Menu

À toi

Lorsqu’on va se rencontrer, mon apparence va prendre le dessus sur qui je suis vraiment. C’est notre génération qui est de même, ce n’est pas de notre faute.

Tu vas me trouver belle avant de me trouver intéressante. Tu ne devrais tellement pas; j’suis capable de te faire le bout de la Cabane Hurlante dans le troisième film de Harry Potter en anglais en imitant les personnages pis de te chanter des chansons de Joe Dassin, jusqu’à temps que tu m’embrasses pour que j’ferme ma gueule, ce n’est pas rien !

Tu vas liker ma photo de profil, parce que j’suis pas pire photogénique pis ça va nous lancer dans une conversation superficielle. T’aurais dû lire mes posts, qui sont pas tout le temps intéressants, je l’avoue, mais, quand même, il reste que c’est l’fun de savoir que dans Acapulco, Bernard Adamus dit : « Ton rire est comme un buffet chinois pis ton corps est comme un all you can eat su’l’top de l’Himalaya. » 

Dans le fond, ce n’est pas grave. De toute façon, toi pis moi, faut être honnêtes, on va apprendre à se connaître au travers des fautes qu’on fait pis de celles qu’on ne fait pas. (P.S. : « Savoir » est un verbe pis ben d’autres choses aussi, « bizarre » ça s’écrit de même, pis « hobby », comme ça S.V.P.!)

Si tu ne fais pas trop de fautes, un soir, j’vais me convaincre que j’suis tannée d’être toute seule chez nous, que l’hiver s’en vient pis que je n’ai pas l’goût de me geler les soirs où il n’y a pas de hockey. J’vais décider qu’aller prendre un verre avec toi serait une bonne idée.

C’est évident que le verre va finir en pichet, si on n’est pas dans une discothèque pis que c’est de la bière de microbrasserie ou de la grosse 50. Je n’aime pas les discothèques, parce que je n’aime pas danser : j’ai appris assez de katas quand j’ai fait du karaté, mon quota de chorégraphies est accompli pour le reste de ma vie.

À la fermeture du bar, on va décider d’aller prendre un verre de plus, chez nous ou chez vous. En chemin, dans l’taxi, on va arrêter au dépanneur, pis le commis va nous dire qu’après 22h00 ils ne peuvent plus vendre de bière. J’vais clairement m’obstiner un peu, pour rien : c’est une loi, je l’sais, j’ai déjà travaillé dans un dépanneur pis j’en ai reviré, du monde, moi aussi. Sauf que j’suis une fille de mots, je l’sais qu’il y a un proverbe qui dit : « Qui ne tente rien n’a rien. »

Rendus chez vous ou chez nous, pour bien paraître, on va s’dire qu’on va se redonner des nouvelles après, qu’on n’est pas le genre de monde à fourrer d’un bord pis d’l’autre. C’est probablement vrai; à l’âge qu’on a, on veut plus que ça…

Le lendemain, on va se rendre compte qu’on l’est peut être un petit peu, quand j’vais te demander des pains dorés pis que tu vas me donner des Croque Pain Doré. Merci, General Mills.

Tu sais, dans l’fond, ce n’est pas grave.

C’est une partie de notre génération qui est de même, superficielle pis vide, mais tellement pleine d’autres choses qu’on ne prend pas le temps de regarder!

sophieguerin

Par Sophie Guérin

Elodiedugatrond

Élodie Dugat

Source photo de couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de