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Hey, mon amour, voici mon papa

Hey, mon amour, on dit que la mort, ça fait partie de la vie.

Je suis en harmonie avec l’idée, tant que mes lumières ne commencent pas à clignoter toutes seules dans ma maison. Ça fait peur et ça coûte cher d’Hydro.

Une chose m’agace, mon amour. Mon papa est parti avant ton arrivée. Un départ plus éternel que la vie d’un hamster, disons.

Chaque jour, ça trotte dans mon coco. Son absence, ta présence, le mauvais timing. J’ai beau faire débouler les mots à propos de son « lui », ce n’est jamais suffisant. L’escalier est infini. Il fallait être là.

Comme je dis toujours, il était mon héros. Pour son « intellectuel », pas pour ses muscles. C’est moi qui devais ouvrir les pots de confiture.

Il me manque terriblement.

Vraiment, tu voulais en retrouver un comme lui dans ta boîte de Cracker Jack.

Le nombre d’histoires qu’il avait à raconter, ses connaissances, ses expressions, sa générosité, son calme et sa fougue au bon moment. Peu de temps avant son décès, mon père a dit :

« Ah, le monde! Quand je suis tout seul, je m’ennuie. Et quand ils sont là, ils me tombent sur les nerfs! »

Je l’adore.

Tu sais, mon amour, j’ai eu beaucoup de difficulté à avaler sa mort. Je croque encore mes Tylenols alors, t’imagines!

La plus importante partie de son héritage se retrouve entre mes deux oreilles et dans mon cœur. Non, je n’ai pas avalé d’argent. Je n’en ai pas placé à l’intérieur de ma tête non plus.

Je parle plutôt du plan humain.

Je crois que tu peux voir en moi une petite partie de lui et je me plais à représenter « ça ».

C’était un honneur de le côtoyer, mais c’en est un tout aussi grand de pouvoir te présenter au reste de ma famille, aujourd’hui.

Et toi, mon amour, tu me regardes avec tes yeux mouillés et me dis : « Niaiseuse, tu fais couler mon mascara! »

C’que je l’aime.

mort

Crédit photo : Jessy Bergeron

Mariannehouderondmarielortierond

2 thoughts on “Hey, mon amour, voici mon papa

  1. Jamais je n’ai vu un hommage aussi touchant. Peut-être que c’est parce que ce n’est n’est pas un hommage à proprement parlé. C’est plus un «je voulais – je veux – te dire, papa» qu’un au revoir, un deuil enfin digéré. Tu es une artiste, Marianne. Une vraie, artiste. Je me demande de qui tu tiens ça…

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