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Une surconsommation relationnelle, ça existe?

Un jour on m’a dit que je prenais trop de temps à magasiner, ce qui n’était pas complètement faux. J’ai toujours pris un grand soin de regarder chacun des objets avec une attention plutôt démesurée afin de bien déterminer si j’avais, ou non, réellement besoin de l’acquisition. Si oui ou non, l’objet était bel et bien fait pour moi. Puis j’ai arrêté. J’étais trop longue. Parcourir les tablettes des yeux, uniquement. Parce que le temps c’est de l’argent ou la pire autre raison du monde.

Et parfois je me demande si on ne procède pas ainsi pour nos relations. Si on ne magasine pas les mains pleines d’emballages irrécupérables. Si on ne magasine pas les yeux complètement fermés en se disant que tout est laid de toute façon. Parce que c’est trop long d’apprendre à réellement connaître quelqu’un, d’ici jusque là-bas. C’est trop long de savoir par cœur comment aimer une personne et comment être aimée soi-même. Comment s’aimer soi-même?  On le sait tous, la nouveauté éphémère est toujours plus attirante que la longévité connue. On n’a pas le temps de prendre un bout de sa vie et de l’arrêter sur quelqu’un qui lui donnerait un peu de valeur. Parce que le temps c’est de l’argent ou la pire autre raison du monde.

La surconsommation est écrite sur chacune de nos toasts le matin. Non seulement sur le plan matériel, mais sur le plan relationnel aussi. C’est complètement démesuré de constater que plus nous gagnons en conquêtes, plus nous sommes pauvres. Mais ça, ça s’achète pas. Le temps non plus ne s’achète pas, parce que le temps c’est de l’argent ou la pire autre raison du monde.

C’est qu’une fois une personne utilisée, on jette sans récupérer. Ainsi de suite. Parlons d’écologie et d’économie sentimentales. Mais on n’a même pas le temps de s’asseoir pour y penser un peu. Parce que le temps c’est de l’argent ou la pire autre raison du monde.

Mais si on prenait à peine un peu plus de temps pour faire griller nos toasts le matin, peut-être qu’on grillerait moins nos vies par le fait même. J’ai l’impression qu’on ne donne plus le temps ni la chance aux choses d’être belles.  Tout est déjà joué d’avance et une fois que la partie est terminée, on change de partenaire ou d’adversaire. À la place, on pourrait recommencer une nouvelle partie, non?  La vie nous a donné un sablier pour l’investir et d’une façon ou d’une autre, il s’écoule au temps même où vous lisez ce texte.

C’est à nous de choisir où est-ce qu’on désire y déposer notre sable.

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Par Mélina Gagnon

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Audrey Dumont

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