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Plus qu’un compagnon

Toute ma vie, ma passion pour les animaux a été qualifiée d’intense ou de démesurée. Je chéris toutes formes de vie en les percevant comme une pièce du complexe puzzle qu’est un écosystème, soit un ensemble d’éléments nécessaires à ma survie dans le monde tel qu’il est. Les araignées que je trouve en dedans, ben je les sors dehors en m’excusant qu’il fasse frette, vous voyez le genre. Jeune, je ramassais le roadkill dans mon quartier, la larme à l’œil, et je faisais un enterrement digne à l’abri du regard de mon père qui me faisait souvent son speech sur les bactéries contagieuses.

Je ne sais pas d’où ça vient, cette hypersensibilité au monde qui m’entoure, mon adoration over the top pour la biodiversité. Certainement pas de mes sœurs et de ma mère qui ne sont pas du tout à l’aise en présence d’animaux, ou encore de mon père originaire de Biélorussie qui ne différencie pas vraiment un chien et un loup et qui trouve que ça devrait vivre dehors.

Dans tous les cas, évoluer dans un entourage qui ne comprend pas mon attirance, mon besoin de présence animale n’a pas toujours été facile. Entre le chien imaginaire qui me suivait partout et mon journal intime qui s’adressait à celui-ci, mettons que je me sentais profondément misunderstood lorsque j’étais enfant. La réalité, c’est que je faisais énormément d’angoisse généralisée, et quand je revenais de chez un ami qui avait un chat ou un chien, je me sentais drôlement apaisée, réconfortée, calme. Ça durait environ quelques heures avant que je devienne déprimée par le fait que j’en n’avais pas, moi, de compagnon qui répondait à mon stress par des caresses.

Ce n’est donc pas une surprise que l’arrivée de mon premier chiot bien à moi, en janvier 2013, alors que je vivais une situation très difficile, a chamboulé mon existence.

chiot

Ce fut non seulement la plus grande preuve d’amour que mes parents ne pourront jamais me faire, celle de mettre leur aisance de côté pour me voir sourire, mais également la confirmation qu’il m’avait manqué quelque chose toute ma vie. Le stress, les larmes, les flash-back d’une période sombre… et puis une p’tite boule de poils tellement douce, tellement maladroite, tellement adorable pour me remettre les idées en place. Mon chiot était ma raison de me lever le matin, de sortir dehors respirer l’air frais, de sourire plus qu’un humain ne le fait en moyenne par jour.

Ce petit chiot devenu une ravissante chienne aura 4 ans en novembre (iii que ça grandit vite), et je réalise au quotidien qu’elle est responsable d’un haut pourcentage de mon bonheur.

amour de chien

Malgré les temps plus difficiles, j’ai toujours eu le bonheur et le rire faciles. Elle m’en procure le double. Elle m’aide à évacuer mon stress, à mettre le nez dehors quand je n’en ai pas envie, elle me comble d’un amour unique et tellement puissant. C’est de la thérapie par l’amour, la chaleur et les bisous humides; la thérapie la plus efficace que j’ai essayée jusqu’à présent.

Toutefois, la partie plus plate est que j’espère un jour cesser de devoir me justifier. Oui, je ramasse du poils, notamment pendant la mue. Toi, peut-être que ton bébé te régurgite sur l’épaule à tous les jours; chacun ses combats. Non, ça ne m’écoeure pas de faire des siestes en cuillère avec elle dans mon lit. Si tu trouves ça insalubre, calme-toi. Oui, parfois je préfère netflixer avec mon compagnon poilu un vendredi soir plutôt que de sortir. Non, je ne m’empêche pas de voyager, j’ai une gardienne de confiance et économiser des sous pour la payer fait partie de ma planification budgétaire. Non, je ne considère pas ma chienne comme une « tâche » au même titre que le lavage ou la vaisselle : c’est mon enfant.

J’ai atteint un point de non-retour; lorsque j’aurai ma maison à la campagne, j’aurai fort probablement une meute de joie. Sans vouloir m’éloigner de ma famille moins à l’aise avec cela, je vais organiser l’espace afin que tous soient confortables, et qu’on puisse interagir dans le respect et sans jugement à l’égard de mes choix. M’entourer de plantes et d’animaux, c’est mon style de vie, c’est ma manière principale de cultiver mon bonheur, de trouver de la paix dans ce monde.

compagnon de vie

Ainsi, si un jour l’envie vous prend de critiquer l’attachement particulier qu’a une personne pour son compagnon poilu, à plumes ou à écailles, rappelez-vous la si simple règle qu’est le vivre et laisser vivre. Et demandez-vous si vous ne pourriez pas en bénéficier, vous aussi, d’un doux moment de zoothérapie.

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Crédit photos : Catherine Kotiuga

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