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Prendre soin de soi sans se ruiner

Je vous le dis d’entrée de jeu : je ne pense pas que l’homéopathie, les cristaux magiques ou les remèdes dits « de grands-mères » soient la solution à tous les maux du monde, et ce texte ne veut en aucun cas une diabolisation totale de l’industrie pharmaceutique. Je suis d’avis (et serais d’ailleurs très mal placée de penser autrement) que les plantes et autres remèdes « alternatifs » ont leurs limites et que la médecine moderne a fait, et fait encore ses preuves.

Donc, lorsque je parle de se soigner, je parle des petits bobos et virus du quotidien. Et Dieu sait que j’en ai, des petits bobos. Je pense que je suis en réalité une femme de 87 ans, sans joke. J’attrape toutes les petites maladies saisonnières : rhume, sinusite, gastro-entérite. J’ai toujours des bobos aux pieds ou aux mains et mon tempérament de souris surmenée fait en sorte que je suis constamment stressée, le dos et le cou plein de nœuds. Ça fait que pendant des années, j’étais constamment à la pharmacie. J’ai dû tester toutes les variantes –souvent très chères– des marques d’acétaminophène et d’ibuprofène connues. Advil régulier. Advil extra-fort. Advil extra-turbo-dodo-courbature. Advil Liqui-gel-magma-en-fusion. Tylenol rhume-sinus-lèpre-mal de vivre. Sirops contre la toux, le mucus, les maux de gorge, la faim dans le monde. Pastilles contre toute. Et honnêtement, j’ai toujours un peu eu l’impression d’acheter la même affaire. Les Tylenol standards n’ont jamais vraiment mieux marché que les Tylenols pimpés.

Ça fait que maintenant, l’acétaminophène générique fait l’affaire, et je l’évite quand je peux. J’arrive souvent à faire passer mes maux de tête en buvant beaucoup d’eau, en évitant le bruit, en me massant les tempes (je parle de céphalées ordinaires là, pas de migraines.) Mes douleurs liées à la tension nerveuse sont souvent soulagées par un bain brûlant, des étirements ou des crèmes à base de camphre. Je prends encore des médicaments quand ça ne passe pas, mais maintenant, je teste d’autres techniques avant.
Là, c’est le boutte oussé que je chiale.

Je travaille debout, je marche énormément et mon pied gauche est un peu croche de naissance (me fracturer la jambe gauche dans la douche il y a deux ans ne m’a pas aidé sur ce point mais ça, c’est une autre histoire), j’ai donc toujours des ampoules, des douleurs plantaires, des cossins. Il y a trois semaines, j’ai commencé à développer un cor à l’orteil. Pour ceux qui ne le savent pas, un cor est « une callosité douloureuse qui affecte le pied. » (Merci Wikipédia.) C’est un truc bénin et non-contagieux, un épaississement de la peau causé par des frottements, qui peut cependant devenir très douloureux à la longue. Quand je l’ai remarqué, je n’avais pas mal du tout. J’ai donc décidé d’aller à la pharmacie pour régler le problème avant qu’il n’apparaisse. J’ai passé environ deux décennies dans la section « soin pour les pieds » avant de repartir avec de petits pansements exprès pour les cors aux pieds, garnis de disques médicamenteux à l’acide salicylique sensés dissoudre le cor « en douceur. »

Douceur, mon cul.

J’ai utilisé ce traitement pendant trois jours. Au début, ça piquait, mais je me disais que c’était le produit qui faisait son effet. Le troisième jour, j’avais tellement mal que la douleur irradiait jusque dans mon mollet. L’endroit affecté était rouge et enflé, et la peau à cet endroit semblait littéralement brûlée. Je suis retournée à la pharmacie pour demander conseil à la pharmacienne. Après lui avoir raconté ma passionnante histoire, elle m’a dit que l’acide salicylique était très agressif pour la peau et qu’il ne devrait pas être utilisé pour traiter ce type de problème. De l’eau chaude, du bicarbonate de soude et une pierre ponce feraient largement l’affaire.

Elle venait de me dire que des produits en vente libre, sensés traiter des bobos, pouvaient brûler la peau. En quittant, je suis repassée par la section « soin pour les pieds », question de jeter un coup d’œil aux boîtes. Constat : les trois quarts des traitements proposés, qu’ils soient pour les cors, les durillons ou les verrues, (trois choses bien différentes) n’étaient que de l’acide salicylique sous diverses formes. Rien en bas de 10$. La pluparts des boîtes se vendent à plus de 20$. Ouch.

En revenant chez moi, j’ai trempé mon pied dans un mélange d’eau chaude et de bicarbonate de soude pendant une trentaine de minutes. J’ai ensuite poncé la peau morte et deux heures plus tard, je n’avais presque plus mal. J’étais ravie mais fâchée. Je me suis promis, au risque d’être gossante, de demander plus souvent conseil aux pharmacien.nes, de poser des questions, de mieux lire les étiquettes. Si un produit aussi banal que le bicarbonate de soude peut remplacer des pansements inefficaces et hors de prix, j’imagine que la même situation s’applique à plusieurs bobos.

Tout est selon moi une question de jugement. S’informer est la clé. Quand vient le temps de prendre soin de son corps, la prudence est toujours sage. Mais (lorsque c’est possible, bien sûr) se soigner à petits prix (lorsque possible) en utilisant des produits accessibles, naturels et sûrs? Moi je dis oui.

stephanylitchirondcamilleleblancrond

Source de la couverture

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