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Le regard des autres

J’ai toujours eu peur de toi.

Oui, toi, Inconnu. Tu me fais peur.

Je n’ai pas peur que tu m’attaques, du moins pas physiquement.

Ce qui me fait peur, qui me traumatise le plus, c’est ce que tu penses de moi. Comment tu me vois. L’opinion que tu te fais de ma personne.

Depuis vraiment longtemps – en fait, si j’avais à mettre une date précise, je dirais le début de mon secondaire (c’est-à-dire il y a environ 7 ou 8 ans) –, j’ai toujours eu de la difficulté à supporter le regard des autres.

Supporter ce regard, le tien, c’est essayer de comprendre ce qui cloche avec mon visage, mes cheveux, mes vêtements, mon corps en général – mon poids –, ma façon d’agir et de parler, etc. Sans résultat, et avec beaucoup de difficulté; je ne comprenais tout simplement pas.

Cette difficulté est venue s’installer en moi sous la forme de gros problèmes de confiance en moi, mais aussi envers les autres. On va se le dire, toute cette insécurité a conduit à de gros problèmes d’estime; je ne m’aimais tout simplement pas.

someone you love

Donc, je ne me parlais pas. Je n’étais pas en harmonie avec moi-même, et ça paraissait. Je le sentais et probablement que tu le sentais toi aussi. Ou, du moins, j’étais convaincu que tu savais et que tu me jugeais encore plus.

Quand quelqu’un me demandait mon plus gros défaut, par exemple, je ne savais tout simplement pas quoi répondre. J’avais mille idées, voire plus, autant psychologiques que physiques.  

« Voyons voir… Ma peau n’est pas très belle, j’aimerais perdre un peu de poids, je suis impatient, je ne suis pas le plus brillant, etc. » Tu vois le genre, j’en suis sûr.

Bref, toutes ces petites insécurités se voyaient multipliées par la peur ressentie quand on me regardait. J’essayais de déceler, dans tes regards, le fond de ta pensée.

Que penses-tu de ceci? Quelle est ton opinion sur cela? Si je fais ça, tu réagis comment? Comment tu me trouves? Me tolères-tu? Suis-je une source d’inconfort pour toi? Qu’est-ce qui se passe dans ta tête?

Et, pourtant, je sais que tu ne fais pas exprès. Probablement même que tu t’en contrefiches.  

On essaie tous de vivre nos vies, du mieux qu’on peut. Alors pourquoi s’inquiéter du défaut de l’autre? On en a tous, après tout.

Aujourd’hui, j’y repense, avec toutes les choses que je sais qui m’étaient inconnues il y a quelques années, et je me trouve tellement stupide. Stupide d’avoir cru que l’opinion des autres devait m’importer. Stupide d’avoir cru qu’un bouton, une tache sur un chandail ou une question ratée dans un examen pouvait être la fin du monde.  Stupide d’avoir accordé plus de valeur à l’opinion des autres qu’à la mienne. Stupide d’avoir cru ce que mes insécurités ont voulu me faire croire.

Après ça, j’ai décidé de vivre pour moi-même, sous mes propres conditions et, surtout, selon mon propre regard.

Même si c’est loin d’être facile, il m’apparaît désormais évident que l’important est de faire les choses pour soi, sans peur du regard des autres. Il est crucial qu’on apprenne à se regarder dans le miroir, sans être déçus ou dégoûtés. Il est primordial de se voir comme un être beau, intelligent et précieux, peu importe la manière dont on l’exprime. Il faut comprendre que « différent » ne veut pas dire « monstrueux ».

Peux-tu faire ça, pour toi?

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