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Je vois un travailleur social et je ne suis pas folle

J’ai déjà consulté quelques professionnels en santé mentale au cours de ma jeune vie. Ça a commencé à l’adolescence, lorsque ma mère s’est rendu compte de mes problèmes d’anxiété assez sérieux. À l’époque, j’étais plutôt réticente face à l’idée de rencontrer un psy. Après quelques discussions, ma mère a finalement réussi à me convaincre d’appeler et de prendre rendez-vous. Bilan de ces premières séances : je n’ai pas trippé. Je pense que je suis ressortie de là plus anxieuse que lorsque j’y suis entrée. La madame riait trop fort, me faisait limite peur et c’était vraiment « malaisant ». En gros, j’aimais mieux jaser à ma mère. En passant, il ne s’agissait pas d’une psychologue, mais d’une travailleuse sociale. Il faut dire que je m’en foutais un peu, ne connaissant pas la différence du haut de mes 15 ans.

À la suite de cet épisode, j’ai choisi de régler mon anxiété par moi-même. (LOL) Après 4-5 ans de tentatives vaines, je me suis ramassée en burn-out. Je vous évite la description complète des mois où j’étais morte en dedans, et je me contenterai de vous dire que, évidemment, j’ai dû voir un autre professionnel. Comme ma première expérience n’avait pas été super concluante, je partais avec une idée assez négative de la chose. Heureusement, je savais au fond de moi qu’il était nécessaire que je parle. Je n’ai donc pas hésité longtemps. J’avais droit à quelques séances gratuites, au cours desquelles mon psy me posait certaines questions et me laissait soit répondre, soit pleurer. C’était correct, mais, pour une seconde fois, je n’étais pas tout à fait satisfaite. J’avais l’impression qu’il ne me donnait pas de solutions concrètes. J’avais besoin de plus. J’avais besoin de me sortir du trou dans lequel j’étais coincée, et qu’on m’aide en me proposant des issues. Après 5 séances, j’avais atteint la fin de la période gratuite. J’ai donc cessé de le voir.

Quelques mois plus tard, alors que tout allait relativement mieux, j’étais malheureusement encore prise avec ces lourds problèmes anxieux qui me pourrissaient la vie un peu plus chaque jour. Mon médecin, une femme vraiment à l’écoute et très compétente, m’a proposé encore une fois de faire appel aux services d’un professionnel en santé mentale. Jamais deux sans trois, comme on dit. J’ai donc accepté. Je n’avais rien à perdre. Cette fois, j’ai été mise en contact avec un travailleur social. C’est un homme dans la cinquantaine d’années, et on fit vraiment. Pour la première fois, j’ai vraiment hâte d’aller voir mon travailleur social, parce que je ne suis pas la seule à parler. En effet, il me parle autant sinon plus que je lui parle. Il me propose des solutions, me fait consulter des documents, me donne son avis. Le but, c’est de jaser de plein d’affaires : de la vie de tous les jours, de mes épreuves, de mes réussites, des choses que je réalise au fil des semaines, pour qu’arrive un jour où l’on n’aura plus à se voir. Honnêtement, je ne crois pas que je me tannerai de rencontrer mon travailleur social. Il ne me juge pas, mais ne s’empêche pas pour autant de me dire ce qu’il pense, et j’adore ça.

Je conseille à tous de rencontrer un(e) travailleur(e) social(e). Malade ou pas, heureux ou pas, parler à quelqu’un qui ne nous connait pas, qui n’a pas de parti pris et qui ne nous juge pas, ça fait le plus grand bien de la terre. Vous n’êtes pas fous, vous êtes humains.

life is tough
Source

Laurieannetremblayrondmarieandreecaron

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