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Dépendante

On t’a toujours dit que t’étais indépendante. Tes parents s’étonnaient de ta facilité à effectuer des tâches toute seule, comme une grande. Tu ne voulais jamais d’aide et tu n’en avais pas besoin non plus. Tu n’avais besoin de l’approbation de personne. Tu vivais comme tu voulais, et cela, dans n’importe quelle sphère de ta vie. Ou presque.

Un jour, tu as senti un regard chaud dans ton dos, tu savais qu’il était là. Pendant un bout de temps, il l’a été, tenant ta main. Sa présence te semblait indispensable. Ses petites attentions, son rire accrocheur, le bonheur qu’il t’apportait… Tu savais, pauvre fille, que tu tombais en amour. Tu cherchais toujours son approbation, tu voulais qu’il soit fier de te montrer à ses amis, tu te souciais de ce qu’il pensait. Tu faisais plus de blagues, parce que t’aimais tellement son sourire. Tu rêvais de lui, tu pensais à lui, tu te demandais ce qu’il faisait. Tu lui en as prêté, de l’argent. T’en faisais, des sacrifices. Tu te souciais de lui, tu lui voulais le meilleur. Tu devais donc être la meilleure. Toujours plus belle, toujours plus gentille, toujours plus conciliante, toujours plus disponible, toujours plus.

Tu t’en rendais pas compte, mais tu devenais dépendante.

Ç’a duré longtemps. Toi qui gravitais autour de lui. On s’en fout s’il te faisait du mal. Tant que vous étiez ensemble, tu le laissais faire. Tu voulais pas risquer de le perdre en lui disant ce qui ne faisait pas ton affaire. Coup après coup, ses actions et ses mots t’arrachaient des larmes. Puis, tu les séchais, jamais il fallait qu’il sache. Tu redoutais plus que tout qu’il te trouve compliquée. Pourtant, c’est arrivé. T’as perdu son approbation, sa présence. Ton orbite a déraillé, t’as perdu la carte. Tu t’en rendais pas compte, t’étais trop naïve, trop en amour. Pourtant t’as tout fait, tu l’as chéri, tu l’as soutenu. Mais sans prévenir, il t’a laissée aller. Lui qui te voulait tant au départ s’est lassé dès que le jeu s’est terminé, alors qu’il t’avait. Qui allait te dire que t’étais belle, que t’étais intelligente, que t’étais drôle, que t’étais importante? Tu savais pas. T’en avais vraiment aucune idée, et pourtant t’en avais vraiment besoin. T’avais besoin de lui.

Ç’a pris du temps avant que tu le réalises. Tout ce temps pour te rappeler ce que t’étais avant. Qui t’étais avant. Avant, t’étais capable de te dire à toi-même à quel point t’es belle, que ce que tu fais est bien, que tu n’as pas besoin de personne pour prendre des décisions. Ça t’a pris du temps à réaliser que t’avais pas besoin d’être dépendante ni de son approbation pour qu’il t’aime. T’as réalisé tout ce qu’il t’avait fait subir et que les larmes versées n’en valaient pas la peine.

Maintenant tu le sais que t’es parfaite comme tu es, que t’as pas besoin de l’opinion des autres pour agir, et encore moins pour vivre. Tu le sais que t’as le pouvoir dans ta vie. Tu le sais, t’en es certaine.

florencegravelrond

Par Florence Gravel

gabriellebernierrond

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