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Aux femmes qui m’ont changée

Cet été, j’ai eu la chance de passer 12 belles semaines de stage dans une maison d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale.

J’ai vécu toutes sortes d’émotions, j’ai rencontré des femmes toutes aussi intéressantes les unes des autres et des intervenantes formidables aussi. J’ai été touchée plus d’une fois par les histoires, le vécu et le cheminement des femmes seules ou mères de famille. J’ai été heurtée par des divergences d’opinion. J’ai eu mal, mal de voir jusqu’où l’homme est prêt à aller pour garder le contrôle sur la personne qu’il aime ou qu’il dit aimer. J’ai eu mal, mal de voir à quel point une personne arrive à endurer des atrocités pour un peu d’amour, pour ne pas être seule ou pour garder une famille intacte. Et pourtant, la famille dans laquelle il y a de la violence est loin d’être intacte, mais plutôt très blessée.

J’ai aussi été émue par ces femmes qui ont changé, qui se sont repris en main. J’ai connu des femmes provenant de différents milieux socioéconomiques, de différentes cultures et de différents âges. J’ai vu des femmes s’entraider et s’ouvrir aux autres. J’ai vu des amitiés se créer. Puis, en voulant voir chacune d’entre elles s’épanouir, elles m’ont elles-mêmes fait grandir.

À force de miser sur la reprise de pouvoir pour toutes ces femmes jeunes et moins jeunes, qui ne s’aimaient plus, qui avaient perdu le contrôle de leur vie, de qui elles étaient, de leurs goûts et leurs désirs, j’ai moi-même cheminé. J’ai appris à me faire confiance, comme elles. J’ai appris à me mettre en priorité, comme elles. J’ai appris à garder mon pouvoir sur moi-même et sur ma vie, comme elles. J’ai appris à m’aimer, comme elles. Ces femmes m’ont fait comprendre que je ne pourrai jamais totalement savoir comment elles se sentent, ce qu’elles vivent, parce que je ne l’ai pas vécu. Ces femmes m’ont fait comprendre que je ne suis personne pour juger leur vie. Malgré cela, j’ai réussi à créer de beaux liens avec ces femmes et à les aider. J’ai fait ce que je sais faire de mieux, je les ai écoutées. Je les ai validées dans leurs émotions. J’ai normalisé leurs sentiments et j’ai généralisé leurs vécus. J’ai tout simplement été là pour elles quand elles en avaient le plus besoin. J’ai été, parce que dans la vie on devrait arrêter de faire et juste être un peu plus. C’est aussi ça que j’ai appris grâce à ces femmes. Alors à toutes ces femmes que j’ai connu et qui n’avaient plus de but dans la vie, qui pensaient ne plus rien valoir pour personne, même pas pour elles-mêmes, je vous dis merci.

mariepierquessyrondcamilleleblancrond

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