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Les catégories : se définir ou se limiter ?

Une des beautés de la langue française se retrouve dans la panoplie de mots qu’il existe. Il y en a tant pour définir et qualifier les choses que, parfois, on en perd l’utilité réelle de ceux-ci. C’est l’un des fardeaux d’avoir autant de mots : on finit par se perdre dans les descriptions et les catégories.

On se définit sans cesse et de plus en plus précisément; si l’on ne trouve pas un terme assez juste, on en invente un nouveau. C’est un besoin naturel, se définir, ça permet de savoir qui l’on est, de mettre un mot sur un comportement ou des idées. Par la suite, on se regroupe, car ces mots qui nous définissent nous permettent de trouver des gens comme nous. On se rassemble. Il y a tellement de bienfaits d’être entouré de personnes avec qui on partage des centres d’intérêt. On y trouve la compréhension, l’empathie et le bien-être. On s’emballe à plusieurs à propos d’un sujet qui nous passionne tous et on rit de blagues que nous seuls trouvons hilarantes.

On trouve un confort inégalable à faire partie d’une communauté unie. Sauf que la réalité finit toujours par nous rattraper et, sans nous en rendre compte, les mots qui nous permettaient de nous définir finissent par nous limiter. C’est le phénomène des cliques et des gangs. On a coupé les liens avec le reste de la population. Par le fait de nous entourer de personnes qui nous ressemblent, on a évité celles qui sont différentes de nous. On s’est ostracisé, marginalisé, bref on s’est limité à n’être qu’une seule chose aux yeux des autres. S’ensuit un combat contre la société ou notre entourage parce que l’on est tous plus que quelques catégories.

Dès qu’on parle de catégories, on parle de préjugés, c’est inévitable. S’il y a bien une bataille qui fait rage depuis la nuit des temps, c’est celle qui nous oppose aux préjugés. Bien souvent, si l’on réussit à les abattre, on se rend compte de la richesse de l’individu derrière nos idées préconçues. C’est à ce moment qu’on réalise à quel point être entouré de personnes différentes peut être bénéfique. On ouvre ses horizons, on s’intéresse à de nouvelles choses et on réussit à voir le monde sous un autre angle. Si être entourés de gens qui nous ressemblent nous amène un confort, être entourés de personnes différentes nous déstabilise certainement et nous force à nous redéfinir, à remettre en question ce que nous croyions être.

Alors, je me demande jusqu’à quel point il est bon de se définir par des termes précis. Provoquons-nous nous-mêmes notre marginalisation? Est-ce qu’en se regroupant avec des gens qui nous ressemblent, on évite les différences d’opinions et la découverte de l’autre? Est-ce que par le fait même de se regrouper, on se ferme au reste du monde, et que nous nous rendons la tâche plus difficile de briser les préjugés?

J’aimerais bien qu’on pile sur nos catégories. L’adage dit bien « Qui se ressemble s’assemble », mais pour utiliser le potentiel d’une pile électrique, les deux pôles doivent faire équipe. C’est bien normal de ne pas nous entendre avec tous, mais nous formons une société et sommes tous interdépendants. Peut-être devrions-nous arrêter d’être toujours dans la description? À force de tout catégoriser, on passe à côté d’une tonne de gens fabuleux qui pourraient nous apporter tellement. On doit se l’avouer, la société ne fonctionnerait pas si nous étions tous identiques. On a besoin de la différence. Cessons donc d’avoir autant peur de celle-ci. Cessons donc de nous limiter à des catégories.

On perd trop de temps à se définir et pas assez à être réellement.

just be
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Par Camille Bouchard

 

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