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Mélancolie annuelle

Ce n’est plus l’automne, mais ce n’est pas tout à fait l’hiver encore. Les feuilles sont tombées et les couleurs sont ternes. La chaleur a quitté mes doigts et mes orteils. Puis, le froid remonte dans mes veines et gèle des petits bouts de mon cœur, m’entraînant dans une mélancolie d’entre-saison qui revient année après année.

J’ai l’impression que mes émotions sont en accord avec la température morne. Les artistes qui reviennent le plus fréquemment dans mes écouteurs ont des voix souls qui bercent mon âme. C’est la période de l’année où j’écoute le plus d’Amy Winehouse.

J’ai le goût de faire comme le soleil : me lever tard et me coucher tôt. Et comme ce dernier décide d’aller réchauffer d’autres coins de la planète, je me réchauffe en buvant du thé et en me cachant sous plusieurs couches de couvertures. Si je suis capable de trouver un morceau de chocolat, c’est encore mieux.

Certains matins, le sol est couvert de gel et mon souffle est visible dans l’air. C’est le signal que je devrais commencer mon hibernation. Mais comme je n’ai pas la chance d’être un ours, je fais juste cogner des clous un peu n’importe quand et n’importe où : en classe, dans le bus, en écoutant un film…

C’est aussi la période entre-deux-fêtes, soit l’Halloween et Noël, sauf que c’est plutôt le lendemain de l’Halloween qui me fait réfléchir : la fête des morts. Je pense à tous mes proches qui ne seront pas là à Noël pour fêter avec nous parce que la mort les avait réclamés. Je m’ennuie d’eux, j’aurais le goût d’entendre ma grand-mère maternelle chialer contre mon grand-père parce qu’il faisait un mauvais coup, puis les entendre rire ensemble. Je voudrais que ma grand-mère paternelle me serre dans ses bras et m’avertisse comme il se doit : « Prends garde à toi ma petite, prends garde à toi. » Et comme je ne l’entends plus, ça m’arrive d’oublier. Les Noëls sans eux ne sont pas pareils.

Novembre est vraiment un mois bizarre à mes yeux. C’est un genre de mois où le temps ne fait que passer, il ne s’y attarde pas vraiment, il ne laisse pas trop de souvenirs à la fin de l’année. C’est la fin de session, l’entre-saison, y’a pas de fête spéciale. La vie fait juste couler en novembre.

Novembre, c’est ma mélancolie annuelle. Je ne suis pas vraiment triste, ni déprimée, je suis plutôt confortable dans ma neutralité émotionnelle. C’est comme si mon cœur prenait une petite pause, il doit se reposer. Je n’ai pas d’envie qui me tenaille, à l’exception de celle du sommeil. Tout ça passera en décembre, avec l’excitation du temps des fêtes. Mais en attendant que le mois se soit écoulé, j’aurais probablement juste besoin d’un gros câlin. Ou de plusieurs gros câlins.

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Crédit photo : Maia Flore

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Par Camille Bouchard

marieandreecaron

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