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Harry Potter et l’enfant (le roman) maudit

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La saga Harry Potter s’est achevée avec le septième tome, Les Reliques de la Mort, en 2007.

Imaginez donc la surprise que j’ai eue lorsqu’on a annoncé une suite à cette série, sous la forme d’une pièce de théâtre.

Je me suis alors dit : méfiance.

Et aujourd’hui, j’ai pleuré en terminant la lecture du script de ce huitième épisode. Malheureusement, ce n’était pas des larmes de joie.

Commercialisé comme étant le « huitième épisode » de la saga, il ne faut pas oublier que Harry Potter and the Cursed Child est d’abord et avant tout une retranscription des dialogues de la pièce de théâtre du même nom, qui demeure pour l’instant exclusive au Royaume-(encore)Uni. Il s’agit donc d’une expérience de lecture incomplète, le côté visuel étant manquant. Mais tout de même, puisque le livre arbore le titre de l’élu, je me suis quand même empressé d’aller faire la file le soir du lancement en espérant que cela en vaille la peine.

Voici donc mes pensées (que j’ai pris le temps de noter) tout au long de ma lecture. Pour ceux qui n’ont pas encore lu l’ouvrage, arrêtez-vous ici, spoiler alert!

Première scène : Wow, ils ont repris la scène finale du septième tome avec les deux fils d’Harry, James et Albus! C’est vraiment nostalgique.

Page 49 : Ok, ces gosses sont déjà en quatrième année? Woah, ça va vite.

Page 122 : Harry est en train d’insulter Professeur McGonagall. Le même Harry qui a attaqué un mangemort parce que celui-ci avait craché sur McGonagall dans le dernier tome.

Page 168 : Je suis content de revisiter le Tournoi des Trois Sorciers, mais… Cédric Digorry qui devient un mangemort? Ce gars-là est un Poufsouffle!

Page 249 : Je suis officiellement du côté de Draco, adieu Harry.

Dernière scène : Mais qu’est-ce que c’est que cette fanfiction exécrable pour laquelle j’ai payé 30 $ plus taxes?

Bon, vous pouvez voir que ça s’est dégradé au fil de ma lecture.

La trame narrative est divisée en quatre actes, suivant l’histoire d’Albus Severus (le fils d’Harry) et Scorpius (le fils de Draco) à partir de leur première année à Poudlard. L’intrigue principale tourne autour d’un mystérieux retourneur de temps qui aurait survécu à la purge lors de la bataille du Département des mystères (Harry Potter et l’Ordre du Phénix). La quête, elle, consiste d’abord à sauver Cédric Diggory, l’étudiant qui a péri aux mains de Voldemort lors du Tournoi des Trois Sorciers (Harry Potter et la Coupe de Feu). Albus et Scorpius retournent donc des dizaines d’années en arrière à l’aide du retourneur de temps afin d’empêcher la mort de Cédric. Mais là, surprise, le monde « présent » a changé. Harry est mort, Voldemort règne sur la planète, et les détraqueurs courent les rues.

Le scénario vous semble un peu trop kitsch? Moi aussi. À son état le plus simple, ce n’est qu’une énième version de « l’effet papillon » souvent exploité chez Hollywood. Mais cette faiblesse constitue aussi l’une des grandes forces de ce livre, celle de nous faire revivre des scènes que nous avons déjà visitées dans les livres précédents, mais d’un autre point de vue. La dernière scène du tome 7 à la plate-forme 9 3/4 par exemple. Ou les trois épreuves du Tournoi des Trois Sorciers. Ou encore la tristement célèbre soirée d’Halloween dans laquelle ont péri James et Lily. Revisiter ces moments profondément gravés dans notre mémoire, c’était une chance formidable. De plus, l’auteur a ajouté plusieurs clins d’œil aux sept derniers tomes : revoir Hermione qui réprimande Harry de ne pas avoir fait ses « devoirs » ou goûter à nouveau la rivalité entre Harry et Draco, c’était de beaux moments.

Ça, c’était les points positifs. Passons maintenant aux points un peu moins positifs. Vous êtes prêts?

Bon. D’abord, la reprise d’anciennes scènes est faite de façon super maladroite. Dès le premier acte du livre, censé être une réplique exacte du dernier chapitre du tome 7, on remarque des incohérences : James vole une réplique qui était destinée à un autre personnage. Ok, un petit accrochage, on peut pardonner. Mais ce qu’on ne pardonne pas, c’est la refonte complète de toutes les personnalités de nos protagonistes, à tel point qu’on ne les reconnaît plus. Harry est passé d’un sweetheart à une espèce de père démoniaque qui dit à son propre fils : « Parfois, j’aurais aimé que tu ne sois pas mon fils ». Ron est passé du statut de personnage principal à un comic relief. Rogue, lui, s’adresse aux autres par leur prénom : « Il est sain et sauf, Ron » et perd tout son caractère froid et complexe. La professeur Mcgonagall, elle, se fait intimider par tout le monde (ça me semble insensé d’écrire ça, mais c’est vrai) et elle ne fait rien! Et Voldemort qui couche avec Bellatrix pour concevoir un enfant (dont elle accouche juste avant la bataille de Poudlard)… c’est une catastrophe.

Et c’est sans parler des nombreux plot holes que je n’arrive même plus à compter sur les doigts de ma main. La maison de James et Lily est supposé être protégé sous le charme de fidelius, donc invisible à l’œil nu, mais lors d’un voyage dans le temps, Albus et Scorpius parviennent à trouver la maison en question.

Alors que dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, le retourneur de temps garde ses utilisateurs dans le même monde, dans ce huitième opus, chaque voyage dans le temps les amène dans un nouveau monde.

Vous en voulez encore? La cicatrice d’Harry qui brûle et lui-même qui se met à parler fourchelang à nouveau (la langue des serpents) alors que l’horcruxe à l’intérieur d’Harry est détruit depuis vingt-trois ans.

En définitive, je me demande si l’auteur a pris le temps de relire les sept (vrais) tomes de Harry Potter avant de se lancer dans cette fanfiction. Ou s’il les a déjà lus tout court.

Peut-être a-t-il oublié la dernière ligne : « Harry se réveille et réalise tout ça n’était qu’un rêve ».

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Par Foan Song

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