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Ton dernier souffle

Je ne l’ai pas vu venir ou du moins, je n’étais pas prête à ce que cela se produise.
Certes, tu avais 9 ans et beaucoup d’expérience derrière toi.
Mais je ne pense pas que l’on puisse être prêt à ce genre de choses.

Il est 16h. Je reviens de l’université.

La veille, tu étais allé chez le vétérinaire.
Tu avais passé des radiographies.
Tu étais mal en point, tu nous inquiétais beaucoup.

Il fait beau dehors.
Tu y es avec moi.

J’apprends que tu as un cancer.
Ce genre de cancer qui ne se guérit pas.
Le type qui va t’abattre rapidement et sournoisement.

Je ne veux pas te perdre.
J’ai encore envie de me coucher contre toi, de sentir ton cœur battre…

Ton docteur nous explique qu’il faut te faire euthanasier le plus rapidement possible, sans quoi tu vas dépérir rapidement et souffrir.

Je ne veux pas te voir souffrir.
Mais je ne veux pas te voir partir.

4 jours plus tard on y était.
Devant cet endroit, lourd de toutes les larmes qui y ont été versées.

Il faisait déjà nuit à l’extérieur.
L’air était froid, on sentait l’automne qui s’installait tranquillement.
Ce vent frais qui n’était pas pressé d’exister, pas pressé d’arriver.
C’était la dernière fois que tu allais sentir l’air frôler ton corps.

Ce soir-là, les yeux rouges d’impuissance, je devais te dire au revoir.

Je suis restée à tes côtés jusqu’au dernier instant.
Ce moment où ils t’ont endormi.
Ce dernier sommeil, celui dont tu ne te réveilleras pas.

Cet instant où j’ai senti pour la dernière fois ton cœur battre.
Ce battement mou que ton cœur a eu peine à faire.
Ce sentiment de vide qui a submergé ton corps, où j’ai senti ta vie qui me glissait entre les mains.

J’aurais voulu la rattraper, la remettre là où elle doit être parce que j’ai encore besoin de toi.
Je ne voulais pas te voir t’éteindre.

Ça fait mal la mort, même s’il s’agit d’un animal.

Je comprends qu’il était temps pour toi, que tu devais partir.
Te reposer de toute cette vie remplie que tu as vécue.
Je t’ai donné un dernier baiser, je t’ai dit que je t’aimais.
Je suis sortie.
C’est la dernière fois que je t’ai vu.

Je tiens à te dire merci.

Parce que tu as su rendre ces 9 dernières années meilleures.
Par ton amour inconditionnel qui a su calmer beaucoup de chagrin et amener beaucoup de joie dans ma vie.
Pour tous ces coups que tu as faits qui m’ont fait énormément rire…dont les fois où tu as sauvagement tué ce divan en cuir d’un turquoise douteux ou éventré ce couvre-lit complètement démodé.

Tu avais du goût.

Pour toi et ta personnalité plus que spéciale.
Tu es unique.

Je sais que tu es bien où tu es.
Merci pour ces années de ta vie passée à mes côtés.
Je t’aime.

mort animal

emiliehelikdeschenes

Par Emilie Helik-Deschênes

MarieeveJosephrond

Marie-Ève Joseph

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