organes génitaux).

catherinekrondmarieandreecaron

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