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J’ai adopté une poule

On ne pouvait choisir laquelle adopter quand on les a vues, toutes plus belles l’une que l’autre. « On va prendre celle qui vient nous voir », que ma mère propose. Immanquablement, l’une d’entre elles vient s’aventurer de notre côté, intriguée par notre présence, peut-être. Arrivées à la maison, on la présente aux deux chats qui y résident déjà. Trois ou quatre semaines plus tard, avec stupéfaction, on constate que c’est la nouvelle venue, du haut de ses quelques mois, qui les terrifie.

Pénélope aime les petits fruits, particulièrement les bleuets et les cerises, assez appétissants pour la faire courir à travers le terrain. Curieuse, elle n’a pas laissé un seul centimètre de celui-ci inexploré : c’est ce à quoi elle consacre ses journées, s’aventurer sur le terrain, fascinée par chaque objet qui s’y trouve… après avoir tenté de s’en échapper à quelques reprises. Elle n’aime pas qu’on la soulève de terre (mais aime se percher sur le patio), n’aime pas qu’on la serre dans nos bras (mais aime nous suivre de près lorsqu’on circule sur le terrain). La nuit tombée, elle retourne d’elle-même dans son abri pour se coucher. Lorsqu’on vient ouvrir le poulailler le lendemain matin, elle est déjà à la porte, sautillante et plus que prête à retourner découvrir le monde.

 poule

En gros, elle est un animal qui, comme tous les autres, a sa personnalité, ses spécificités qui lui sont propres, mais également une sensibilité, une certaine intelligence. Sauf que nos lois, contrairement à ce qu’elles procurent aux chats, aux chiens et à quelques autres animaux de compagnie, ne lui donnent aucune protection. Au mieux, les poules pondeuses comme Pénélope seront traitées comme des marchandises durant les deux ou trois années de leur courte vie (notons que leur espérance de vie est d’une dizaine d’années), puis seront tuées, devenues « inutiles ». Souvent empilées les unes contre les autres, enfermées en permanence, privées de comportements essentiels comme les bains de poussière, et tuées prématurément : est-ce un traitement moralement acceptable envers des animaux pourvus d’une sensibilité et de capacités émotionnelles? S’il ne serait pas acceptable pour un chat, pourquoi l’est-il pour une poule?

 

Catherinefortinrond

Par Catherine Fortin

catherinejodoinr

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