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Émotions scolaires

Il y a quelques semaines, je me suis sentie faiblir. T’sais quand tu sens que ton cœur veut flancher. Quand tes cuisses sont engourdies. Quand t’as de la misère à t’endormir le soir parce que t’as peur de demain. Quand t’as l’impression que tout t’écrase. Quand t’as pas encore envie de tout abandonner, mais que tu te demandes sérieusement comment tu vas y arriver…

J’ai eu envie de pleurer. Parce que j’aime pas ça me sentir perdre le contrôle. Je me sentais dépassée. Dépassée par mes travaux. Dépassée par mes cours. Dépassée par mes examens. Dépassée par mes shifts au travail. Dépassée par mes sorties avec mes amis. Par toute. Parce que j’avais besoin de plus de temps.

C’est ce qui m’écrase le plus ne pas avoir le temps. J’ai pas le temps de faire les affaires comme je le voudrais. J’ai pas le temps de bien faire les choses. J’ai pas le temps de faire ce que je veux. J’aimerais ça écrire plus. J’aimerais ça m’asseoir et écouter des séries. J’aimerais ça lire un livre qui n’est pas obligatoire. J’aimerais ça faire la grasse matinée. J’aimerais ça rien faire.

netflix

Mais surtout j’aimerais ça arrêter de me sentir coupable. Je me sens coupable chaque fois que je prends du temps pour faire quelque chose avec une amie. Chaque fois que je perds une heure parce que je me suis égarée sur le web. Parce que j’étudie pas après mon shift de 8 heures. Je me trouve lâche.

Mais je me suis brassée. Je me suis raisonnée. Parce que c’est pas comme ça que je veux vivre ma réalité d’étudiante. Oui, c’est normal d’être stressé parce que tu veux réussir. Mais faut pas que ça t’avale tout entier. Je me suis parlé et je me suis demandé : « OK. Est-ce que ça vaut la peine de me rendre malade? De me rendre tellement anxieuse que j’ai de la misère à dormir? Tellement que je me ronge les ongles jusqu’au sang? Est-ce que c’est si important que ça? C’est quoi exactement les conséquences et est-ce que c’est aussi important que je le crois? »

Et c’est stupide, mais je me suis rendu compte qu’il n’y a pas grand-chose dans la vie qui mérite qu’on se sente comme ça. Ne pas étudier un soir que tu aurais dû, ne pas aller à un cours, remettre un travail avec une journée de retard, ne pas avoir plus que 80 %, couler un examen, ne pas passer un cours… Oui, ce sont des choses vraiment plates. Tu vas sûrement être déçu, fâché. Mais crois-moi, ça ne définit pas la personne que tu es. Ça ne définit pas ce que tu es capable de faire ou pas. Tu es beaucoup plus que des chiffres, beaucoup plus que des lettres sur un relevé de notes.

Faut apprendre à lâcher prise. Pas dans le sens de tout lâcher. Parce que oui, j’ai déjà expérimenté la chose. Je me suis levée un matin et j’ai décidé que je n’allais plus à l’école de la session. C’était mon point de non-retour. Ç’a été efficace, mais j’ai dû recommencer de toute façon. Avec un nouveau plan de match par contre. Mon but à ce moment-là, mais aussi maintenant, c’était de trouver un équilibre. Une balance parfaite entre ce que je veux faire et ce que je devrais faire. Je veux pas tout lâcher. Mais je veux pas me rendre folle non plus.

Alors, je m’écoute. C’est simple. Mais c’est efficace.

Quand je me suis sentie flancher, c’était l’avant-veille d’un examen. J’avais pas envie d’étudier. Mais vraiment pas. J’étais en boule et j’avais envie de pleurer. Oui, j’ai des débats intérieurs assez intenses. Et finalement, j’ai décidé de me lever, d’aller au Starbucks et de m’asseoir devant mes livres, sans pression. Je m’égare sur Facebook? C’est correct. J’étudie juste la moitié? C’est correct. J’écris mes émotions sur un document qui ne me servira jamais? C’est très correct. Je vais avoir essayé. Je vais m’être donné la meilleure des chances. Et si ce n’est pas assez? Tant pis. Parce qu’à ce moment-là, à cet endroit-là, c’était le maximum que je pouvais faire. Et j’ai pas envie de me juger parce que mon maximum n’est peut-être pas aussi haut que celui des autres.

Faut trouver notre propre rythme et le respecter.

emilielalo

Par Émilie Lalo

gabriellebernierrond

14 thoughts on “Émotions scolaires

  1. Bon jugement va s’y a ton rithme fait ce qu’il faut pour te relaxer met des chose de côté met toi en mode relaxe tasse les chose qui te stres ralenti. Et surtout arrange toi pour dormir profondément conditionné ton sommeil fait le vide demain c’est demain fait toi donner une médication pour dormir il y en a des produits naturel quand tu va te réveiller reposer tout sera claire net et précis dans ta tête prend un soir pour toi sans personne décroche complètement fait de quoi de relax pis passe une bonne nuit planifie ça conditionne toi tasse les amis musique relax je t’envoie des onde positif

  2. Cet article représente parfaitement ce que je ressens en ce moment hahaha! C’est sûr que trouver l’équilibre semble la solution parfaite, mais c’est pas si facile que ça le trouver. Même que ça peut culpabiliser de ne pas le trouver! 😛 Bref, j’ai trouvé ton article très authentique et qui réflète une réalité de notre société. Merci

  3. Merci beaucoup!
    Ton texte arrive au bon moment. Même avec plus de temps, pour ma part l’anxiété d’être à la hauteur de nos attentes où celle des professeurs te conduise au même point. Ton texte résume très bien la réalité d’un étudiant vivant de l’anxiété. Bravo et surtout merci. 🙂

  4. En septembre, trois semaines après le début des cours, j’ai craqué. Je n’ai pas décidé de ne pas aller à mon cours, j’ai plutôt fait une crise de panique pendant une présentation orale. Ça a été le signal nécessaire pour que je m’écoute enfin, que je comprenne que le rythme qui m’était imposé n’était pas le mien. J’ai trouvé le moyen de ralentir le rythme en prenant plus de temps pour compléter mon diplôme et ça a révolutionné mon quotidien. J’ai le temps de plonger dans les sujets plus épineux, de faire quelques lectures complémentaires, et de me relever la tête plus souvent pour sourire, parce que j’ai trouvé mon équilibre.
    Ce que j’ai compris, c’est que chacun va à son rythme pour apprendre (et vivre) et qu’on a le choix de prendre celui qui nous convient. Ça vient avec des conséquences peut-être, mais versus les conséquences qui attaquent mon intégrité physique, je choisis de vivre un quotidien beaucoup plus agréable et enrichissant! Suffit d’activer son courage pour y arriver…
    Ton article est très bon, justement parce qu’il y a tellement de monde dans nos situations. Ça rassure!
    Bon courage et bon succès!

  5. Je t’aime. Je t’aime tout court. Cet article décrit très bien…même TROP bien ce que je ressens. Merci de montrer à tes lecteurs qu’ils ne sont pas seuls ! C’est très apprécié.

  6. Excellent! Cesser de se juger, s’accepter, s’aimer comme on est: en concret! Merci de le rappeler! Je ne vais plus à l’école, mais j’ai une petite famille, une job avec gestion de projetS, engager dans 2 associations bénévoles et né avec la ferme volonté de faire une différence autour de moi. Pourtant je vis la même chose que toi stress de performance, le MANQUE DE TEMPS, l’angoisse et le goût de décroché carrément… Un conseil ne cherche pas le mirage de l’équilibre parfait. Recherche seulement à éviter les montagnes russes, « dire stop avant de virer sur le top ». Autant quand ca va bien que quand ca va mal: prendre des projets et boucler mur à mur ton agenda parce que tu as full d’énergie pis te ramasser en panne sèche parce que tu as trop donnés…tu vois le genre. Faire ça en établissant mes priorités dans la vie, c’est mon truc. Bonne chance!

  7. Ton texte est super et reflète très bien comment se sent un étudiant. Donc moi… et OUI, je me sens coupable de m’avoir égaré sur Facebook et d’être tombé sur ton texte parce que je viens de faire exactement ce que tu dis dans le texte… Autre chose qu’être en train d’étudier.

    ET, j’écris même ce commentaire…

  8. C’est bien vrai tout ça! Des fois par contre c’est facile de se raisonner mais beaucoup plus difficile de mettre en pratique… Tsais la petite voix fatiguante…!
    Je vous partage un truc dont ma psy m’a parlé hier justement par rapport à ça. La règle du suffisamment bon ;). C’est plutôt simple, suffit de se le rappeler quand la pression devient trop grande. Sur une échelle de performance disons, entre 0: nul, mauvais et le top qui est la perfection se trouve le niveau « suffisamment bon ». Selon le contexte, (la pression, le rush, les autres obligations, etc) on va s’entendre c’est impossible de donner 100% d’énergie dans tout, parce qu’on doit se préserver mentalement et physiquement (trust me…! Petit burn out a mon actif dû à l’université, et TU NE VEUX PAS ÇA 😉 ).

    Bref, le but n’est pas de viser la perfection mais le suffisamment bon en prenant compte du contexte: le nombre de temps que vous avez, vos autres priorités, votre niveau d’énergie au moment de le faire, le contexte émotionnel et aussi les conditions dans lesquelles vous devez produire. Guys… C’est normal de ne pas exceller dans tout, de rectifier la barre de vos propres attentes. On a nos limites parce qu’on est tous humains, ne l’oubliez pas!

    Remember le SUFFISAMMENT BON!! 😉

  9. Je relis ton texte souvent dans mes fins de sessions et lors de mes exams et sa me fait un grand bien ! Sa relâche tout la pression que l’on se mets et on accepte nos efforts tel qui le sont ! Merci pour ce texte !

  10. Salut,
    J’ai jamais lu quelque chose d’aussi applicable à ma situation actuelle. Je suis en Belgique présentement, loin de ma famille et de mes amis, livrée à moi-même, avec des travaux d’architecture de plus en plus difficile. Il y a quelques semaines, je gérais bien, mais aujourd’hui, j’ai craqué. J’ai pleuré à l’école. Une chance que j’avais ma coéquipière pour me redonner un peu d’espoir.
    J’aimerais te dire un beau gros merci. Ça m’a fait du bien de te lire, tu écris super bien, et j’étais contente de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ça. Tu ne peux pas savoir à quel point ton texte m’a aidé, et juste au moment où j’en avais besoin en plus.
    Bonne continuation,
    Émilie
    xxx

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