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Aller chez le psy…

Ben oui… Haha. Après la rupture, les questionnements, les insécurités, le besoin de parler. C’est ça qui arrive. On s’en sort rarement quand on se dit que nos problèmes sont liés aux autres, oui, il y a de ça, mais nous, nous-là, il faut se regarder aussi. Se comprendre. Se « re-connaitre ». C’est fou, j’ai l’air ben dans la croissance personnelle ces derniers temps, mais « criss », je veux grandir. Étaler mes belles grandes branches partout dans ma vie, dans vos faces, pis je veux être solide. Grandir par en dedans. Je me rends compte que, depuis les dernières années, j’étais toute petite, enfermée, pis cachée derrière mon air de savoir les choses. Au final, ce que je connaissais le moins, c’était moi.

Je m’étais « dé-connue », j’avais perdu ma face « quekpart » dans un trou.

Je suis qui? Celle qui s’oublie. Pis à un moment donné, on se rend compte que consulter, c’est la chose qui nous reste à faire pour prendre racine. Je suis ben dans la métaphore végétale, mais oui, je ressens le besoin de mûrir, de croître, pis de prendre soin de mon pistil.

J’y avais pensé avant. Souvent. Des fois en me disant que c’était pas pour moi parce que j’avais une bonne tendance à l’introspection pis que j’avais pas besoin de dépenser une fortune en séances rien que pour me faire dire des choses que je savais déjà. Ou ben parce que j’avais des bons amis à qui parler, que j’allais mieux que des gens qui en avaient encore plus besoin, que j’avais peur d’arriver là pis d’avoir rien à dire pantoute, de juste geler. Ce qui m’a fait essayer une bonne fois pour toute, c’est le fait d’avoir des amis qui s’ouvraient à moi sur leurs expériences personnelles. Des gens plutôt secrets, mais qui me parlaient de leurs psys avec beaucoup de respect, malgré la notion économique. Je sors de là pis je braille des fois tellement je me comprends mieux… Ça revient cette phrase.

Après, j’ai aussi vu des amis changer. Genre partir d’une tite tite racine pis devenir des « astis » de beaux cactus. Y conservent encore quelques épines pour la plupart ouais, comme protection.

Ben moi, avec mon besoin d’écouter mon élan pour la verdure, j’ai décidé d’appeler à mon université. Déjà, l’UQAM, tout comme plusieurs établissements scolaires, offre des rencontres gratuites à ses étudiants. Dans mon cas, on m’a proposé trois séances pour commencer à défricher, démêler les affaires, puis voir ensuite si j’avais envie de continuer avec un psy qu’ils me recommanderaient. J’en suis à deux séances sur trois. Je sais pas encore si je vais continuer, mais fuck, je ressors de là chaque fois avec des épiphanies. Je m’assois, je parle, je regarde à côté des yeux de ma psy. J’ai déjà étudié tous les cadres de son bureau, la disposition de ses crayons comme de ses coiffures, je regarde ailleurs, mais je parle au moins. Quand je la regarde, je pleure. Je me sens ben ben fébrile pis à fleur de peau. Mais bon dieu, ça change vraiment quelque chose. En fait, c’est parler de tout avec quelqu’un d’extérieur aux conflits, et qui écoute les oreilles grandes ouvertes. C’est un espace tampon dans lequel on se montre dans toute sa vulnérabilité (dans mon cas oui, mais je sais que c’est pas le cas de tous) et dans lequel on doit absolument délaisser tout jugement.

Le psy, il écoute et il observe, et nous, on s’entend en écho, on se voit à travers leur regard. C’est souvent déstabilisant, mais il faut se donner ce privilège-là, d’être écouté.

J’ai un ami qui me disait, ma grand-mère parlait à ses plantes, c’est pour ça qu’elles grandissaient autant. Ben moi, j’espère devenir un baobab.

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ArianeLessardrondAliceArsenaultrond

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